‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 296 sur 334 · A Damilaville, 2U décembre · texte numérisé non relu

A Damilaville, 2U décembre

VOLTAIRE ET J.-J. KOUSSEAU 527

même moqué, de ce polisson, si je n^étais justifié par ses scélératesses*. »

Dans son emportement, le patriarche écrivit à Frédéric pour lui demander ce qu'il pensait des nouvelles folies de Rousseau, et de la querelle avec Hume. Il s'attendait à quelque sarcasme de la part du roi. Il ne reçut que ces quelques lignes qui durent lui enlever toute envie d'interroger de nouveau le monarque : « Vous me demandez ce qu'il me semble de Rousseau de Genève? Je pense qu'il est malheureux et à plaindre. Je n'aime ni ses paradoxes, ni son ton cynique. Ceux de Neufchàtel en ont mal usé envers lui ; il faut respecter les infortunés; il n'y a que des unies perverses qui les accablent'. »

Ces querelles bruyantes inspirèrent à Tronchin des réflexions qui valent la peine d'élre rapportées. On se rappelle que le docteur, après avoir été intimement lié avec Rousseau, s'était vu repoussé comme tant d'autres. Aux effusions d'une véritable amitié avait succédé de la part du philosophe une haine implacable. Tronchin, de son coté, aristocrate et croyant, avait perdu toute amilié et même toute estime pour l'homme qui avait exposé ses enfants, pour l'auteur impie à'Êmile et du Contrat social. Il n'aimait pas davantage Voltaire, il ne l'avait jamais aimé, même au temps de leur plus grande intimité, mais en apparence tout au moins leurs

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