‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 269 sur 334 · mai 17G · texte numérisé non relu

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de l'île Saint-Pierre, c'était lui qui avait excité les Conseils de Genève, et, par ses intrigues souterraines, soulevé les pasteurs de tous les pays. Ces fâcheuses imputations, ouvertement affirmées, firent le bonheur de tous ceux qui détestaient Voltaire, et ils les répandirent à i'envi. En Angleterre, il en fut de môme; Rousseau déclara à qui voulait l'entendre qu'il était la victime du philosophe de Ferney et que cet homme barbare le persécutait sans motif, sans raison, uniquement par jalousie.

Indigné de ces attaques persistantes, de ces calomnies qui ne tendaient à rien moins qu'à le déshonorer aux yeux de ses contemporains, profondément irrité de voir qu'il n'obtiendrait jamais la paix, qu'il serait sans cesse en butte aux provocations d'un esprit faux et maladif, Voltaire ne vit pas de raisons de cesser la lutte puisque son adversaire cherchait toujours à rouvrir la querelle : « Jean-Jacques est le plus méchant fou qui ait jamais existé, écrit-il; un singe qui mord ceux qui lui donnent à manger est plus raisonnable et plus humain que lui^ »

Conformément à ses habitudes, le patriarche n'avait pas signé la Lettre à Pansophc et il en renia la paternité avec une énergie qui eut le don de convaincre les plus incrédules. Il alla môme plus loin, il désigna l'abbé Coyer comme l'auteur avec une imperturbable assurance, et il eut môme l'impudence de lui écrire pour l'engager à l'endre gloire à la vérité.

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