‹ Question d'Orient depuis ses origines jusqu'aÌ€ nos joursChapitre 78 sur 131 · I. — Le plateau de l’Iran · texte numérisé non relu

I. — Le plateau de l’Iran

En Asie aussi, dans les temps modernes et surtout au xix6 siècle, l’Islam recule devant le progrès des puissances chrétiennes. Les grands empires musulmans du moyen âge se sont émiettés, contractés, sous l’action des dissensions intestines et de l’expansion européenne, capables sans doute d’unir un temps sous une même domination de vastes territoires, mais non de les exploiter fructueusement, de les civiliser en un mot. Ce rôle est le monopole de l’Europe. Le moment est venu, par la retraite des conquérants d’autrefois, que leurs successeurs, les Anglais et les Russes surtout, se sont rapprochés au point de se toucher et de se nuire.

Aussi bien, les pays dont il s’agit sont d’une importance capitale. Entre l’Europe et l’Inde, la grande route est dominée par l’Iran. Entre l’Ararat, la montagne sacrée des Hébreux, et le Pamir, le « Toit du Monde », au-dessus des plaines basses de la mer d’Aral, de la Mésopotamie et de l’Indus, se dresse le plateau qui en commande les communications. L’Iran fut le lieu des premiers empires de l’antiquité qui groupèrent toute l’Asie antérieure de l’Indus à la mer Égée et qui tracèrent les grandes voies commerciales entre la Méditerranée et le pays du Gange. Du haut de ce plateau Alexandre le Grand parut le maître du monde. La Perse fut « le carrefour des races, des religions et des civilisations »* ; elle semble le devenir encore ; les ambitions rivales se pressent autour d’elle. Qui sait si les destinées du monde ne se joueront pas là de nouveau?

Les peuples de ce plateau sont actuellement bien incapables de reprendre leur grand rôle d’autrefois. Pénétrés par l’Islam, ils ont participé à sa gloire militaire, et aussi à

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