‹ Question de l'Orégon [microforme]Chapitre 2 sur 7 · QUI ONT ÊTÉ TENTÉES OU FAITES · texte numérisé non relu

QUI ONT ÊTÉ TENTÉES OU FAITES

sur Les côtes nord-ouest de la Pacifique et sur le territoire de l'Orégon.

Maintenant que nous avons décrit la physionomie physique du territoire de l'Orégon, fait connaître ses ressources , $es avantages pour les populations qui doivent un jour l’habiter, nous présenterons un résumé succinct de toutes les expéditions qui ont été tentées ou faites sur cette partie du continent américain.

Nour nous sommes assuré de l'authenticité de tous les faits que nous relatons en collationnant avec soin tous les documents historiques officiels qui ont été publiés à ce sujet par les diverses nations intéressées à étendre le champ des découvertes géographiques dans cette partie du globe ou àtenter ellesmêmes de fonder des établissements dans ces con

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trées éloignées, en vue de s’y livrer au commerce alors avantageux des fourrures. Nous avons surtout consulté avec intérêt le beau iravail publié en 1844 par ordre du gouverneur des États-Unis à Washington, par M. R. Greenhow, et nous y avons puisé de nombreux et précieux renseignements.

10 Christophe Colomb commença au nom de l'Es-

pagne les découvertes dans le nouveau monde, il fut également le premier qui visita les côtes occidentales du Mexique. Il reconnut, dans son quatrième voyage, fait en 1500, les côtes de Honduras, celles de Mosquitos, celles de Verragua et descendit le long de l'isthme jusqu’à Porto-Bello et à la rivière de Belen.

Par les expéditions de Ponce de Léon aux Florides en 1512, de Cortès au Mexique en 1517 et de Fernando de Seto aux Florides en 1537, les Espagnols avaient déjà pris possession du pays compris entre le promontoire des Florides sur l'Atlantique, les côtes du Mexique et celles de la Californie sur l'océan Pacifique, et lui avaient donné le nom de Nouvelle-Espagne.

À peine Cortès s’était-il rendu maître du riche empire du Mexique, que, voulant étendre le chmp de ses découvertes, il envoya une expédition de deux vaisseaux en 1526 aux îles Moluques. En 1528 Pedro Nuñez Maldonado reconnut, par ses ordres, la côte occidentale de Xalisco depuis Zacatula jusqu'à Santiago.

En 1552 il envoya une nouvelle expédition composée de deux navires, Ces bâtiments, commandés

par son parent Diego Hurtado de Mendoza et par Juan de Mazuela, mirent àla voile de Tehuantepec; l’un d'eux se perdit, l’autre gagna le port de Xa- À lisco. Cortès n'apprit 1a nouvelle de la perte d’un L de ces bâtiments qu’un an après ; il expédia aussitôt deux autres navires confiés à Ferdinand Grijalva et Diego Bacerra. Ces navires sortirent ensemble de k. Tehuantepec le 30 septembre 1553, mais bientôt se 1 séparèrent. |

Grijalva s’avança vers l’ouest et découvrit un | groupe d'îles, aujourd'hui connues sous le nom de { Revilla gigedo. Bacerra navigua le long de la côte de Xalisco, mais périt assassiné par son équipage.

Son bâtiment fut saisi par Nuño de Guzman qui s’était établi à Guadalaxara en Californie.

Cortès entreprit lui-même d'aller reconnaître les 1 terres découvertes à l’ouest par Ximenès; il partit 15 en mai 1555 avec trois navires de Chiamatla, et réunit ses forces dans la baie de Santa-Cruz d’où il comptait marcher vers la conquête d’un nouveau royaume de Mexique et gagner d'immenses richesses. Mais il n’éprouva dans cette entreprise que contrariété et misère. Ce fut pendant cette absence pralongée de son gouvernement que don Antonio de Mendoza fut nommé par la cour de Madrid gouverneur et vice-roi de la Nouvelle-Espagne.

Néanmoins Cortès parvint à fonder des établissements durables sur la péninsule qui depuis a pris le nom de Californie, et établit ainsi les droits incontestables de la couronne d'Espagne sur cette portion du continent. La baie, nommée par Cortès Santa-

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Cruz, est probablement la même qui depuis a été Ce appelée Port la Paz, par le 24° degré de latitude, à pa environ 100 milles de l'océan Pacifique. tu | Le nouveau vice-roi du Mexique ne se montra pa d pas moins jaloux que Cortès d'avancer sa fortune lor 4 personnelle par des découvertes tentées à l’ouest, Me Î d'après des renseignements rapportés sur ce pays | soi É par un certain Alvaro Nuñez de Cobeza-Vaca, deux | d'a l autres Espagnols et un nègre, qui, détachés de l’ex- (à pédition de Paufilo Narvaez, tentée en 1537, sur les de À Florides, avaient traversé toutes ces immenses con- Luc k trées de la baie de Tampa, où ils étaient d’abord lifo 4 débarqués, jusque sur les rives de la Californie. 15 1 59 Ces voyageurs faisaient Les récits les plus extrava- tud 4 gants sur les richesses des pays qu'ils avaient tra- : Sor À versés, le nombre des villes et des habitants qu'ils et ] à avaient vus. Mendoza résolut de s'assurer de la vé- Iag É rité de ces faits, et, conseillé par son ami, le célèï. bre Bartolomé de las Casas, il envoya une expédi- du : l tion de Cullacan, en mars 1539, sous les ordres d’un l'in k franciscain nommé Marcos de Niza, accompagné | en A d'Honorato et du nègre Estavanico, qui avaient trab versé le continent avec Cobeza-Vaca.

fl Ce fut vers cette époque qu'eut lieu la dernière \ expédition envoyée par ordre de Cortès; elle fut co ! commandée par Francisco de Ulloa, qui mit à la | Me {| voile d’Acapulco, en juillet 1539, avec trois navires. | f Un de ces navires se perdit près de Cullacan ; me | mais UÜlloa continua son voyage avec les deux autres im Ë vers la baie de Santa-Cruz. De là il s’avanca à l’ouest, J'u | reconnut complétement les deux rives du golfe de co]

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Californie, s’assura que cette longue péninsule se rattachait à la terre ferme par le 32° degré de latitude, quoiqu'il ne découvrit pas la rivière de Colorado, qui vient se jeter à la mer à la tête de cette longue baie.Ulloa donna à cette longue baiele nom de Mer de Cortes, quoique, sur les cartes espagnoles, elle soit généralement dénommée Mer Vermeille, et, dans d’autres, Golfe de Californie.

En octobre 1539, Ulloa mit de nouveau à la voile de Santa-Cruz, s'avança à l’ouest vers le cap San- Lucas, qui forme l'extrémité méridionale de la Californie, et cingla alors vers le nord. En janvier 1540, il découvrit une île par le 28° degré de latitude, à laquelle il donna le nom d'Ile des Cédres.

‘ Son équipage étant très-fatigué par les privations

et les maladies, il fut obligé de retourner à Sant- Jago, dans le Xalisco.

Pendant ce temps l'expédition, sous les ordres du franciscain Marcos de Niza, avait atteint, dans l'intérieur du pays à l’ouest, suivant les rapports qui en étaient revenus, le 35° degré de latitude, et avait traversé un pays extrêmement riche, très-cultivé, et abondant en mines d’or, d'argent et de pierres précieuses, et dont les populations étaient représentées comme plus avancées en civilisation que celles du Mexique ou du Pérou.

Malgré l’évidente exagération de ces renseignements, le vice-roi Mendoza n’hésita pas à envoyer immédiatement deux corps de troupes armées ; J'une par terre, l’autre par mer, pour préparer la conquête de ces nouvelles contrées.

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0 Fernando de Alarcon reçut le commandement de

l'expédition de mer, et mit à la voile avec deux navires, en mai 1540, de Sant-Iago; il atteignit la tête du golfe de Californie en août suivant, découvrit la Colorado, à laquelle il donna le nom de Rio de Nuestra Señora de Buena Guia.

Alarcon remonta cette rivière sur plus de quatrevingts lieues, et retourna ensuite au Mexique porter la nouvelle qu'il n'avait pu découvrir aucun pays ressemblant aux descriptions qu'on lui en avait données.

L'expédition de terre, composée de cavalerie et d'infanterie, était sous les ordres de Francisco Vasquez de Coronado, nouvellement appelé au gouvernement de la Nouvelle-Galicie, à la place de Nuño de Guzman. Ce chef, aussi intrépide que peu porté à l’exagération, s’avança hardiment vers le nord, d'après la direction qu'il en avait reçue ; il pénétra fort avant dans le pays, malgré les difficultés de tous genres qu'il eut à surmonter, et parvint dans cette partie connue aujourd'hui sous le nom de Señora, et qui se trouve sur la grande chaîne de montagnes à l'est de la tête du golfe de Californie, où les rivières Yaqui et Gila prennent leurs sources ; et après avoir passé plus de deux années à explorer en vain tout l'intérieur de ce pays à la recherche des villes et des richesses promises par Francisco Marcos, il retourna au Mexique.

En 1542, Mendoza expédia un nouvel armement pour l'exploration et la conquête du territoire nord-ouest, sous les ordres de duan Rodiguez Cu-

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brillo. Celui-ci mit à la voile de Navidad, en juin, doubla le cap San-Lucas, et s’avança jusqu'au 58° degré de latitude; mais bientôt fut reporté, par des vents contraires, “plus au sud, et forcé de se réfugier dans un port d'une des îles de Santa-Barbara, par le 54° degré, où il mourut. Le pilote Bartolomé Ferrelo, qui l'avait accompagné, prit alors le commandement de l'expédition, et poussa ses découvertes au nord-ouest jusqu'au delà du cap Blanc. Il découvrit, en février 1544, par le 41° degré nord de latitude, un cap qu'il nomma Cabo de Forlunes ; en mars il atteignit le 44° deyré; mais les vents contraires le reportèrent bientôt au sud, et son équipage étant complétement harassé de fatigue et de privations, il fut forcé de relächer au port de Navidas.

Le cap nouvellement reconnu par Ferrelo prit, peu de temps après, le nom de cap Mendocino.

Vers ces temps les Portugais étaient parvenus à faire un commerce avantageux avec les Indes : leurs navires faisaient ces voyages par le cap de Bonne- Espérance. Les Espagnols tentèrent, dans le même but, de former des établissements en Asie; mais toutes leurs expéditions échouèrent jusqu’à la moitié du seizième siècle,

Cependant Ruy Lopez de Villalobos réussit à traverser la mer Pacifique, avec une forte escadrille du Mexique, et à prendre possession des îles Philippines au nom de son souverain; mais, peu de temps après, ces forces ayant été dispersées, ses bâtiments furent détruits.

we Les Espagnols tentèrent de nouveau, en 1564, de s'établir aux Philippines, et y réussirent, sous les ordres de Mignel de Légazpi; ce navigateur, accompagné de Andrès de Urdoñeta, mit à la voile du Mexique, et parvint à traverser l'océan Pacifique. Dans son voyage de retour, il se dirigea des Philippines au nord-ouest, et gagna le 40° degré parallèle de latitude, où des vents variables lui permirent de s'approcher de la côte de Californie et de retourner ainsi facilement au Mexique.

Depuis lui il s'établit un commerce actif d échange entre Acapulco et Manille, aux îles Philippines, et à Macao en Chine, de métaux précieux et de marchandises européennes contre des soieries, des épices et de la porcelaine, qui se consommaient en Amérique ou étaient transportées en Europe. Il se fit également, entre Panama et les ports du Pérou et du Chili, un commerce important.

L'existence de ce commerce et des richesses accumulées dans les villes américaines sur les bords de l'océan Pacifique, parvint bientôt à la connaissance des Anglais, qui n’hésitèrent plus à surmonter les difficultés que présentait une navigation aussi lointaine, pour s’en assurer une participation quelconque par le pillage.

1575 La première irruption des Anglais dans l’océan Pacifique eut lieu en 4575 : un parti de flibustiers, ayant à leur tête un nommé John Oxenham, tra: versa l’isthme de Panama, et, ayant construit un navire sur le rivage méridional, réussit à faire, avec ce bâtiment, un assez grand nombre de prises im-

# QUESTION DE L'ORÉGON. 23 ï

| portantes avant d’être capturé par les Espagnols, | y qui les firent tous exécuter à Panama. 4 Trois ans plus tard, Francis Drake tira une ven- 18 ! s geance complète de la mort de ses concitoyens; ce , célèbre navigateur mit à la voile de Plymouth, P | en 1577, traversa le détroit de Magellan, en sep-

téembre 1578, et procéda, avec un navire de cent 6 | tonnes et environ soixante hommes d'équipage, à v l'exécution de son projet, le pillage des villes espa-

gnoles sur la côte occidentale de l'Amérique. , Ayant atteint le but de son voyage, pillé la ville js de Guatulco, sur la côte du Mexique, et rempli son le ! bâtiment de dépouilles précieuses, il se disposait à " revenir en Angleterre au printemps de 1579, lors- 1579 ni : que, craignant d'être rencontré par les vaisseaux es« | je pagnols à sa traversée du détroit de Magellan, il ju ! résolut de chercher un passage vers l'Atlantique par

; le nord. En conséquence, en quittant Guatulco, il

es tourna le cap vers ke nord-ouest, et ayant fait route ds dans cette direction pendant près de 1,400 lieues, il Bu se trouva, au commencement de juin, près du er 42° degré de latitude nord. Un passage aussi brusssi que de température avant rendu son équipage ma- ]- | lade et incapable de tenir la mer plus longtemps , il

se détermina pour lors à faire terre, En conséquence, an il reconnut bientôt la côte, chercha à l'approcher ; rs, À mais n y trouvant point de mouillage où il pt jeter ras À l'ancre, il la longea jusqu’au 58° degré, où il entra un : dans une belle et grande baie : probablement la baie rec 1 de San-Francisco on de Bodega, qui se trouve à quel-

me 4 ques lieues au nord.

Drake s'arrêta quelque temips dans cette rade pour y laisser reposer son équ., ige et ravitailler son navire. Les indigènes lui ayant offert la souveraineté de ce pays, il en prit possession au nom de la reine Élisabeth, et lui donna le nom de Nouvelle Albion.

Ayant renoncé à chercher un passage par le nord, il revint en Eurore en traversant directement l'océan Pacifique jusqu'aux îles Philippines et en suivant la route ordinaire des navigateurs portugais à travers les mers des Indes et en tournant le cap de Bonne-Espérance. Il fut de retour à Portsmouth en septembre 1580.

C'est sur cette soi-disant découverte de Drake, qui n’était, du reste, qu’une flagrante usurpation des droits acquis aux Espagnols par leurs navigateurs, que l'Angleterre s’est fondée jusqu’à ce jour pour légitimer ses droits de propriété sur le territoire de l'Orégon, prétendant que Drake avait reconnu les côtes du nord-ouest jusque par le 48‘ degré nord, et qu'il avait, en outre, pris possession du pays au nom de sa souveraine dau: la baie de San- Francisco, où il avait acquis des Indiens la propriété des terres.

Or il n’est rien moins prouvé que Drake ait jamais dépassé le 43° degré nord, et quant à sa prise de possession des terres dans la baie de San-Francisco, elle était une violation des droits de la couronne d'Espagne.

Dans les voyages continuels que les galions espagnols faisaient du Mexique aux Indes, les navires

QUESTION DE L'ORÉGON. 25 i étaient invariablement portés par les vents d'est di- N rectement à travers l'océan Pacifique en trois mois; . mais leurs voyages en retour occupaient souvent . plus du double ; les navires venant de Macao se di- # rigeaient sur la côte occidentale de la Californie qui, 1 dès lors, devint très-familière aux navigateurs de ces 1, époques.

“ Dans une de ces traversées, en 1584, Francisco 1584 L. 5 Gali vint reconnaître la côte de la Californie par p d. le 37° degré et demi ; des documents de cette épo- L le que, conservés dans les archives des Indes, portent | à | même le point dela côte qu’il reconnut à 57 degrés et demi.

” | En 1595, Sébastien Cermenon, revenant de Maa nille sur le navire San-Augustin, vint reconnaître la 1 “ côte du nord-ouest par ordre du vice-roi du Mexique, 1 de pour s'assurer d’un port où les bâtimenis venant | ie des Indes pussent relächer. Ce bâtiment fut perdu : des près de la baie de San-Francisco, au sud du cap Men- FR docino. | du Les succès de Drake encouragèrent bon nombre an- de ses concitoyens à poursuivre les mêmes avenraté tureux voyages à travers le détroit de Magellan, et | à chercher un passage à l'oc:an Pacifique par le ja- nord-ouest.

Lise Thomas Cavendish ou Candish acquit quelque céan | lébrité par la terreur qu'inspira son nom aux Espaoù à gnols pendant son voyage autour du monde en 1587 ; il mouilla pendant quelque temp. près du ï es- 4 cap San-Lucas, extrémité méridionale de la Califor- | 4 ires nie, et captura alors le galion Santu-Anna, venant

des Indes en destination d’Acapulco, le pilla, le d brüla et abandonna l'équipage sur les côtes. La Santa- p Anna ayant été jetée providentiellement sur la côte ; ti l'équipage parvint à remettre leur navire en état de ct tenir la mer, et put ainsi regagner un port sur la ai côte opposée du golfe de Californie. Juan de Fuca et Sébastien Vizcaino , pilotes qui acquirent posté- m rieuremeut quelque réputation, faisaient partie de qi l'équipage. | lu 59 Suivant le rapport du pilote grec Juan de Fuca, ta 1592 qui mourut à Venise en 1602, publié en 1625 par cit M. Lock, ce pilote avait été employé par le viceroi pour faire, en 1589, un voyage de découverte . cu du prétendu détroit d'Anian sur l'existence du- $0l quel diverses versions étaient alors accréditées. Ce | qu voyage n'ayant point eu de résultat, il avait été nai envoyé de nouveau, en 1592, dans le même but d'exploration des côtes du nord-ouest, et avait dé- no couvert alors, par le 47° et 48° dégré nord, un dé- fu troit dans lequel il avait navigué pendant plus de Ma vingt jours, et ilen avait rapporté une description d’ si fidèle, qu'elle pût servir plus tard à prouver la du vérité de son récit, et l’authenticité de sa décou- : tio verte, ent 55 En 1595, Philippe IT donna des ordres à l'effet de de faire exécuter une exploration complète des côtes du de noru-ouest, et de déterminer sa position exacte re- Qu lativement aux établissements espagnols du Nou- ! dé veau-Mexique, traversés par le Bravo del Norte et qui : Po: s’étendaient alors jusqu'au 40° degré de latitude. 1555 Fin conséquence, le comte de Monterey, vice-roi b va

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du Mexique, envoya trois navires d’Acapulco au printemps de 1596 ,sous le commandement de Sébastien Vizcaino , dont nous avons parlé plus haut comme un des officiers de la Sunta-Anna, détruite au cap San-Lucas par Cavendish.

Ce voyage se réduisit en tentatives d’établissement à Saint-Sébastien et à la Paz ou Santa-Cruz, que Cortès, soixante ans précédemment, avait voulu lui-même fonder, mais dans lesquels on échoua, tant à cause de la stérilité des lieux que de la férocité des indigènes.

Philippe IIT, ayant succédé au trône en 1598, s'occupa immédiatement de donner suite au décret de son prédécesseur, et enjoignit au vice-roi du Mexique d’armer une escadrille pour continuer la reconnaissance commencée.

Sébastien Vizcaino prit le commandement du ,,» nouvel armement, composé de trois bâtiments ; il fut accompagné par Toribio, Gomez de Corvan et Martin de Aguilar, et mit à la voile, le 5 mai 1602, d’Acapulco. L’escadrille reiàcha à San-José à l’est du cap San-Lucas, et reprit son voyage d’exple.…: tion en juillet, entra dans la baie de la Madeleine, entre le 24° et le 25° degré de latitude, visita un port de l’île aux Cèdres, un autre port par le 31° degré de latitude , auquel fut donné le nom de Port San- Quintin, et enfin plus au nord, le port San-Miguel, découvert par Cabrillo, et que l'on nomma alors Port San-Diego.

Après avoir bien examiné ce port, la flottlle s’avança à travers l'archipel de Santa-Barbara , visitée

2eme

28 QUESTION DE L'ORÉCON.

soixante ans auparavant par Cabrillo, doubla le cap Galern de ce navigateur, connu depuis lors par le nom de Cap de la Conception, et vint jeter l’ancre dans le port des Pins de Cabrillo, mais qui reçut le nom de Monterey en l'honneur du vice-roi de ce nom.

En janvier 1605 Vizcaino s'était avancé jusqu’au 42e degré nord et reconnut un cap auquel il donna le nom de Cap San-Sébastien ; mais son équipage étant considérablement réduit par les maladies, il se résigna à retourner au Mexique, et arriva

à Acapulco en mars.

Le bâtiment commandé par Martin de Aguilar continua séparément son voyage de recherches ; il reconnut le cap Blanc par le 45° degré de latitude, et crut avoir découvert l'embouchure d’une grande rivière, que la force du courant l’empêcha de pénétrer. Ce bâtiment revint au Mexique après avoir perdu, par les maladies, son chef Aguilar, son pilote Flores et une grande partie de son équipage.

Vizcaino, à son retour de cette expédition, obtint &e Philippe IT le droit de fonder sur les points qu'il avait reconnus des établissemnts pour y faire le commerce ; mais la mort l’arrêta dans l'exécution de ce projet.

À l'époque de l'expédition de Vizcaino le gouvernement espagnol se préoccupa vivement des découvertes à faire dans l'océan Pacifique. Plusieurs voyages furent entrepris; dans l’un d’eux, exécuté en 1595 par Alvaro de Mendona du Pesu, le groupe des îles Marquises fut découvert, et fut ainsi appelé

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