Neuvième promenade
JOO VOLTAIIIE KT J.-J. ROUSSEAU
pour mes semblables, cel amour ardent du graud, du vi*ai, du beau, du juste, cette horreur du mal en tout genre, cette impossibilité de haïr, de nuire, et même de le vouloir, cet attendrissement, cotte vive et douce émotion que je sens à Taspect de tout ce qui est vertueux, généreux, aimable : tout cela peut- il s'accorder dans la même âme avec la dépravation qui fait fouler aux pieds sans scrupule le plus doux des devoirs*? »
Ainsi Rousseau a toujours à la bouche les mots d'aus térilé et de vertu, il répète à satiété que personne ne fut meilleur que lui*. S'il fuit les hommes, c'est qu'ils sont tous pervers et corrompus. Lui seul est bon, juste, généreux; lui seul est intègre, vertueux, ami fidèle. Dans ce siècle dépravé, il est resté comme un spécimen des vertus d'un autre âge. 11 est le seul et unique dépositaire des mœurs, de la religion, de Famitié, il en a le monopole absolu, il est l'homme vertueux par excellence.
Vertueux! Thomme qui a mis ses cinq enfants à l'hôpital, qui a vécu toute sa vie en concubinage, qui séduisait les maîtresses de ses amis! Vertueux, l'homme qui pour venger des griefs personnels soulevait la guerre civile dans sa patrie, Thomme qui a fait de l'ingratitude la règle unique de sa vie et qui dans son délire orgueilleux s'est cru au-dessus de tous les devoirs afin de n'en remplir aucun! Vertueux, l'homme qui a trahi et diffamé tous ses amis!