‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 131 sur 334 · août · texte numérisé non relu

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Vernel lui répondit forl poliment, avec beaucoup d'égards, mais sans aborder le sujet délicat de la communioii de Motiers; il lui promettait de le ménager autant que possible dans sa réponse et surtout de ne pas le confondre avec le contempteur de toutes les religions, mais il lui demandait une rétractation très nette des théories de VÉmile. Cette insistance exaspéra Jean-Jacques :

« M. Vernet m'a enfin répondu, écrit-il àMoultou, et je suis tombé des nues à la lecture de sa lettre. Il ne me demande qu'une rétractation authentique, aussi publique,

prétend-il, que l'a été la doctrine qu'il veut que je rétracte. Nous sommes loin décompte assurément. Mon Dieu! que les ministres se conduisent étourdiment dans cette affaire I Ils avaient si beau jeu pour pousser toujours les prêtres en avant et se tirer de côté! mais ils veulent absolument faire cause commune avec eux. Qu'ils fassent donc, ils me mettront fort à mon aise : Tros Rutiilusve fuat; j'aurai moins à discerner où portent mes coups: et je vous réponds que tout rogues qu'ils sont, je suis fort trompé s'ils ne les sentent. Quand on veut s'ériger en juges du christianisme, il faut le connaître mieux que ne font ces messieurs; et je suis élonné qu'on ne se soit pas encore avisé de leur apprendre que leur tribunal n'est pas si suprême qu'un chrétien n'en puisse appeler*. »

Quelques jours plus tard il écrit encore :

(( Ces messieurs, que je croyais raisonnables, sont cafards comme les autres, et, comme eux, soutiennent par la force

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