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LES DROITS SUR L ALCOOL

Double résultat, diminution de la consommation, augmentation des recettes.

Sont-ils bien sûrs que cette diminution de la consommation ait le caractère hygiénique qu'ils lui attribuent? Croient-ils que le buveur d'alcool convaincu renonce à l'alcool parce qu'il doit le paver plus cher? Non.

Il répartit autrement ses dépenses; il consacre une plus forte somme à l'alcool, et il diminue celle qu'il consacrait non seulement à son propre entretien, mais à celui de sa femme et de ses enfants. Une élévation de droits sur l'alcool pèse sur les consommateurs habituels et sur leur entourage.

Ces droits privent tout simplement d'un aliment et d'un plaisir les gens raisonnables qui, calculant leur budget, ne veulent pas s'imposer cette charge, voilà tout.

J'admire nos Assemblées qui se prétendent démocratiques et qui entendent faire de l'alcool une boisson de luxe. Elles veulent le réserver aux riches, qui ayant déjà une bonne alimentation n'en ont pas besoin, et en priver l'homme qui supporte un fort travail musculaire, et qui ayant une alimentation médiocre, en a besoin. L'homme aisé pourra continuer à déguster son cognac ou son armagnac. En général, sa consommation est limitée. L'impôt ne pèsera pas beaucoup sur ses dépenses annuelles. Mais au taux de 600 francs l'hectolitre d'alcool pur s'il y a 40 petits verres dans un litre à 50 degrés, le buveur du comptoir devra payer d'abord 0 fr. 187 au fisc, tandis que Je prix de revient réel de l'objet consommé serait de 0,02 centime.

Les antialcoolomanes ne manquent pas de reprocher aux buveurs de boissons distillées ou fermentées de trop dépenser. Logiquement, pour leur permettre de dépenser moins, ils devraient proposer la diminution ou la suppression des droits. Pas du tout, il les augmentent, et puis ils en tiennent compte pour reprocher aux buveurs leur prodigalité.

En 1913, les droits de consommation sur Talcool se sont élevés a 399.457.000 francs, soit 83 p. 100 du total de l'impôt sur les boissons dont le total a atteint 405.700.000 francs. Il faudrait commencer par déduire cette somme du budget de la boisson. On s'en garde bien.

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