juillet nOT
VOLTAÏRK ET J.-J. ROUSSEAU 507
pleine, est bientôt restée vide et il vous en rend responsable*. » C'esl sous le coup d'une profonde indignation qu'il écrit à Voltaire :
« Pour le coup, Jean-Jacques s'est bien fait voir ce qu'il est, un fou et un vilain fou, dangereux et méchant, ne croyant à la vertu de personne, parce qu'il n'en trouve pas le sentiment au fond de son cœur, malgré le beau pathos avec lequel il en fait sonner le nom; ingrat, et qui pis est, haïssant ses bienfaiteurs (c'est de quoi il est convenu plusieurs fois lui-même), et ne cherchant qu'un prétexte pour se brouiller avec eux afin d'être dispensé delà reconnaissance. Croiriezvous qu'il veut aussi me mêler dans sa querelle, moi qui ne lui ai jamais fait le moindre mal, et qui n'ai jamais senti pour lui que de la compassion dans ses malheurs et quelquelois de la pitié de son charlatanisme ? Il prétend que c'esl moi qui ai fait la lettre, sous le nom du roi de Prusse, où on se moque de lui. Jean-Jacques est une bête féroce qu'il ne faut voir qu'a travers des barreaux, et toucher qu'avec un bîUon...*. »
Quelques jours après, il lui mande encore : « M. Hume vient de ra'envoycr une longue lettre de ce drùle (car il ne mérite pas d'autre nom), qui excite tour à tour rindignation et la pitié en la lisant; c'est le commérage et le cailletage le plus plat joint à la plus vilaine ime'. » Il demandait en môme temps au patriarche s'il fallait faire imprimer et publier la lettre de Rousseau.
1. 4 août 1766. « Rdinburgh's Royal Sociely Mss. Humées life and cor^ vetpondence.
% 11 août 1706.