‹ Question de l'alcoolChapitre 62 sur 121 · Les salaires des alcooliques comparés avec ceux · texte numérisé non relu

Les salaires des alcooliques comparés avec ceux

1. Ces différences peuvent même èlre dues à des différences raciales, savoir un mélange d'Irlandais, ou de Celtes de petite taille, parmi les buveurs eitrèmes.

Yves-Guyot. — Alcool. 9

des parents sobres indiquent une légère différence compatible avec le peu de sympathie des employeurs pour un employé alcoolique, mais absolument incompatible avec une infériorité mentale ou physique quelque peu marquée chez l'alcoolique.

4. La santé générale des enfants de parents alcooliques parait en général un peu meilleure que la santé des enfants de parents sobres. Il y a moins d'enfants délicats et, de façon très marquée, les cas de tuberculose etd'épilepsie sont moins fréquents chez les enfants d'alcooliques que chez les enfants de sobres. La source de cette relation peut être découverte de deux côtés différents : ceux de la communauté qui sont le plus forts au point de vue physique ont probablement la plus grande capacité et le goût le plus prononcé pour l'alcool. D'un autre côté, le taux plus élevé de mortalité parmi les entants d'alcooliques ne laisse sans doute survivre que les plus aptes. L'épilepsie et la tuberculose, qui dépendent l'une et l'autre de conditions constitutionnelles héritées, seraient plus communes chez les parents des enfants affectés, et il est probable que si elles se trouvaient combinées avec l'alcoolisme, elles sont incompatibles avec une durée appréciable de vie, ou avec une famille de quelque grandeur. Si ces vues sont correctes, nous ne pouvons que dire que l'alcoolisme des parents n'a pas d'effet marqué sur la santé des enfants.

5. L'alcoolisme des parents n'est pas une source de faiblesse mentale chez V enfant.

6. Le rapport, s'il en existe, entre l'alcoolisme des parents et l'intelligence filiale est si minime, que l'on ne peut même en déterminer le signe par les échantillons actuels.

7. Les enfants à vision normale et à réfraction normale paraissent être plutôt prépondérants chez les familles de parents alcooliques. Les parents qui ont des « accès de boisson » donnent des résultats intermédiaires, mai- ihr\ 9 pas de rapport important entre l'excellence de la vision et l'alcoolisme des parents. On a cherché à émettre une explication basée sur le fait que l'alcoolisme des parents chasse l'enfant dans la rue. On a constaté que cette explication était sensiblement correcte, les enfants de parents alcooliques passant beaucoup plus de leurs loisirs dans les rues que les enfants de gens sobres. Un examen, cependant, de la vision et de la réfraction d'enfants, ayant égard au temps qu'ils passaient au logis ou dans la rue. ne donna aucun résultat clair et défini. Les enfants qui passaient tout ou la plus grande partie de leurs loisirs dans les rues ayant le plus de myopie, et aussi le plus de vue normal. Il n'a pas été possible d'affirmer que la vie au dehors fût meilleure pour la vue, ou que la meilleure vue des enfants d'alcooliques fut due au temps plus considérable qu'ils passaient dehors.

8. La fréquence des maladies de l'œil et des paupières, que l'on pourrait volontiers attribuer à la négligence des parents n'a, d'après les recherches, que peu, ou point, de rapport avec l'alcoolisme des parents.

Page 31. — 4. En résumé, aucun rapport sensible n'a été découvert entre l'intelligence, ïétat physique ou la maladie des enfants et Valcoolisme des parents dans aucune des catégories examinées. En somme la balance tourne aussi souvent en faveur des parents alcooliques qu'en faveur des parents non-alcooliques. Inutile de dire que nous

n'attribuons pas ce résultat à l'alcool mais à certains caractères physiques et peut-être mentaux qui paraissent s'associer à la tendance à l'alcoolisme. D'autres catégories lorsqu'on les aura examinées donneront peut -être un autre résultat mais nous avouons que notre expérience quant à l'influence du milieu a été maintenant si considérable, que nous ne croyons guère que l'on puisse rencontrer des corrélations importantes.

Si, ainsi que nous Je pensons, le danger des descendances alcooliques se trouve principalement dans les facteurs directs et les croisements héréditaires dont il est le signe extérieur et somatique, le problème de ceux qui luttent contre l'alcoolisme est un des problèmes fondamentaux de la science du développement de l'espèce. Nous craignons qu'il ne se passe bien du temps avant que le réformateur anti-alcoolique n'en donne la solution.

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