‹ Querelles de philosophes: Voltaire et J.-J. RousseauChapitre 94 sur 334 · Inédite. Catalogue d'autographes · texte numérisé non relu

Inédite. Catalogue d'autographes

fort eflrayés d'une condamnation qu'ils n'avaient pas prévue, comprirent trop tard leur imprudence. Us se virent outrageusement compromis, et, dans leur intérêt comme dans celui de leur protégé qui se trouvait exposé à une longue détention, ils firent tous leurs eflbrts pour couper court au scandale et aux conséquences qui en pouvaient résulter.

Le philosophe, s'il faut l'en croire, ne renonça à se défendre et ne se décida à quitter la France que par égard pour ses amis :

« Je vous jure, cher Moultou, devant ce Dieu qui lit dans mon cœur, que je n*ai rien fait en tout ceci contre les lois, que non seulement j'étais parfaitement en règle, mais que j'en avais les preuves les plus authentiques et qu'avant de partir, je me suis défait volontairement de ces preuves pour la tranquillité d'autrui^ »

Grimm dit, dans la Correspondance littéraire :

« On prétend que Rousseau a passé les derniers jours dans des convulsions de désespoir des suites de son ouvrage. 11 se croyait à l'abri de toute atteinte, étant lié avec tant de personnes de la plus haute distinction. Je le connais assez pour être sûr qu'il sera toute sa vie inconsolable de ne plus être dans un pays dont il se plaisait à exagérer les maux et les abus. On dit qu'il a pris la route de Suisse; il n'ira point à Genève, car une de ses inconséquences était d'élever sa patrie aux nues, en la détestant secrètement, et d'aimer passionnément Paris» en l'accablant d'imprécations. »

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