‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 278 sur 334 · juillet · texte numérisé non relu

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VOLTAIHE ET J.-J. ROUSSExVU 497

Jean-Jacques Tindignation que lui causait sa couduilc, mais elle sut la lui montrer en termes aussi élevés que mesurés :

« M. Hume m*a envoyé, Monsieur, la lellro outrageante (jue vous lui avez écrite. Je n*en vis jamais de semblable. Tous vos amis sont dans la consternation et réduits au silence. Eh, que peut-on dire pour vous, Monsieur, après une lettre si peu digne de votre plume qu'il vous est impossible de vous en justifier, quelque offensé que vous puissiez vous croire! Mais quelles sont donc ces injures dont vous vous plaignez? Quel est le fondement de ces horribles reproches que vous vous permettez? Ajoutez-vous foi si facilement aux trahisons? Votre esprit par ses lumières, votre cœur par sa droiture, ne doivent-ils pas vous garantir des soupçons odieux que vous avez conçus? Vous vous y livrez contre toute raison, vous qui eussiez dû vous refuser à Tévidence même et dc'mentir jusqu'au témoignage même de vos sens. M. Hume, un lAche ! un traître ! grand Dieu ! Mais quelle apparence qu*il eut vécu cinquante ans passés, aimé, respecté au milieu de ses compatriotes, sans en être connu? Attendait-il votre arrivée pour lever le masque, pour ternir une vie glorieuse, plus qu*à moitié passée? Et pour quel intérêt?. ..

(( .... Ce serait donc seulement le plaisir de faire le mal et de se déshonorer gratuitement qui lui aurait inspiré les noirceurs dpnt vous Taccusez? Qui connut jamais de pareils scélérats, de pareils insensés? Mme la maréchale de Luxembourg et moi nous attendons impatiemment vos explications sur cette incompréhensible conduite. De grâce. Monsieur, ne les différez pas, que nous sachions au moins comment vous excuser, si on ne peut vous disculper entièrement....* »

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