‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 277 sur 334 · Mémoires de Marmontel · texte numérisé non relu

Mémoires de Marmontel

2. Essais de Hêniuires sur M. Suai^d. .Mme Suard, qui raconte cette anecdote, la place six semaines après le départ de Rousseau pour l'Angleterre. C'est une erreur manifeste ; d'Holbach n'a reçu la lettre de Hume

David ne s'était pas contenté d'écrire à d'Holbach, il avait prévenu d'Alembert en le priant de répandre Taventure et surtout d'en aviser Voltaire : « J'oubliais vraiment de vous parler d'une grande nouvelle, écrit aussitôt d'Aleinbert au patriarche, c'est la brouillerie de Jean-Jacques et de M. Hume. Je me doutais bien qu'ils ne seraient pas longtemps amis : le caractère féroce de Jean-Jacques ne le permettait pas; mais je ne m'attendais pas à la noirceur dont M. Hume l'accuse*. »

Le philosophe anglais envoya naturellement à Mme de Boufflers la copie du factum de Jean-Jacques. Elle lui répondit avec tristesse :

(( La lettre de Rousseau est atroce, c*est le dernier excès de Textravagance la plus complète, et c*est l'impossibilité d'effacer une pareille faute qui fera le tourment de sa vie. Ne croyez pas pourtant qu'il soit coupable d'artifice ni de mensonge; qu'il soit un imposteur ni un scélérat. Sa colère n est pas fondée, mais elle est réelle, je n'en doute pas*. »

Cette appréciation nous paraît d'une parfaite justesse, et personne, à notre sens, n'a mieux jugé Rousseau que Mme de Boufllers. Elle sut garder dans cette querelle, où deux hommes qu'elle aimait étaient en jeu, une grande impartialité, et elle leur donna à tous deux des conseils empreints d'un rare bon sens. Elle ne dissimula pas à

qu'en juillet, c'est-à-dire éix mois après l'aiTivée de Jean-Jacques en Angleterre.

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