A Gauffe:ourt, 7 juillet i7Gr
loin de se décourager, cherchèrent à recruter des partisans. Le 8 août, une seconde représentation était portée au Conseil. Comme la première fois, la réponse fut négative.
Le 20 du même mois, les bourgeois, au nombre de six cents, présentèrent une déclaration dans laquelle, après s'être plaints des réponses non motivées du Conseil, ils protestaient qu'ils regardaient leurs représentations des 18 juin et 8 août comme subsistantes dans toute leur force, jusqu'à ce que le Conseil général^ seul juge compétent de la cause en litige, en eût décidé.
Vollaire, qui de son donjon deFerney ne perdait de vue rien de ce qui se passait à Genève, écrivait le lendemain à Damilaville^ :
a 11 est bon que mes frères sachent qu'hier six cents personnes vinrent, pour la troisième fois, protester en faveur de Jean-Jacques contre le Conseil de Genève qui a osé condamner le Vicaire savoyard. Ils disent qu*il est permis à tout citoyen d'écrire ce qu'il veut sur la religion: qu'on ne peut le condamner sans l'entendre ; qu'il faut respecter les droits des hommes : et l'on prétend que cela pourrait bien finir par une prise d'armes. Je ne serais pas fâché de voir une guerre civile pour le Vicaire savoyard; je ne crois pas qu'il y en ait à Paris pour Saûl et David*, »
Mais la question, on le voit, s'élargissait et se dépla- . çait ; les bourgeois ne se contentaient plus de se plaindre de l'illégalité du jugement porté contre Rousseau, ils