CHAPITRE V LA TUBERCULOSE
A propos de la statistique des décès par tuberculose, M. Lucien March, directeur de la Statistique générale de la France, a lait les observations suivantes :
« La tuberculose est dans tous les pays, la maladie la plus meurtrière. Quel que soit l'intérêt que, présente cette cause de décès, on ne tentera cependant pas de rapprocher ou de comparer la proportion de décès attribués à cette maladie pour les divers pays... Il convient de ne considérer qu'avec une très grande circonspection les nombres de décès par tuberculose. Ilest certain que tous les décès par tuberculose ne sont pas attribués à cette maladie. On constate, en effet, que dans les pays ou la tuberculose est la moins meurtrière, les proportions annuelles pour un million d'habitants de décès par bronchite chronique ou autres maladies des organes respiratoires sont, au contraire, les plus considérables. Tel est le cas, par exemple, de l'Italie. »
Les statistiques internationales sur la tuberculose ne peuvent donner des renseignements relativement à ses rapports avec la consommation de l'alcool. Le chiffre des décès par tuberculose des poumons a un peu diminué dans l'Angleterre et le pays de Galles;
moyenne annuelle de la période 1901-1905 : 40.566 ; période 1906-1910 : 38.811. Ecosse, 6.618; 6.070, nous n'avons pas de comparaison pour l'Irlande.
Dans la plupart des autres pays les chiffres ont peu varié. Au Japon, ils indiquent une progression 68.177 pour 1901-1905; 78.629 pour 1906-1910, ce qui donne 1.463 et 1.587 décès pour 1.000.000 d'habitants, tandis qu'en Angleterre et dans le pays de Galles il est respectivement de 1.218 et de 1.107.
Il est très élevé en Norvège : 1.994 et 1.898; en Suisse, 1.980 et 1.890.
Il est un peu inférieur pour la France entière (1906- 1910) 1.831.
Duclaux disait :
Il n'est pas facile à un laïque de discuter avec un médecin, mais si pourtant on vient me dire : « La statistique nous apprend que les alcooliques sont très nombreux parmi ceux qui succombent à des morsures rabiques: comme ils ne sont pas alcooliques depuis qu'ils ont été mordus, l'alcoolisme dispose à la rage », mon droit reparaît.
« Je dois avouer que je n'attribue ce raisonnement à aucun médecin, mais tous n'en font-ils pas un pareil avec la tuberculose ? Qu'est-ce, sauf parler à l'imagination pour l'effaroucher, que de dire : « L'alcoolisme et la tuberculose s'accompagnent et. vont de pair » quand on voit que tous les cas d'alcoolisme du monde ne pourraient donner un bacille tuberculeux, et qu'il n'y a aucun rapport entre les maladies ».
Je recommande à l'attention de tous les considérations suivantes de M. G. Schelle.
Il y a quelques années, M. le Dr Jacques Bertillon a fait une comparaison de la géographie de la consom-