‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 197 sur 334 · A Gauffecourt, 12 janvier · texte numérisé non relu

A Gauffecourt, 12 janvier

C'est le 7 février qu'eut lieu cette imposante démarche.

« Il n*y a pas dans nos annales, écrit Houltou à Jean- Jacques, une journée aussi mémorable que celle [de jeudi, c*est un chef-d'œuvre de pohlique et une chose sublime. Que votre nom va grand à la postérité !....

« 0 mon ami^ avec quel attendrissement j*allai appuyer des représentations qui n'étaient qu*un hommage que mille citoyens rendaient à votre patriotisme. Vous avez eu la couronne des martyrs, la couronne civique vous était due et chaque cœur vous la donnait; joignez-y à présent celle des triomphateurs; onze cents citoyens l'ont posée jeudi sur votre tête*. »

Mais le Conseil* séduit par cette réunion apparente de tous les citoyens, crut que tout ferment de discorde avait disparu et il n'hésita plus, par une déclaration en date du 12 février, à (létrir les Lettres de la montagne, « ce livre enfanté par le délire de la haine' ». 11 le déclara indigne d'être brûlé par la main du bourreau, assurant qu'on ne pouvait y répondre sans se déshonorer.

a Bon Dieu I où en sommes-nous? écrit Moultou consterné, mon sang bout dans mes veines, mon cœur se soulève, et je n'ai pas d'expression pour peindre ma douleur et mon désespoir. Voilà donc cette paix sur laquelle nous avions compté! Mais que faire! si nous répondions, les choses seraient poussées à l'extrême; dire peu serait ne rien dire,

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