Voir la Vie intime de Voltaire
naissance de mes concitoyens, et j'espère qu'elle ne fera qu'augmenter encore lorsqu'ils auront profité des instructions que vous pourrez leur donner. Embellissez Tasile que vous avez choisi; éclairez un peuple digne de vos leçons, et vous qui savez si bien peindre les vertus et la libeiié, apprenez-nous à les chérir dans nos murs comme dans vos écrits.... ))
Prenant au sérieux les gémissements de Voltaire sur les falsifications dont ce pauvre homme de lettres était victime, il terminait ainsi sa lettre :
(( Ne soyez pas surpris de sentir quelques épines inséparables des fleurs qui couronnent les grands talents. Les injures de vos ennemis sont les acclamations satiriques qui suivent le cortège des triomphateurs : c'est l'empressement du public pour tous vos écrits qui produit les vols dont vous vous plaignez : mais les falsifications n'y sont pas faciles, car ni le fer ni le plomb ne s'allient avec l'or *. »
Peu de jours après. Voltaire demanda à Jean- Jacques la permission de rendre publique la lettre édifiante qu'il lui avait adressée le 50 août 1755; l'irritation contre l'auteur de la Pucclle ne faisait qu'augmenter; il devait donc par tous les moyens se poser en victime et bien démontrer son innocence. Rousseau . donna d'autant plus facilement l'autorisation demandée qu'il avait lui-même communique la lettre à un grand nombre de personnes et en avait laissé prendre des copies.