‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 84 sur 334 · Confeêêion», ParUe U, livre XI · texte numérisé non relu

Confeêêion», ParUe U, livre XI

peint lui-inômc les phases successives par lesquelles il passe pour arriver jusqu'au paroxysme de ses accès. Ne dirait-on pas un dément qui, dans un intervalle lucide, fait avec sagacité la description de sa maladie!

On vient de voir cette ingéniosité à se créer des fantômes, cet turt de donner un corps aux plus vagues soupçons, d'interpréter et de transformer tout ce qu'il voit, tout ce qu'il entend, tout ce qu'il pense.

Peut-on neir que ce ne soit la folie?

Certes Rousseau a été de bonne foi dans ses égarements. Et si l'on en pouvait douter, il n*y aurait qu'à voir ses remords quand on lui prouvé son injustice visà-vis de Guérin et de Duchesne, son empressement à vouloir réparer le mal qu'il a causé.

Mais nous ne sommes qu'en 1 761 . La première atteinte grave de la maladie a eu lieu au moment de la brouille avec Mme d'Épinay, Grimm et ^Diderot; nous venons d'assister à la seconde et nous avons pu remarquer que les crises augmentaient d'intensité, bien qu'encore entrecoupées de lueurs de raison.

La vie du philosophe, qui jusqu'à présent a été relativement heureuse et paisible, va devenir orageuse; il va falloir quitter la France, errer à la recherche d'un asile, soutenir une lutte pénible et de tous les instants.

Rousseau était l'homme le moins fait pour supporter l'adversité. Sous l'influence de ses inrortunes, son humeur noire augmente, les accès deviennent plus fréquents, plus violents, la maladie s'empare de lui tout entier.

Tous les amis de Jean-Jacques ont été successivement traités comme Guérin et Duchesne, mais ces libraires ont eu rtieureuse fortuné de voir leur accusateur luimême faire amende honorable et rendre justice à la loyauté de leur conduite.

Voltaire, Tronchin, Vernes, Ilume, d'Alembert et tant d'autres vont être victimes des mômes soupçons, des mêmes hallucinations, mais Theure de la justice et de la réparation ne sonnera jamais pour eux.

Page 1