‹ Question de l'Orégon [microforme]Chapitre 3 sur 7 · OE · texte numérisé non relu

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à cause de la beauté des femmes de ces îles : Pedro Fernandez de Quiros accomplit, en 1605, un autre voyage du Mexique, et visita d’autres îles dans les mêmes parages, nommément les îles Ofaheite et Owyhee ; il crut également avoir découvert un continent méridional qu'il appela Australie del Espiritu Santo.

Depuis cette époque, les Espagnols paraissent être restés plus de cent cinquante ans sans s'occuper davantage de former des établissements sur le littoial occidental de la Californie, ou d'étendre leur connaissance sur ce continent.

En 1608, Henry Hudson, dans un voyage de recherches d’un passage au nord-ouest de l'Amérique, découvrit le détroit qui porte aujourd’hui son nom; et huit années plus tard, WVilliam Baffin reconnut également le même détroit.

Mais, sans contredit, une des plus importantes découvertes de cetie époque fut celle de la possibilité de naviguer autour de l'extrémité méridionale du nouveau monde faite par les célèbres navigateurs hollandais Lemaire et Van Schouten en 1616, qui passèrent d’un océan à un autre en contournant le cap Horn, ainsi nommé par eux en l'honneur de leur ville natale. Cette découverte rendit les voyages en Océanie beaucoup plus faciles.

À dater de cette découverte, les corsaires hollandais visitèrent fréquemment les côtes nord-ouest de l'Amérique, et s’établirent en croisière le long de la Californie, d'où ils interceptaient les bâtiments espagnols faisant le commerce aux Indes.

Le gouvernement espagnol, dans ces circon- 165

stances, dut s'occuper de la destruction de ces pirates, et à cet effet songea de nouveau à fonder des établissements sur la côte orientale du golfe de la Californie ; il envoya dans ce but, de 1631 à 1667, diverses expéditions sous les ordres de Vicuña et Ortega ; Barriga et Portes; Piñadero, etenfin Lucenilla et Arondo.

Ces expéditions furent sans résultat, quant à la colonisation de la Californie: il était réservé à l’esprit persévérant et intelligent des jésuites de surmonter les difficultés que présentaient le caractère hostile des indigènes et la stérilité du sol.

Dès 1645, Martin Geritzin de Vries et Hendrick Shaep, navigateurs hollandais, avaient exploré les côtes du Japon jusqu'au 48° degré'de latitude nord, et étaient entrés dans le grand golfe Ochotsk, entre la terre ferme à l’ouest et la rangée des îles de Kamtschatka et Kurile à l’est.

En 1675, un corsaire anglais, Thomas Peche, naviguant dans le but de trouver le fameux détroit d'Anian , visita la même côte et le mêrr: golfe, qui portait alors sur quelques cartes le nom de détroit de Vries ou d’Anian.

Les découvertes de Hudson et de Baffin,'au nordouest de l'Amérique , ayant fait renaître l'espoir de trouver un passage par le nord-ouest, il se forma en Angleterre une compagnie, sous la protection immédiate du prince Rupert, pour cet objet. Charles IT accorda, en 1669, à une association dite Compagnie des aventuriers commerçants d'Angliterre dans la baie d'Hudson, le droit exclusif de commerce et de

"QUESTION DE L'ORÉGUN. 81 i x propriété sur toutes les terres arrosées par la baie | . d'Hudson ou de ses tributatres.

s Cette concession royale, qui donna naissance à la } célèbre compagnie de la baie d'Hudson, fut faite en 1. À faveur des courtisans qu'animait le besoin de spécu- À a | lations ; elle donnait à la compagnie, en toute pro- 4 priété, les mers, baies, détroits, lacs et rivières et à a toutes les terres adjacentes à la baie d'Hudson. Ce | . monopole exorbitant assura la prospérité de la : + compagnie, et contribua considérablement à affer- \ re ir son autorité et sa puissance dans ces contrées. : La charte de cette compagnie l’obligeait de sui- | k vre la découverte tant désirée du passage au nord- À es ouest; on imposa aussi la même obligation aux bâti- ÿ d, ments employés à la pêche de la baleine. ; la Les jésuites ayant enfin obtenu de la couronne 4er | g= d'Espagne la permission de s'établir en Californie, | en y fondant des établissements au nom du roi d’Esa- pagne, commencèrent cette œuvre immense en 1697. bit Le père Salvatierra prit la direction de cette imporui tante mission ; il fut suivi par les pères Kuhu (Alle- de bit | mand), Piccolo Rgeste et d’autres associés aussi zélés (1 qu'instruits et dévoués à la cause de la civilisation d- des indigènes ; et l'établissement de Loreto fut fondé de sur la côte orientale de la péninsule; bientôt après,

a on fonda également La Paz, Santa-Cruz et San-José on près du cap San-Lucas ; enfin, en quelques années, | 1 ar- | près de seize missions furent créées; elles formaient D m- une espèce de chaîne de postes au moyen desquels

La les jésuites étaient parvenus à étendre leur autorité

de | et l'influence de la religion romaine sur la Califor-

nie. Mais ayant été chassés, en 1767, des Etats d’'Espagne, par le décret de Charles IIT, rendu à la sol- * licitation du célèbre comte d’Aranda, ils furent également expulsés de la Californie par don Gaspar de Portola, et le fruit de leurs longs et pénibles travaux fut ainsi perdu à la civilisation.

sn Dès 1711, les Russes étaient complétement maitres de tout le nord de l'Asie, où le commerce des fourrures leur rapportait de grands profits; ils avaient reconnu toute la côte nord de l’Asie à une distance considérable à l’est, et avaient formé des établissements sur la péninsule du Kamtschatka. Mais ils ne s'étaient pas encore assurés si le continent asiatique était réuni ou non au continent américain. En 1728, un Danois, Vitus Bering, navigateur d'une grande habileté, fut employé par l’impératrice Catherine dans un voyage de découvertes ; il mit à la voile sur un petit navire corstruit à l'embouchure de larivière du Kamtschatka, et fut accompagné par Alexei Tchirikof, un Russe, et Martin Spangbug, un Allemand ; il reconnut tout le littoral jusqu'au 67° degré 18, extrémité nord-est du continent asiatique, et retourna au port de Kamtschatka. L'année suivante. il tenta de découvrir les côtes du continent américain, mais ilen fut empêché par des vents contraires, et entra dans le golfe d'Ochotsk.

En 1752, Krupischef fit un voyage dans lequel il reconnut la position de la côte américaine.

En 1741, Bering prit le commandement d'une nouvelle expédition, composée de deux navires, /e Saint-Pierre èt le Saint-Paul, I fut accompagné par

Tehisikof, monté sur le Saint-Paul. Bering découvrit les terres du continent américain par le 60° degré de latitude, le jour de Saint-Elias, et donna au promontoire qu’elles forment le nom de ce saint: les navigateurs qui plus tard visitèrent cette même partie du continent américain lui ont conservé la même dénomination.

Les Russes virent les terres de la péninsule d’Aliaska, l’île Kodiak, débarquèrent sur une des îles du groupe Schumagin, passèrent les îles de l’archipel Alentien, qui s'étend à l'ouest d’Aliaska jusque par le 55° degré, et vinrent passer l'hiver sur une île par le 55° degré, où mourut Bering le 8 décembre 1741, En août 1742, les survivants de l'équipage, ayant construit une faible embarcation des débris de leur navire, retournèrent au port d’Avatscha.

Tchisikof découvrit également les terres du continent américain, et contribua, ainsi que son célèbre compagnon, à étendre les connaissances hydrographiques et géographiques sur cette partie occidentale du continent, ainsi que la position relative des côtes des continents de l'Asie et de l'Amérique.

Ces expéditions, et les découvertes qui en résultèrent, réveillèrent alors l'attention de la France, de l'Angleterre et de l'Espagne, et stimulèrent leurs gouvernements à faire les frais de nouvelles entre-

prises, dont plusieurs furent principalement dirigées avec l'espoir de découvrir un nouveau passage par le nord-ouest.

Peu de temps après la paix de 1765, des colonies furent plantées par la France et l'Angleterre sur les 5]

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îles stériles, désertes et désolées des Falkland, dans l'Océanie, près de l'entrée du détroit de Magellan ; mais sur les représentations du gouvernement espagnol, le gouvernement français consentit à rappeler ses colons. Le gouvernement anglais ne tint, lui, aucun compte des réclamations du gouvernement espagnol, et maintint ses établissements. Cependant, vers l’année 1770, don Francisco Bucareli parvint à chasser les Anglais de leur établissement du fort Egmont.

En 1766, le lieutenant Synd, de la marine impériale de Russie, fit, par les ordres de Catherine, un voyage au nord des côtes de Kamtschatka ; il s’avança jusqu'au 66° degré de latitude, reconnut le continent américain l'année suivante, et y débarqua.

Les capitaines Krenitzin et Levaschef déterminèrent, en 1769, la position géographique de quelques points de la chaîne des îles Aleutiennes.

Un fait curieux, dans les annales des voyages, à cette époque, c'est que le premier voyage direct par mer entre les nouvelles découvertes au nord de la mer Pacifique et la Chine, pour y porter les fourrures qu’on y recueillait, a été entrepris et accom-

pli par les Polonais, sous leurs couleurs nationales,

qui étaient exilés à Kamtschatka !

On s'occupa également, vers cette époque, en Amérique, de poursuivre, par terre, la connaissance des pays occidentaux; et après la paix de 1763, les Anglo-Américains ne se bornèrent plus à visiter les régions situées au delà des Alleghanys; ils pénétrèrent vers l'occident, et tentèrent, au nord-ouest, d'autres découvertes,

QUESTION DE L'ORÉGON. sà

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is Le capitaine Jonathan Carver du Connecticut fut 1766 3 un des premiers à entreprendre un voyage dans cette h É direction ; il partit de Boston en 1766, parcourut | T le lac Michigan et la baie Verte, passa de la rivière

t- des Renards au Wisconsin, navigua sur le haut Mis-

a- | sissipi, où il reconnut l'entrée de la rivière Sainte-

rs Croix, et revint à celle de Saint-Pierre, qu'il remonta

\S- jusqu'au milieu du pays des Naudaumessis. Carver

t. fit ensuite, sur la rive gauche du Mississipi, une sem-

é- blable exploration ; il entra dans la rivière des Chi-

in peouais, et parcourut un pays où venaient se rendre

a- | les Indiens du nord-ouest ; il en reçut des renseigne-

le ments sur l'existence d'une grande rivière nommée

a. | Orégon ou Origon (rivière de l'Ouest), et que les 1i- : Indiens disaient se jeter dans la mer Pacifique, vers el- le prétendu détroit d’Anian, et qui prenait ses sour-

| ces dans la chaîne des montagnes Rocheuses.

| à | Le célèbre capitaine Cook fit son premier voyage 1768 ar à la mer du Sud en 1768; il eut pour objet la déter-

la mination d'observations astronomiques relatives au

r- passage de Vénus sur le disque du soleil, qui eut lieu m- | en 1769.

es, Le capitaine Bougainville fit un voyage de décou-

vertes à la mer du Sud en 1767; il fut de retour en

en France en 1769.

ce ; Immédiatement après l'expulsion des jésuites du 1769 les Ë Mexique, en 1767, le vice-roi de Croix et le visiales dor Galvez portèrent leur attention sur la fondation

rè- de colonies et de garnisons sur la côte occidentale est, de Californie. Il fut arrêté que les premières forces

seraient envoyées au Port-San-Diego ou Port-Monterey,

qui avait été précédemment établi par Vizcaino. En conséquence, quelques colons et soldats furent réunis à la Paz, sur la côte occidentale du golfe de Californie, et marchèrent, au printemps 1769, vers San- Diego, en deux bandes, commandées, la première par Gaspar de Portola, la seconde par Fernando de Rivera.

Rivera arriva, avec son parti, à San-Diego le 11 mai 1769, et y trouva deux navires qui l'y avaient devancé de quelques jours. Portola suivit une route plus difficile, et ne parvint à rejoindre ses compagnons que deux mois plus tard. Le choix d'un emplacement ayant été fait sur la baie de San-Diego, Portola s'avança avec les siens vers Monterey, mais fit fausse route et fut obligé de revenir sur ses pas, à San-Diego, à cause de la saison avancée et du manque de provisions, le navire qui devait lui en porter à Monterey n'ayant jamais été vu.

Les colons de San-Diego eurent beaucoup à souffrir, ant en manque de vivres que des hostilités des indigènes ; mais un navire avec des provisions était enfin arrivé en mars 1770, Portola reprit son expédition de Monterey, et parvint * y fonder un établissement. De nouveaux colons, envoyés du Mexique, s'établirent sur divers points, entre San-Diegpo et Monterey, et ne tardèrent pas à rendre les moyens d'existence suffisants, de sorte qu'avant 1771 les colons de la haute Californie se trouvèrent en état de lutter contre toutes les éventualités de leur position.

De 1769 à 1772, Samuel Hearne, agent dela compaguic de la baie d'Hudson, exécuta trois voyages

au fort Prince of Galles, station principale de la

compagnie, sur la rive occidentale de la baie d'Hud-

son, près du 60° degré de latitude, à travers les pays

occidentaux et nord-ouest, sur une distance de près

de mille milles (quatre cents lieues). Dans son der-

| nier voyage, Hearne découvrit le grand lac des | Esclaves et d’autres lacs dans la direction du nordouest; il suivit un cours d’eau qui depuis a été nom-

: | mé la rivière des Mines de cuivre, en reconnut l’em- À bouchure, qu’il jugea être par le 72° degréde latitude | et le 20° de longitude ouest du dernier poste de la compagnie d'Hudson; il supposa que cette rivière débouchait dans une espèce de baie inférieure, sem-

blable à celle d'Hudson.

- Le second voyage du capitaine Cook à la mer du 1772

k Sud eut lieu en 1772; son objet était de s'assurer i de l'existence du continent austral, qui fixait alors

| l'attention de la plupart des puissances maritimes.

| | De 1771 à 1779, le gouvernement espagnol fit de

: : considérables efforts pour fonder des établissements

x durables en Californie. On appela, à cet effet, l’assistance de l’ordre des franciscains, qui se livrèrent avec persévérance et désintéressement à l'œuvre pieuse de convertir les indiyènes au christianisme. Des fermes furent créées et cultivées par des Indiens en-

et 5 , , . , . .

Ÿ gagés pour un temps déterminé, dix ans, et soumis 1S À N . . . , . A , \ ; à une discipline équitable sans être trop sévère. D- ue ‘ . : à x ; : En 1775, les franciscains Font et Gazzes traverse- 1775

rent de Mexico à la mission de San-Gabriel en Californie sur le Rio Colorado. Dans la même année, : Dominguez et Escalonté, appartenant au même

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