I. Corancoz
VOLTAIRE ET J.-J. UOISSKAU 560
Son corps fut déposé dans l'île des Peupliers, à Ermenonville, où M. de Girardin lui fit élever un tombeau*.
Après avoir suivi Voltaire et Rousseau dans les différentes phases de leur longue lutte, nous devons raconter comment la destinée s*esl complu à rapprocher après leur mort ces deux implacables ennemis.
Un décret de FAssemblée nationale* décida que les restes de Voltaire seraient ramenés à Paris. Le 10 juillet 1791, un cortège immense transportait triomphalement au Panthéon^ les cendres du patriarche de la philosophie.
Trois ans plus tard, la Convention décrétait que Jean- Jacques Rousseau et Marat seraient également transportés dans le temple que la patrie reconnaissante dédiait aux grands hommes. Le 20 vendémiaire an IIP, une foule enthousiaste accompagnait d*Ermenonville au Panthéon les restes du citoven de Genève*.
1. On peut remarquer une singulière coïncidence dans la conduite que tinrent les deux femmes qui pendant de si longues années avaient vécu prés des deux philosophes. Bien qu'il n'y ait pas de paraUèle à établir entre Mme Denis et Thérèse Levasseur, il est asseï curieux que l'une et l'autre, malgré un âge qui pouvait raisonnablement les mettre à l'abri des passions se soient empressées de se marier. Maman Denis« avec ses soixante ans bien comptés, épousa M. Duvivier, à la grande indi- Ifnation de l'Académie, et peu de temps après fut fort maltraitée par son jeune époux. Quant à Thérèse, c'est le valet de chambre de N. de Girardin qui hérita de ses cinquante et quelques années.