‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 196 sur 334 · Affaires étrangères, 7 janvier · texte numérisé non relu

Affaires étrangères, 7 janvier

syndics furent élus, mais à une très faible majorité. En présence de celte opposition menaçante, et fatigué des reproches dont il était Tobjet, le petit Conseil déclara qu'il allait se retirer.

La bourgeoisie fut effrayée des conséquences de celte démission ; on assurait que le grand Conseil suivrait le petit Conseil dans la retraite; les rues étaient pleines de citoyens consternés ; tout le monde voyait le danger, tout le monde voyait une nouvelle médiation prête, à fondre sur la ville, personne ne savait comment s'en préserver : « Jamais dans une profonde paix la République ne fut plus près de sa ruine. »

Les bourgeois les plus pacifiques et les plus sensés s'efforcèrent de conjurer le danger, ils eurent des entrevues avec les magistrats et Ton arriva à un apaisement.

Prévenu de ce qui se passait, Rousseau se hâta de prendre les devants : « Plût à dieu, s'ecrie-t-il, que j'eusse la joie de voir finir des divisions dont je suis la cause innocente*! » et il conseilla aussitôt à ses conciloyens de faire près du gouvernement une démarche de conciliation.

Les citoyens se rendirent donc, au nombre d'un millier, à la maison de ville; ils y renouvelèrent leurs représentations, mais donnèrent en môme temps aux magistrats des assurances formelles de leur respect, de leur dévouement et de leur confiance.

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