A Damilavillo, 15 octobre 170r
'L A YoUairo, 2 i janvier 1707.
n. Il parul sur ce sujet un grand nombre de brocliures. Voici les principales : Juxlificotion de J.-J, I{ous«eau dans la contestation qui lui est survenue avec M, Il unie, 1706. — Observations sur V Exposé succinct de la contestation qui s'est elcvt^e entre M. Hume el M. Rouêêeau. — iMtre à l'auteur de la justification de J,-J. liouiseaUf etc., efc.
VOLTAIRE ET J.-J. UOUSSEAU M7
le roi d'Angleterre était disposé à accorder et que le philosophe, dans un moment d'humeur, avait ime fois déjà repoussée. Ses efforts furent couronnés de succès et en mars 1767 le roi fit offrir au citoyen de Genève une pension de cent livres slerHng; elle fut acceptée avec reconnaissance'.
Voltaire, qui se plaignait avec tant de raison du tort que ces disputes publiques faisaient à la philosophie, n'eut ni la sagesse ni la patience de rester en repos. Bien qu'il ne fût pas directement intéressé dans la querelle, bien qu'il n'eût jamais eu de relations avec Hume, il n'hésita pas à intervenir, au risque d'envenimer un débat qui n'avait déjà que trop duré.
Prenant prétexte de (pjelques ridicules imputations qu'il eût mieux fait assurément de dédaigner, il se crut dans l'obligation de riposter et de faire voir sans réplique que Jean-Jacques était le « plus méchant coquin qui ait
1. On fut ussez choqué en France en apprenant cette liljéralitê du roi d'Angleterre. Mme du DcfTand écrivait à Walpole : a Le Ministre (Choisenl) me (lit hier [5 avril 1767) que rien n'était pUis étonnant qu'on eût donné une pension à Jean-Jacques, qu'on n'avait point d'arj^ent à jeter par les fenêtres; à la sollicitation de qui? en vertu de quoi? que cela n'avait pas de bon sens. Effectivement, je trouve ses léflexions très justes; nous ne donnerions \Kiu\l ici une pension à un banni de chez vous, mais on dit (|ue cette pension ne sera pas payée, non par mauvaise volonté, mais par impossibilité . je vous ctmseillc de ne pas vous en mettre en peine, vos réparations vont par delà de vos torts, o — Walpole lui répond : <( Le ministre ne doit pus s'étonner que nous ayons donné une pension & Jean- Jncqucs, il est Suisse, il n'est pas Frr.nçais. Personne n'a sollicité pour, lui; hii-niéme il l'a demandée. Il esterai que j'ai appuyé la demande. Mon cousin, M. Conway, l'a procurée, à ma prière et à celle de M. Hume. A vous parler sérieusement, il me semble que Rousseau ne compte pas fort sur la pension, car il n'a même pas envoyé son adresse à M. Conway. » Jean-Jacques cependant la loucha pendant plusieurs années.
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jamais déshonoré la littérature* ». Pour confondre Je calomniateur, qui c< mentait avec des distinctions de jésuite et avec Timpudence d*un janséniste* », il écrivit sous forme de lettre un détail succinct des bontés qu'il avait eues pour lui et de la singulière ingratitude dont il avait été payé. Il rappelait en même temps la conduite (lu Genevois envers llelvéti us, comment, après avoir accepté ses bienfaits, il Tavait accusé « d*un matérialisme grossier » et s'était engagé à écrire « contre l'ouvrage infernal de ÏEspriP. »
Cette lettre était adressée à David Hume S et Voltaire, contre son habitude, s'en reconnaissait l'auteur. Peu de temps après parurent, sous le couvert de l'anonyme, des Notes sur la lettre de M. de Voltaire à M. Hume.
Ces notes, destinées à éclaircir certaines imputations assez obscures de la lettre, renfermaient sur la vie de Rousseau des détails nouveaux et de nature à le déconsidérer. L'auteur anonyme affirmait en particulier que Jean-Jacques avait audacieusement altéré la vérité en prétendant avoir rempli autrefois les fonctions de secrétaire d'ambassade à Venise,
Voici quelle était l'origine de cette accusation. En