Voir supra, liv. II, cli. îv
Yyes-uiyot. — Alcool. 8
de départements, le relevé par tête de la consommation d'alcool en 1912 et 1913. et le relevé des excédents de naissances sur les décès par 10.000 habitants pour les années correspondantes.
Excédent des naissances sur les décès par 10.000 habit.
Seine-Inférieure 12,51 12,49 +26 + 31
Oise 8,24 8,10 » + 1
Pas-de-Calais 7,95 7,79 +99 +iM
Eure-et-Loir • . 7.18 7.27 -f 13 -f 16
Aisne 6.S4 6,77 -f- + 22
Ardennes 5,55 5,29 + 14 + *6
Finistère 5,45 5,33 +84 + ^
Gôtes-du-Nord 5,04 ."..07 -f 33 -f 38
Ille-et-Vilaine 4,94 5,00 -f 9 + ;>
Nord • • 4,91 4.76 +53 + 55
Morbihan - 3,72 3,32 +71 + 82
Excédent des décès
sur les naissances
par 10.000 habitants.
Calvados 9,87 11,29 -25 —19
Eure 8,88 9,43 — 21 — 20
Manche 0.92 7,30 — 4 — 2
Orne 6,60 7.14—50—41
Haute-Garonne 2.33 2,20 — 51 — 42
Gironde 2. is 2,14 —21 —M,
Yonne 1,96 1,84 - 44 — 39
Lot-et-Garonne 1 ,44 1,44 — 46 — 43
LoU. ...*...»-. 1,25 1.22 —59 —46
Gers 1,01 0,98 — 56 — 56
Le département de la Seine-Inférieure est celui qui représente la plus forte consommation d'alcool par tête. Il y a trois quarts de siècle au moins, on citait déjà Rouen comme une ville perdue par l'alcool.
Klle existe toujours, mais la tradition s'est continuée.
LA NATALITE 115
Cependant il faut se rappeler que la Seine-Inférieurccontient trois ports importants, LeHavre, Rouen et Dieppe, et des stations de bains de mer. Les habitants de ce département n'absorbent pas tout l'alcool qui est mis à leur compte : les marins, les baigneurs et les voyageurs en ont leur contingent.
L'excédent des naissances sur les décès n'est pas très élevé, mais cet excédent existe, tandis que dans le Lot-et-Garonne, le Lot, le Gers où la consommation de l'alcool est de 85 p. 100 inférieure, l'excédent des décès sur les naissances est, en 1013. plus du double de L'excédeni des naissances sur les décès dans la Seine-Inférieure.
Le département qui a eu en 1913 l'excédent de naissances le plus élevé est le Pas-de-Calais; et il vient le troisième au point de vue de la consommation de l'alcool par tète; le Finistère vient au septième rang au point de vue de la consommation de l'alcool et au second rang relativement a l'excédent des naissances; le Morbihan au onzième rang au point de vue de la consommation, et au troisième rang au point de vue de l'excédent des naissances; le Nord au dixième rang au point de vue de la consommation de l'alcool et au quatrième rang au point de vue de l'excédent proportionnel des naissances sur les décès*.
Nous voyons un gros déchet de population dans quatre départements de Normandie grands consommateurs d'alcool; mais ce déchet est encore bien plus élevé dans des départements dont la consommation d'alcool par tète est insignifiante d'après les chiffres de la Régie.
Mais j'entends les anti-alcoolomanes, qui veillent
subordonner les faits à leurs postulats déclarer que cet alcool officiellement consommé ne représente qu'une fraction de l'alcool bu : car il y a des bouilleurs de cru au moins dans les départements de l'Yonne et duGers.L'observationest exacte et montre la difficulté des statistiques humaines. Mais si la consommation de l'alcool est, dans ces deux départements, un obstacle à la natalité., il faut se rappeler que cet alcool est de l'alcool de vin, et alors l'argument dirigé contre l'alcool de cidre et contre l'alcool d'industrie tombe.
Je me borne à constater qu'en France, il n'y a pas de rapport entre l'excédent de la natalité sur les décès et la consommation de V alcool; que les départements comme le Pas-de-Calais et le Nord qui sont de forts consommateurs d'alcool d'industrie sont en tète des départements reproducteurs, tandis que dans les départements, comme V Yonne et le Gers qui sont spécialement des consommateurs d'alcool de vin, Vexcédent des décès sur les naissances est très élevé.
Dans son enquête sur les populations rurales, M. Charles Benoist avait commencé par affirmer que l'alcoolisme diminuait la natalité : mais dans ses dernières communications, sur la Normandie, il a renoncé à cette thèse. Il a parlé au contraire de « l'insouciance attendrie des soirs de paye »; mais il affirme que l'alcoolisme produit des enfants chargés de tares qui meurent jeunes1.
1. Académie des sciences morales et politiques du 1er août au 15 novembre 1010 et du 15 novembre 1010 au 15 janvier 1917. Journal des Economistes, décembre 1016 et mars 1017.