août
5. La lettre était fermée d'un cachet de cire rouge, gravé de signes arabes ou turcs, dont Rousseau faisait fréquemment usage. (Fritz Berthoud.)
(( J'étais bien éloigné, dit Rousseau, d'attendre de cette lettre Teffet qu'elle produisit : je la regardais comme une protestation nécessaire et qui aurait son usage en temps et lieu. Quelle fut ma surprise et ma joie de voir dès le lendemain, chez moi, M. de HontmoUin me déclarer que non seulement il approuvait que j'approchasse de la sainte table, mais qu'il m'en priait, et qu'il m'en priait de l'aveu unanime de tout le Consistoire, pour l'édification de la paroisse dont j'avais l'approbation et l'estime ^ )>
L'étonnement de Rousseau ne s'explique pas. Il devait s*attendrc à rémotion que sa lettre produirait. Un homme qu'on poursuit partout pour ses théories antichrétiennes, qu'on regarde comme un déserteur de sa religion et qui vient tout à coup dire qu'il y a méprise et demander à communier, ne doit pas s'étonner de produire un certain effet, a II communia le dimanche suivant avec une humilité et une dévotion qui édifia toute l'église, humilité profonde qui portait avec elle le caractère de la sincérité*. »
Voltaire ne put s'empêcher de rire de cette nouvelle contradiction.
« Nous envoyons au cher frère, écrit-il à Damilaville, la belle lettre de J.-J. Rousseau au cuistre de Hotiers-Travers. On peut juger de la conduite noble et conséquente de ce Jean-Jacques. Ne trouvez-vous pas que voilà une belle fin? Je mourrai avec le chagrin d'avoir vu la philosophie trahie