‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 318 sur 334 · octobre · texte numérisé non relu

octobre

5. Rousseau fut l'idole de la Révolu^on. Son Contrat social devint l'évangile des révolutionnaires; quand on déposait une motion à la tribune de TAssemblée, il était essentiel de prouver d'abord qu'elle n'était pas en contradiction avec les principes de Rousseau. Thérèse Levasseur reçut de l'État une pension de 1500 francs.

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l/influence des idées françaises se ût sentir jusque dans la patrie de Rousseau. Le 5 janvier 1791, ses concitoyens demandèrent que le décret rendu autrefois contre lui fût aboli et que pour effacer Toutrage qu'il avait reçu on lui élevât enfin cette statue qu'il avait vainement demandée pendant sa vie. Le gouvernement répondit aux citoyens que le décret prononcé en 1762 étant illégal, se trouvait par cela même frappé de nullité, et que mention en serait faite en marge de la délibération du Conseil qui avait condamné VÉmile^. Quant à la statue, il engagea les Genevois à en élever une dans leur cœur, les assurant qu'il n'y en avait pas de plus durable.

En 1793, cependant, les Genevois érigèrent au milieu du bastion bourgeois une colonne de quarante pieds de haut sur laquelle était placé un buste de Rousseau'. De 179ià 1798, on célébra chaque année la fête du Citoyen; en 1798, la République française s*étant emparée de Genève, la fête cessa d'avoir lieu.

Le Directoire avait décidé d'élever un monument à Jean- Jacques dans le jardin des Tuileries, mais le Consulat survint et le projet fut abandonné. Une réaction s'opérait contre l'enthousiasme qui avait saisi la Révolution en faveur de l'auteur du Contrat mcial. Dès 1802, Bonaparte était supplié de purger la demeure destinée aux grands hommes et de traîner « l'urne infâme de Rousseau hors du temple des Dieux'*. ))

Sous l'Empire, le Panthéon fut rendu au culte; on respecta cependant les tombeaux des deux philophes.

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