août
2. Drame de Voltaire, désavoué par l'auteur. L*histoire des juifs y était tournée en ridicule (1705;.
284 >fOLTAIRE ET J.-J. ROUSSEAU
attaquaient les privilèges du Conseil et réclamaient impérieusement la convocation d'un Conseil général^ qui, suivant eux, était seul juge de leurs réclamations*.
Le Conseil avait eu le tort, jusqu'à présent, de ne jamais motiver les réponses aux reprcsenlations. En présence de la déclaration du 20 août, il crut qu'il était temps d'agir et de se prévaloir du droit d'opposition qu'il tenait des articles 5 et 6 du règlement de la médiation de 1738. L'acte de médiation donnait en effet au gouvernement le droit négatif (c'est-à-dire de refus), en disant que rien ne pourrait êlre porté au Conseil des deux-cents qui n'ait été traité et approuvé en Petit Conseil. Les représentations de la bourgeoisie ayant été examinées, du moment que le Conseil n'approuvait pas qu'elles fussent portées aux deux-cents, elles tombaient d'elles-mêmes. Le 5 septembre, la réponse aux représentations parut. Elle déclarait que c'était au Conseil de juger si une loi était douteuse et devait ôlre portée au Conseil général, et elle s'attachait à démontrer que le droit négatif était la sauvegarde de la constitution.
Devant cette prétention au droit de tout refuser, la
1. Le Conseil générait ou Conseil souverain^ était la réunion de tous les citoyens et bourgeois ; on l'assemblait une fois l'an pour nonuncr les magistrats. Autrefois il a?ait réellement mérité son titre de souverain, mais depuis bien longtemps le Conseil des 25 et celui des 200 avaient absorbé le pouvoir, et les attributions du Conseil général se bornaient à peu près à choisir des magistrats et les membres des Conseils fur les listes qui lui étaient présentées par les Conseils eux-mêmes. Sa souveraineté était devenue purement illusoire.
2. d Puisque, disaient-ils, les articles sur lesquels ils se fondaient étaient susceptibles d'un sens différent, ils n'appartenait qu'à la puissance législative, c'est-à-dire au Conseil général, de prononcer. »
bourgeoisie se vit à la merci du gouvernement. Elle ne voulut voir que les conséquences extrêmes qui résultent du droit négatif et non son utilité pratique et légale*. Les citoyens, partisans de Rousseau, qui avaient porté les représentations, prirent le nom de représentants. On appella négatifs ceux qui restèrent attachés aux Conseils, et ce nom fut considéré par les représentants comme « une épithète odieuse, équivalente à celle de satellite du Conseil et de fauteur de la tyrannie. »
A partir de cette époque, la discorde régna à Genève, et si le calme matériel ne fut pas troublé, les esprits restèrent vivement surexcités.
La fin de Tannée 1765 se termina cependant sans encombre, représentants et négatifs s'observant et restant chacun sur leur terrain.
1 . Les objets particuliers des précédentes représentations furent oubliés ; elles painirent futiles en présence de ce nouveau grief ; on ne s'occupa plus que de la controverse sur le droit n/galif. c C'en est fait, disait-on, de a la liberté, si le Conseil a le di*oit de rejeter toutes espèces de repréa sentation »... la bourgeoisie ne vit plus que des fers... elle se créa un fantôme de despotisme que les pouvoirs bornés de l'administration, l'amovibilité des principales magistratures, le manque de subsides et de forces physiques dans les mains du gouvernement rendaient impossible. » (Conmaud, Mémoires inédits).