Actualités, 2."> juin
Lyon ». Quand il devint ministre de la guerre, il ordonna au préfet de police à Paris un certain nombre de mesures enfantines qui ont été rapportées depuis. Je lis dans la Réforme économique du 23 mars 1917 :
M. Yves-Guyot avoue toutefois que l'abus de l'alcool a des conséquences déplorables ; or, comment, autorisant l'usage, pouvait-on empêcher l'abus? Voilà ce qu'il ne nous dit pas et pour cause.
Alors, d'après la Réforme économique, « le gouvernement investi de.toute sagesse » devraitinterdire l'usage de toute chose dont l'homme serait susceptible d'abuser? Mais quelle est la chose dont l'homme ne soit pas capable d'abuser? est-ce qu'il n'est pas capable d'abuser du vin, du cidre, de la bière, comme de l'alcool? donc il faut le lui interdire. Mais il abuse aussi du café et du thé : donc, nouvelle interdiction. Des gens, qui ont le moyen de se payer une alimentation carnée, en abusent, et ils ont la goutte et autres maladies. Donc « pour en empêcher l'abus il ne faut pas en autoriser l'usage » selon la doctrine de la Reforme économique. L'abus du tabac n'est point sans produire quelques effets fâcheux : donc l'État, au lieu d'en propager l'usage, doit l'interdire. L'usage des robes et des chapeaux est susceptible de quelques abus qui dérangent les budgets de certains ménages et qui entraînent certaines jeunes filles dans des voies qui ne sont pas conforme au régimemonogamedu Code civil : donc, il faut interdire les robes et les chapeaux ou au moins ne permettre que ceux du type de V Armée du Salut. Il y a des gens qui font un mauvais usage des couteaux qu'ils achètent : ils se coupent maladroite-
ment les doigts et quelquefois sous un prétexte ou sous un autre, les plantent dans le dos ou dans la poitrine d'autrui. D'après la Réforme économique, pour mettre fin à ces abus évidents, il faudrait supprimer la fabrication et le commerce des couteaux.
Un journal, plutôt réactionnaire que révolutionnaire, publiait cet appel :
L'union parfaite des partis permet de faire deux coups de la même pierre : vaincre l'ennemi du dehors, abattre l'ennemi du dedans. La Convention, elle, n'aurait pas hésité... La France pacifique buvait. La France guerrière boit toujours. Et les Français disparaissent.
L'auteur a fait suivre de points cet appel à la Convention de manière à faire entrevoir au bout de ces points la silhouette delà guillotine.