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point tenus; comme ils cherchent à me rendre odieux en jetant des doutes sur ma religion que j*aime pourtant plus que ma vie, vous seriez saisi d'horreur sans en être surpris*. »
Et quand le malheureux Moultou, abreuvé de chogrins, écrit encore : « ce pays m'est devenu tout à fait insupportable, les seules gens avec qui je pourrais vivre m'estiment et m'abhorrent, il faut donc en changer, » Jean- Jacques, au lieu de prendre part à ses tristesses et de soutenir dans ses épreuves l'homme qui s'est dévoué et sacrifié pour lui, ne trouve à lui répondre que ces paroles brutales : « Vous songez à changer de pays, c'est fort bien fait à mon avis, mais il eût été mieux encore de commencer par changer de robe, puisque celle que vous portez ne peut plus que vous déshonorer*. »
C'en était trop. Abandonné de sa compagnie, de ses amis, maltraité par celui à qui il avait tout donné, Moultou se replia sur sa douleur, et cessa toute correspondance avec Jean-Jacques.
A ce propos, Tronchin écrivait à Verncs :
« L'eussiez-vous cru? Moultou et Rousseau sont brouillés.... Houltou lui a tout sacrifié et le barbare s*en rit. Moultou, comme vous le pensez bien, est outré, mais c'est encore un secret que je vous confie. N*en plaisantons pas, chacun a son tour dans ce mondes »
i. 13 avril 1703.
iS. Dans la Correspondance générale cette lettre est datée de Motiers, 15 octobre 1764; c*est une erreur, elle est d'octobre 1763. Moultou se réconcilia avec le philosophe un au plus tard.