AmiiordX..., 7 avril
2. Plusieurs libelles turent en cifct publiés à Ix>ndres pendant le séjour (le Rousseau en Angleterre : la Lettre d'un Anglais, la Lrltre trtni Quaker, etc., etc.
476 VOLTAIRE ET J.-J. ROUSSEAT
le connaît, que dis-jc? ils habitent dans la mt>nic maison. La trahison ne devient-elle pas évidente? Les lettres que Rousseau reçoit ont un aspect bizarre; l'enveloppe est quelquefois déchirée, on dirait qu'elles ont été décachetées et remises en élal par une main malhabile; quel peut être fauteur de cette misérable indiscrétion, si ce n'est Hume'?
Tout concorde, on le voit, pour prouver la fourberie du philosophe anglais et son indigne trahison. « Plusieurs autres faits me rendent tout suspect de sa part, jusqu'à son zèle, écrit Jean-Jacques. Je ne puis voir encore quelles sont ses intentions, mais je ne puis m'empêcher de les croire sinistres*. »
Une fois lancé dans cette voie déplorable, une fois reprispar son incurable manie, Rousseau ne s'arrête plus. Mais maintenant, la maladie a fait d'effrayants progrès: les tristes scènes de Moliers ont laissé dans cette ttMe déjà si malade d'ineffaçables traces, ce n'est plus une simple crise que traverse le malheureux Jean-Jacques, c'est la folie même qui s'empare de lui. L'accès, en effel, bien loin de se calmer, ne fait que s'accentuer : « Je regarde votre public, écrit-il à M. Rose, comme un tas d'enfants menés par un singe en masque et qui viennent me couvrir de boue : d'abord je m'en fâche cl bientùt j'en ris, surtout quand le singe est démasqué ^ »
i. Il est à remarquer que, pendant son séjour à Moticrs, Rousseau s'ôlait dôjà plaint do recevoir ses lettres décaclietées.