‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 286 sur 334 · août · texte numérisé non relu

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Voltaire aurait pu se donner le plaisir d'exhorter à son tour son correspondant à la modération; il n'aurait eu qu'à lui renvoyer certains passages de ses propres lettres où les mauvais procédés de Jean-Jacques étaient traités de peccadilles sans importance et dont il ne fallait pas tenir compte; il aima mieux se priver de cette vengeance facile et il répondit :

f Oui, sans doute, mon digne philosophe, il faut publier la lettre de ce polisson; les sages qu*il a trompés pendant quelques années doivent s'assembler pour le dégrader. 11 était tonsuré en philosophie; il faut écorcher promptement sa tonsure des quatre mineurs. Envoyez-moi, je vous prie, sa leltre avec les commentaires que vous jugerez à propos d'y joindre, et si vous dédaignez de fournir des notes, envoyez le texte tout pur, c'est-à-dire dans toute sa turpitude', o

On pense bien que cette querelle ne causa pas de tristesse à Ferney. Le chAtelain ne pouvait qu'ôlro enchanté de voir Rousseau prouver au monde entier son insociabilité et son ingratitude. Les troubles de Genève, les querelles des Natifs^ des Représentants ^ des Négatifs sont clans toute leur intensité, mais le patriarche abandonne la fourmilière pour se moquer de « ce polisson, devenu un scélérat par excès d'orgueil ».

Pas une lettre ne sort de Ferney sans un sarcasme à son adresse : « Pourquoi ne Ta-t-on pas mis à Bedlam? ce petit bonhomme aurait été enchanté d'y être logé

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