A d'Ivernois, r»l mars
r». Slreckeisen-Moullou. Pièces inédites sur J -J. Hou^^ficau. A M. Rose, iOa\Tilt700.
VOLTAIUB ET J.-J. UOUSSEAU 477
Il allait pouvoir rire tout à son aise, car le singe était sur le point d'être démasqué.
Dès les premiers jours d'avril, Mme de Boufllers et Myloi'd Maréchal sont avisés de la trahison de David. C'est eux qui ont conseillé à Jean-Jacques de se jeter dans les bras de ce fourbe, n'est-il pas naturel de les prévenir les premiers? « C'est à regret, Madame, écritil à la comtesse, que je vais affliger votre bon cœur, mais il faut absolument que vous connaissiez ce David Hume à qui vous m'avez livré, comptant me procurer un sort tranquille. »
Suit la longue énuméralion de tous les griefs relevés contre David, depuis l'arrivée en Angleterre. Rousseau, étourdi par la vie de Londres, n*a pas d'abord attaché crimportance à une foule de petits incidents, mais depuis qu'il vit dans la solitude à Wootton, il a « rassemblé de nouveaux faits, combiné et conclu, « en attendant qu'il meure. » « J'ai toutes mes facultés dans un bouleversement qui ne me permet pas de vous parler d'autre chose, dit-il en terminant. Madame, ne vous rebutez pas par mes misères, et daignez m'aimer encore quoique le plus malheureux des hommes ^ »
Mylord Maréchal, prévenu également de toutes les fourberies de David, cherche à apaiser Rousseau, à ramener un peu de bon sens dans cette tête si mal équilibrée et à lui démontrer l'inanité de ses soupçons. Il lui explique que le jeune Tronchin a étudié en Ecosse