‹ Question d'Orient depuis ses origines jusqu'aÌ€ nos joursChapitre 88 sur 131 · L ISLAM EN AFRIQUE · texte numérisé non relu

L ISLAM EN AFRIQUE

La conquête arabe au vu6 et au vin0 siècle. — La décadence de la domination arabe. — Les Français dans l’Afrique occidentale. — Le percement de l’isthme de Suez.

L’expansion de l’Islam en Afrique au xixe siècle. — ..La simnlicité de la morale et du dogme de l’Islam. — L’Islam et ïe commerce des esclaves ; la puissance des négriers. — Les confréries musulmanes. — Les Senoûsiya. — Extension et mode de l’action des Senoûsiya.

Les successeurs de Méhémet-Ali en Égypte. — Les conquêtes égyptiennes. — Fondation de Khartoum (1823). — La découverte des sources du Nil. — Le khédive Ismaïl pacha (1863-1879). — La conquête du Soudan égyptien. — Guerres entre l’Égypte et l’Abyssinie. — La découverte des monuments de l’ancienne Égypte : Auguste Mariette et les Égyptologues français. — Le canal de Suez. — L’opposition de l’Angleterre. — La compagnie du canal.

— L’inauguration (17 novembre 1869).

Désastreuse politique financière d’Ismaïl pacha. — 11 vend à l’Angleterre ses actions du canal (1875).— Le contrôle financier anglofrançais (1878). — Le mécontentement en Égypte ; opposition du khédive aux contrôleurs européens. — Déposition d’Ismaïl ; avènement de son fils Tewfik (juin 1879).

Le parti national égyptien. — Le colonel Arabi. — Les insurrections du parti militaire (1881-1882). — Arabi pacha ministre de la guerre. — La conférence de Constantinople. — L’émeute d’Alexandrie (11 juin 1882). — Abstention du gouvernement français ; bombardement d’Alexandrie. — Violation de la neutralité du canal de Suez par les Anglais. — Bataille de Tell-el-Kébir ; prise du Caire. — Les Anglais maîtres de l’Égypte.

m. — LA GUERRE DU SOUDAN.

L’agitation musulmane au Soudan. — LeMahdi Mohammed-Ahmed

— La proclamation de la guerre sainte (1881). — Les victoires du Mahdi. — Gordon pacha. — Prise de Khartoum (janvier 1385). — L’évacuation du Soudan par les Anglo-Égyptiens.

iv. — l'éthiopie et les italiens. ■

L’Éthiopie. — Ses origines. — L’anarchie féodale en Éthiopie — Le négus Théodoros. — Sa guerre contre les Anglais. — Sa .défaite et sa mort (1868). — Le négus Johannès (1872-1889). — Ménélik II, roi du Choa (1865). — Puissance et prospérité de ce royaume.

Les établissements italiens sur les côtes de la mer Rouge. — Massouah. — Luttes des Italiens contre Johannès. — Leur alliance avec Ménélik. — Le traité d’Ucciali (mai 1889) : affirmation du protectorat italien sur l'Éthiopie. — Occupation de Kassala par le général Bâratieri (juillet 1894) ; défaites des Madhistes. — L’empire italien de l’Afrique orientale.

Réconciliation du négus Ménélik et du ras Mangascia. — Dénonciation par Ménélik du traité d’Ucciali (1893). — L’expédition du cosaque Atchinof. — La guerre entre les Italiens et Ménélik. — Les victoires du général Baratieri sur le ras Mangascia. — La conquête du Tigré (1895). — Les victoires de Ménélik : TAmba- Alaghi, Makallé, Adoua (décembre 1895-mars 1896). — Le traité de paix d’Addis-Abeba (octobre 1896).

Les Espagnols sur la côte barbaresque. — Le Maroc. — Les intérêts européens au Maroc.

La France sur la code barbaresque. — Premières relations de la France avec Alger. — Prise d’Alger (juillet 1830). — Fin de la domination turque en Algérie. — Français et Arabes : Bugeaud et Abd-el-Kader. — La colonisation française en Algérie.

La soumission des Berbères de la Kabylie (1857). — Faidherbe au Sénégal (1854-1865).

L’expansion française depuis 1880. — Établissement du protectorat français en Tunisie. — Savorgnan de Brazza au Congo.

Le grand effort de la colonisation française depuis 1892. — Binger dans la bouche du Niger. — Bonnier à Tombouctou. — Dodds au Dahomey. — Mizon, Crampel, Maistre, dans le bassin du lac Tchad. — Le Maroc. — L’accord anglo-français.

La suprématie française dans l’Afrique occidentale.

Les derniers progrès des Européens en Afrique. — La situation des Anglais en Égypte. — Échec de la convention de 1887. — L’expédition anglaise contre Khartoum (1896-1898). — Les Italiens à Massouah. — Le rôle de l’Éthiopie. — La France en Égypte, à Obock. — Les intérêts et le rôle de la France dans l’Afrique musulmane.

I — L’Islam en Afrique.

Lorsque la servante d’Abraham, Agar, eut été chassée de la maison de son maître, portant dans ses bras son fils

Ismaël, elle erra longtemps à travers le désert. Elle y souffrit mille maux et désespéra plusieurs fois de sauver son enfant. Un jour, privée d’eau, elle crut que les tourments de la soif allaient le lui enlever. « L’eau était tarie dans l’outre ; Agar déposa le petit Ismaël sous un arbre ; puis elle s’éloigna et alla s’asseoir en face de lui, à la distance de la portée d’une flèche ; car, disait-elle, je ne veux pas voir mourir mon fils. Assise en face de lui, elle éleva la voix et pleura. Déjà Dieu avait entendu les pleurs de l’enfant, et l’ange de Dieu dit à la mère, du haut du ciel : Qu’as-tu, Agar? Ne crains rien ; Dieu a entendu la voix de l’enfant de la place où tu l’as couché. Lève-toi ; aide-lui à se relever, et que ta main reprenne de la force en le touchant ; car de lui sortira un grand peuple » l.

En effet, l’islamisme, sorti de la postérité d’Ismaël, a grandi sur la terre, comme le christianisme sorti de la postérité d’Isaac : Dieu a béni la descendance de la servante presque à l’égal de celle de la femme libre 2. Mais aussi la postérité religieuse d’Isaac n’a pas cessé de poursuivre celle de l’esclave à travers le désert.

L’Islam se répandit au moyen âge dans l’Afrique septentrionale, comme dans l’Asie méridionale, tout le long et au nord du Tropique. Ses destinées ne furent pas aussi brillantes en Afrique qu’en Asie ; peut-être y seront-elles plus durables.

Les conquérants du vme siècle parcoururent en peu d’années, au galop de leurs chevaux, l’Égypte, la Tripolitaine, les pays Barbaresques. franchirent les colonnes d’Hercule, traversèrent l'Espagne, et par-dessus les Pyrénées envahirent la Gaule. Brusquement ils se heurtèrent à Poitiers contre les guerriers de Charles-Martel, et refluèrent au sud, suivis de près par la réaction chrétienne. Ce n’est pas que la seule bataille de Poitiers ait suffi à briser l’effort gigantesque de leurcourse ; mais, nomades, ils passèrent et ne fondèrent rien de stable. Us vainquirent les peuples, mais leur laissèrent leurs coutumes et leur administration locale, satisfaits de lever sur eux la lourde dîme de leur récolte et l’impôt de leur jeunesse pour le recrutement des armées du prophète. Et les peuples vaincus, conservant leurs cadres politiques, y exaltèrent leur haine du conquérant et y pré-

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