‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 233 sur 334 · Wootton, 10 mai · texte numérisé non relu

Wootton, 10 mai

VOLTAIUE ET J.-J. ROUSSEAU 4iy

liîurs projets. Le premier dimanche de septembre, M. de Montmoilin prùclic contre Rousseau. Dans la journée, le peuple surexcité en arrive aux voies de fait, on jette* des pierres dans les fenêtres de Thabitation qu'occupe le citoyen. Les jours suivants, les outrages et les insultes continuent, mais, dans la nuit du 6 au 7 septembre, il est attaqué chez lui sans ménagement.

C'est lui-môme qui raconte ces violences, et le rap* port du châtelain Martinet* semble corroborer son récit :

(( La nuit du 6 au 7 dudit septembre, il se commit de nouvelles violences contre la maison de M. Rousseau, nuit où il semblait être le plus en sûreté, puisqu'il y avait les gardes de foire des villages qui veillaient dans le village; on assaillit à coups de pierres les fenêtres de H. Rousseau; une de ces pierres, de la pesanteur d'environ trois à quatre livres, était proche de la fenêtre de H. Rousseau, et la galerie attenante à la maison en était remplie d'une manière à faire frémir, ainsi que je Tai déclaré en tête des enquêtes que je fis le lendemain et qui ont déjà été vues en Conseil ; éveillé comme je le fus par les cris que j'entendis à la rue, je courus sur-le-champ chez M. Rousseau, que je trouvai, de même que sa gouvernante, dans un état de frayeur inexprimable, et c'est aussi ce qui m'engagea, pour les mettre en sûreté, à mettre des gardes devant sa maison pendant le reste de la nuit» ».

Les uns ont cru à la réalité de cette attaque nocturne,

1. Martinet était conseiller d'État, capitaine et châtelain du Val de Travers.

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