‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 160 sur 334 · juillet · texte numérisé non relu

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L'apologie de Voltaire par Mme du Deffand n'eut pas tout le succès espéré.

(( J'ai fait lire à Mme de Luxembourg ce que vous m*avez écrit pour elle, répondait l'aveugle, cela a été reçu cosï, cosï; vous êtes, dit-elle, le plus grand ennemi de Jean-Jacques, et elle se pique d'un grand amour pour lui*. »

Malgré leurs bruyants démêlés, malgré ses légitimes griefs. Voltaire gardait toujours au fond du cœur une singulière tendresse pour ce « fou de Jean-Jacques ». S'il n'eût tenu qu'à lui, la brouille n'aurait pas duré, une franche et solide amitié eût bientôt réuni les deux philosophes et effacé toutes les traces des dissentiments passés.

Ce n'est pas une lois, c'est à deux, à trois reprises différentes que le patriarche, sans souci de son amourpropre, du qu'en-dira-t-on, vint tendre la main à son ennemi et lui offrir la paix. Mais chaque fois ses avances furent repoussées avec mépris. Ainsi, en 1763, Voltaire tenta une réconciliation et c'est Moultou qui fut chargé de la négociation. Moultou était donc venu à Ferney? Moultou lui-même, et voici à quelle occasion.

Le pasteur avait une tête exaltée mais le cœur chaud et bienfaisant. Lorsque l'affaire des Calas vint scandaliser le monde, il prit avec zèle le parti de ces infortunés : quand il vit Voltaire se dévouer pour eux, et se mettre hautement à la tête du parti qui les soutenait, il com-

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