‹ Question de l'alcoolChapitre 7 sur 121 · Traité de la police, 3 vol. in-folio · texte numérisé non relu

Traité de la police, 3 vol. in-folio

bien cette conception. Les individus sont incapables de se diriger eux-mème et d'avoir, à l'égard de leurs concitoyens des intentions, autres que mauvaises. La volonté du Roi les préserve du mal.

Mais depuis ce bon vieux temps, la Déclaration des Droits de l'Homme a brisé cette tutelle et a proclamé tout individu maître de ses pensées, de ses décisions et de ses actes.

Les chefs de la Ligue nationale contre V Antialcoolisme parlent, comme s'ils avaient reçu, d'une puissance supérieure et mystérieuse, mission de soumettre leurs compatriotes à leur bon plaisir. Il leur plaît de les condamner au régime de l'eau, et, dans leur délire persécuteur, ils réclament sans vergogne des actes de confiscation, des lois de classes contre des catégories de citoyens. Ils ont pour idéal, de tous les gouvernements le pire : le gouvernement par la police !

Ces paternalistes, imprégnés de la doctrine de Le Play sur « les autorités sociales », veulent étendre à l'adulte le régime qu'Herbert Spencer a défini la loi de famille : — l'enfant reçoit une part du produit de l'activité de l'adulte, mais son activité est subordonnée à la volonté de l'adulte.

Quantité de gens se considèrent comme investis par leur propre volonté, au nom de leur propre sagesse qu'ils croient supérieure, du droit et de la fonction de traiter leurs concitoyens en enfants, qui doivent être châtiés s'ils ne sont pas obéissants. Mais que leur offrent-ils en échange de cette obéissance? Des législateurs, hier modestes candidats et demain humbles solliciteurs de leurs électeurs, oubliant les conditions qui leur permettent, pendant quelques

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