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'2. '27* ipars 1762. Streckeisen-Moulfoii.
Îi68 VOLTAIRE ET J.-J. ROUSSEAU
La Lettre fit la meilleure impression à Genève*. Elle vint donner un nouvel appui à ceux qui désiraient le retour du philosophe ; ils soutinrent qu'après des professions de foi aussi éclatantes, on ne pouvait plus dire qu'il n'clait pas chrélien, et qu'on devait oublier ce qu'il avait pu écrire dans ses œuvres précédentes. « De Luc est transporté, écrit Moullou, il m'a dit qu'il différait moins de vous que vous ne pensiez. Pour moi, je vous l'ai dit, il y a long[ein\}S, je pense comme vous^. » Et dans son zèle il demande la permission de communiquer la Lettre au pasleur Vernet.
« Vernet est un fourbe, répond Jean-Jacques. Je n'approuve point qu*on lui fasse lire l'ouvrage, encore moins qu'on le lui prêle. Il ne veut le voir que pour le faire décrier par les petits vipereaux qu'il élève à la brochette et par lesquels il répand contre moi son fade poison dans les Mercures de Nenfchâtel'. ))
Rousseau avait espéré que la Lettre à Christophe produ irait un grand mouvement en sa faveur, que sa condamnation serait rapportée, qu'on le prierait de revenir dans sa patrie. Mais au lieu de la rentrée triomphale sur laquelle il comptait, tout se borna à des appréciations plus ou moins bienveillantes. Sa déception
1. La Lettre à Beaumont eût un tel succès que des libraires de Genève voulurent la faire imprimer, mais M. de Montpéroux, craignant qu'on ne répandit les exemplaires en France, pria le Conseil d'interdire l'impression, et l'on se conforma à ses désirs. (Affaires étranfrères, 29 avril 1765, Montpéroux à Choiseul.)