CHAPITRE II LA MORTALITÉ INFANTILE
— Les parents alcooliques engendrent des mort-nés ou des enfants chargés de tares qui meurent jeunes !
Voilà l'affirmation a priori qui est lancée par tous les anti-alcoolomanes : et elle parait vraisemblable. Voici les faits.
Pour toutes sortes de raisons, il est assez difficile de faire la statistique des mort-nés. Elle n'apparaît même pas dans certains recensements *■.
Ces réserves faites, M. Lucien March croit pouvoir indiquer pour la période 1906-1910 la proportion des enfants mort-nés par 10.000 habitants. Les nombres les plus élevés sont fournis par le Japon, 32 pour 10.000 habitants. l'Italie 15; ces deux pays sont dos pays sobres.
Puis viennent les Pays-Bas 12. la Belgique 11. l'Empire allemand, etc., 10, on n'en compte que 9 pour la France et la Suisse qui ne sont pas des pays abstinents et que 7 pour le Danemark, 6 pour la Norvège et la Suède qui ne sont pas des pays sobres. Mais dans ces derniers pays, on ne compte comme mort-nés que ceux morts avant ou pendant l'accouchement ; en
1. Statistique internationale du mouvement de la population. 1er vol. jusqu'à 1905, 2° vol. I9ui-i910, p.
France et en Belgique parmi les mort-nés figurent des enfants présentés sans vie, c'est-à-dire morts avant la déclaration de naissance, et leur nombre peut être évalué à 15 p. 100 du total des mort-nés enregistrés.
La mortalité infantile a diminué dans tous les pays dont on peut comparer les statistiques. Le rapport des décès 0 à 1 an au nombre des enfants vivants pendant la période 1881-85 et pendant la période 1906-1910 donne les chiffres suivants ï :
Baisse Décès
de la mor- p. 1.000
lalitù p. iuO. naissances.
Belgique 90 141
Angleterre 85 117
Prusse 81 168
Danemark 81 108
Autriche 80 202
Italie 78 152
France 75 126
Norwège 69 70
Suisse HT 115
Pays-Bas 63 114
La plus forte baisse se trouve en Belgique, et la Belgique est un des pays qui compte le plus de buveurs. Le chiffre de la France est de beaucoup inférieur à celui de l'Autriche, de la Prusse et de l'Italie.