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L'enseignement de l antialcoolisme, p. loi

au-devant d'elle et tomba dans ses bras en disant : « J'ai bu la goutte... la goutte... la goutte. » Et elle perdit connaissance. Elle a succombé, dans la nuit, à une congestion cérébrale.

(Petit Journal, 1896).

Que prouve ce faits-divers? Il y a aussi des enfants qui se brûlent avec des allumettes ou avec des lampes, faut-il supprimer les allumettes et les lampes?

Cependant cette campagne de faits divers est constante. Dans le milieu, du mois d'avril, un aviateur français, le lieutenant Navarre, s'amuse à lancer son automobile sur des gardiens de la paix. Il a été déclaré irresponsable.

Mais Joseph Reinach l'avait déclaré « criminel de l'alcool ».

De cet acte, il partait pour réclamer à grands cris la prohibition de l'alcool. Pourquoi pas aussi la suppression des automobiles, puisque l'une d'elles avait été employée à un usage criminel ?

On a aifiché dans les écoles d'abominables tableaux représentant des hommes en proie au delirium tremens, des ivrognes menaçant d'assommer leur femme à coups de bouteille !

La Ligue nationale contre l'alcoolisme qui les propage les fera sans doute reproduire par le cinématographe et y fera conduire les enfants des écoles.

En attendant, l'enseignement anti-alcoolique est entré dans les programmes. L'instituteur, qui a lu le livre de M. Bocquillon doit dire à ses é'èves :

— Elève X... que boivent vos parents?

— Du vin.

— Le vin est de trop. Signez l'engagement que

vous ne boirez plus de vin. et que vous direz a votre père de ne plus en boire !

Voilà des engagements que des instituteurs zélés ont imposés à leurs élèves.

La loi ne tient pas compte des vœux perpétuels. Et si l'entant, chez lui ou à un certain âge. s'affranchit de cet engagement téméraire quelle sera votre sanction ?

Ne voit-on pas que toutes ces propositions ne peuvent aboutir qu'à la fabrication d hypocrites, résultat auquel sont admirablement parvenues les sociétés de tempérance anglaises. On a félicité la compagnie du P.-L.-M. et la compagnie de l'Est de donner des encouragements àl'anti-alcoolisme. C'est en dehors des aptitudes professionnelles, une nouvelle sélection qu'elles offrent aux hypocrites. J'ai vu, dans un compte reridu, dos récompenses décernées aux agents pour l'intempérance de leur zèle de tempérance. Je n'ai pas la moindre confiance dans la moralité de ces intrigants qui se constituent contre leurs camarades les policiers de Tanti-alcoolisme.

Dans un de mes premiers voyages en Angleterre, il y a plusieurs dizaines d'années, je me mis en rapport avec une société de tempérance. On me fit visiter un hôtel bien tenu auquel était annexé un restaurant. Le haut administrateur de cette société, qui m'en faisait les honneurs, me dit quelle avait des hôtels de ce type dans diverses villes qu il m enuméra. — Les jeunes gens viennent, nous les hébergeons à très bas prix et nous les plaçons. Xotre recommandation est un titre de premier ordre.

Mais, après un moment de silence, il ajouta, en

poussant un soupir : — Malheureusement au bout de quelques années, ils nous abandonnent.

Il était facile de comprendre ce que cela signifiait. Ces jeunes gens prenaient la société de tempérance comme bureau de placement; tant qu'ils n'étaient -pas assis bien solidement dans leur situation, ils y restaient attachés. Une fois qu'ils avaient prouvé leur capacité professionnelle, ils y renonçaient.

M. le D' Ballet a présenté un rapport à l'Académie de médecine, le 9 février 4915, disant :

Le procès de l'alcoolisme n'est plus à faire. L'alcool est un des grands générateurs de la misère, l'un des principaux pourvoyeurs de la prison et de l'asile, l'un des plus importants facteurs de maladie qui soient, notamment de la tuberculose et des tares congénitales : le péril que l'abus des boissons alcooliques fait courir au pays et à la race n'est aujourd'hui sérieusement contesté par personne.

Conclusion :

11 faut, d'ailleurs, proclamer bien haut que des demimesures qui donneraient l'illusion d'une lutte efficace entreprise contre le mal, sans en assurer les résultats, seraient plus préjudiciables qu'utiles.

M. Schmidt, député des Vosges, et défenseur des bouilleurs de cru de sa circonscription, en alléguant que s'ils brûlent des cerises, ils vendent leur kirsch et ne le boivent pas, dénonçait comme « de mauvais français » et « des traîtres à la patrie » i, tous ceux qui... Mais et ses électeurs, bouilleurs de kirsch?

Le général Galliéni, gouverneur de Lyon, reçut la qualification de « premier officier anti-alcoolique de

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