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ce fut le produit net. 11 est certain que beaucoup de commerçants, d'industriels et des agriculteurs, plus ou moins empiriquement et vaguement, avaient dû constater avant Quesnay qu'à la fin de l'année, il leur restait des bénéfices ou des revenus.
L'originalité de Quesnày consista eu deux points : l'un exact; l'autre faux.
Quesnay essaya d'analyser les facteurs du produit net et il montra que la culture exigeait des avances : des avances foncières faites par les propriétaires, bâtiments, chemins, clôtures, plantations, défrichements; avances primitives de l'exploitation, bestiaux, machines; avances usuelles, semences, labours, engrais, salaires. « Il faut, dit-il, que les avances des cultivateurs soient suffisantes pour faire renaître annuellement par les dépenses de la culture des terres le plus graud produit possible ; car si ces avances ne sont pas suffisantes, les dépenses de la culture sont iBtt» grandes à proportion et ftl^S. donnent moins de produit net. »
Cette idée qu'il faut faire d'abord engager du capital dans le sol devait paraître neuve à ceux mêmes qui le faisaient d'une manière plus ou moins empirique : car aujourd'hui encore, en France, presque nulle part le cultivateur n'a des capitaux proportionnés aux surfaces qu'il cultive : et c'est de là que vient son malaise. Presque nulle part, le propriétaire ni le cultivateur ne tiennent compte de l'amortissement de leurs
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dépenses ; et c'est là une nouvelle cause de leurs déceptions.
Quesuay appelait « reprises » du cultivateur ce qu'il devait prélever pour assurer son existence personnelle, celle de ses ouvriers, la reproduction des récoltes dans l'avenir, l'entretien de ses avances primitives.
Ce qui restait en plus, d'après Quesnay, c'était le produit net ; mais ce produit net, ce n'était pas le cultivateur qui le conservait : il le remettait au propriétaire, en échange de ses avances foncières; c'était le produit net qui constituait tout le produit de la nation ; c'était sur ce revenu net que les manufactures et le commerce vivaient, car seule la terre donne un produit net. C'est sur ce produit net du propriétaire que doit être prélevé l'impôt qui doit contribuer à l'augmenter par les travaux publics, les dépenses de sécurité intérieure et extérieure auxquels il doit pourvoir.