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une nouvelle expédition d'exploration, qu’il confia aux soins du canitaine Bruno Heceta, sous les ordres duquel Perez acvait reprendre la mer, ainsi que Juan de Ayala et Antonio Morelli.
Cette expédition, composée de deux navires, mit à la voile de San-Blas, le 15 mars 4775, accompagnés de la goëlette San-Carlos, en destination de Monterey. Le commandant de cette goëlette ayant été pris de délire, Ayala lui succéda, et Juan Francisco de la Bodega y Quadra fut appelé à commander la goëiette {a Sonora.
Les deux navires de l’expédition avant passé le San-Carlos, firent route vers l’ouest, et, le 10 juin, jetèrent l’ancre dans une baïe au delà du cap Mendocin, par le 41° degré de latitude. Cette baie reçut le nom de Port de la Trinite.
Heceta et Bodéga continuèrent leur voyage le 19 juin; ils perdirent terre pendant trois semaines, mais ils la virent de nouveau par le 48° 27°. Ayant voulu reconnaître la côte, ils envoyérent une embarcation avec sept hommes, qui tous furet massacrés par les indigènes.
Ayant repris leur navigation, les deux navires de l'expédition furent séparés par une violente tem-— pête : Heceta rentra à Monterey, tandis que Bodega continua son voyage de découvertes.
Pendant son voyage de retour, Heceta prit terre par le 50° degré de latitude (sur le côté méridional de l’île de Vancouver et Quadra), et, passant par le port San-Lorenzo (le détroit äe Nootka), découvert l’année précédente par Perez, il arriva en vue de
la terre ferme, par le 48° degré, sans avoir observe : r' le détroit de Fuca : et, courant vers le sud, ilarriva, re le 15 août 1775, par le 46° 17’, devant un débouché : r d’où sortait un courant si rapide, qu’il ne put y en- la trer, et qu'il prit pour l’embouchure du détroit de M Fuca qu'il cherchait. Il s'arrêta dans ces parages il pour faire de plus minutieuses observations ; mais at ne pouvant surmonter la force du courant qui l’en- | m traînait, il se détermina à continuer sa route. L re Heceta donna à cette embouchure le nom de Dé- cô bouché de l'Assomption, et aux deux pointes formant pe son entrée les noms de Cap Saint-Roch et Cap des k Bc Feuilles. Les cartes publiées au Mexique, à cette \ Sa époque, portent les noms de Débouché d'Hecela et Rivière de Saint-Roch. Cette embouchur: était celle 4 ter de la Colombia ou Orégon, dans laquelle Robert à dè Gray est entré ::n 1792. Ë tot ans Pendant ce temps, Bodega et Morelli continuaient L Md péniblement leur voyage au nord-ouest, et recon- À de nurent enfin, par le 56° degré, les terres de l’archi- î cÔ î pel du Roi-George, le mont Edgecumb, la baie : en À des Iles et le détroit de Norfolk, suivant les naviga- À teurs anglais, mais auxquels ils deanèrent respecti- ; es 4 vement les noms de Port Remedios, Port Guadelupe et À ui 1 Mount San-Jacinto. | de L Les Espagnols débarquèrent dans le Port Reme- ‘ la i] dios, et prirent possession du pays au nom de leur : or« souverain, suivant les formalités d'usage, mais fu- ; les ü rent attaqués par les indigènes, qui les forcèrent à Il
se rembarquer. Ils se déterminèrent à revenir à Monterey, entrèrent, par le 55°1/2 degré, dans une À va
rade à laquelle ils donnèrent le nom de Port Bucareli : ce port est sur l'île du Prince de Galles; ils reconnurent ensuite l'extrémité nord-est de l’île de la Reine-Charlotte, nommée par Perez Cap San- Marguerite, et observèrent le chenal qui sépare les îles de la Reine-Charlotte et du Prince de Galles, et auquel on donna le nom de Entrado de Perez, nommée pis tard, par les Anglais. Entrée de Dixon. Ils reconnurent successivement plusieurs points de la côte, passèrent le cap Mendocin, et entrèrent dans une petite rade, par le 58° degré de latitude, à laquelle Bodega donna son nom, et furent enfin de retour à San-Blas, le 20 novembre 1775.
Des détails ci-dessus il résulte que même sans tenir compte du voyage de Perez, les Espagnols ont dès 1775 reconnu et examiné avec soin tout le littoral occidental du continent américain depuis Monterey, par le 37° degré de latitude jusqu’au 48° degré nord, et déterminé la direction générale de la côte occidentale des îles qui couvrent le continent entre le 48° et le 58° degré.
Te troisième voyage du capitaine Cook s’exécuta eu *.:/}; il eut pour objet de s'assurer s’il existait un 5 ge au nord-ouest ou au nord-est. Il partit de Piymivuth le 12 juillet 1776, monté sur le navire la Résolution, accompagné par la Découverte, aux ordres du capitaine Charles Clarke, et muni de tous les instruments nécessaires pour un pareil voyage. Il déploya dans cette occasion une habileté, un estit de persévérance, une hardiesse d'entreprise qui “rt justement rendu son nom célebre parmi les na-
vigateurs auxquels la science géographique est redevable d'importantes découvertes.
Les instructions que reçut le capitaine Cook, du conseil de l’amirauté, prouvent explicitement que l’unique objet de son voyage était de découvrir une route de l'Inde plus directe que celle du cap de Bonne-Espérance ou du cap Horn, par un passage supposé entre les deux océans, et non de fonder des établissements dans l'Orégon. Ces instructions sont en effet très-1: ‘rises : elles disent que le commandant de cette es, ‘tion devra faire route aussi directement que possible pour les Côtes de la Nouvelle- Albion qu'il reconnaîtra par le 45° degré, sans se laisser distraire de son but par l’idée de découvrir de nouvelles terres ou de relâcher dans aucun des établissements espagnols ; qu’il devra mouiller dans un des ports de la Nouvelle-Albion qu’il jugera le plus accessible sur sa route, pour s’y rafraîchir et continuer dès lors son voyage jusqu'au soixante-cinquieme degré nord ou même plus loin s’il n’en est pas empêché par les terres ou les glaces ; mais qu’il doit surtout éviter de perdre aucun temps à reconnaître ou explorer aucune rivière, baie, rade ou débouché jusqu’au point de sa destination où l’on désire qu’il puisse arriver en juin, afin d'avoir tout le temps d'examiner dans ces parages les rivières, baies ou débouchés qui paraîtraient présenter, par leurs dimensions, une importancesuffisante pourêtre considérés comme pouvant servir de voie de communication avec les baies d'Hudson ou de Baffin.
Les ordres du capitaine Cook se terminaient par
QUESTION DE L'ORÉGON. 45 ; " l'injonction de prendre possession, au nom de la Grande-Bretagne, du pays où se trouverait ce déu | bouché, pourvu, toutefois, que les terres n'aient pas 1e déjà été visitées ou découvertes antérieurement ou
qu’elles fussent inhabitées.
Remarquons aussi ici que le nom de Nouvelle-Albion, cité dans les instructions, n’est employé cependant que pour désigner la partie de la côte occidentale de l'Amérique vers laquelle l'expédition devrait se diriger, mais non pour impliquer la propriété réclamée par la Grande-Bretagne.
Covoke se rendit par le cap de Bonne-Espérance 1777 et la mer du Sud à l'océan Pacifique; il employa près d’une année à examiner la terre de Van-Diemen, la Nouvelle-Zélande, les îles de l'Amitié, de la Société et autres lieux dans ces parages. Au commencement de 1778, il fit route vers le nord lorsque sa première découverte, le 18 janvier, fut l’île d'Atooi ou Kanoi, par le 20° degré, une des îles du groupe qu’il nomma Îles Sandwich en l'honneur du premier lord de l’amirauté.
Le 7 mars 4778 Cook se trouva par le quarante- 1718 quatrième degré dix minutes de latitude nord sur les côtes du nord-ouest ; des vents adverses l'ayant fait rétrograder au sud-ouest, il eut l'occasion d’examiner plus soigneusement quelques points de ce littoral déjà visités par les Espagnols.
Les vents étant redevenus favorables, il reprit sa course vers le nord-ouest, et reconnut le solfe de | Nootka, déjà exploré en 1774 et nommé San-Lorenzo | par par Juan Perez. Le capitaine Cook relâcha dans un
ai QUESTION DE L'ORÉGON.
des ports dont abonde ce détroit, visita les indigènes, représentés comme anthropophages, et'retrouva entre leurs mains des instruments en fer et deux couverts en argent, ainsi que des objets en cuivre, provenant évidemment des relations antérieures que ces naturels avaient eues avec des Européens. Il changea le nomde ce golfeen celui de Détroit du Roi-George.
Ayant repris la mer, il remonta au nord vers le 55° degré, aperçut les terres hautes déjà vues en 1775 par Bodega et appelées par ce navigateur Mont San-Jacinto ; il leur donna le nom de Mont Edgecumb ; il donna également le nom de Baie des Iles au port Remedios des Espagnols.
Ii s’avança ensuite par le 57° degré, reconnut Mont Fairweather, puis le Mont Saint-Elias, décrit par Bering, et commença de ce point ses recherches d’un passage au nord-ouest ; il visita les îles Shumugin de Bering, l’île Unalashka de l'archipel Aleutian ; atteignit le 65° degré 46” qu’il nomma Cap Prince-de- Galles ; traversa alors à l’ouest où il reconnut également le cap Tchuquetehoi, extrémité orientale du détroit de Bering. S'étant alors avancé au delà de cette mer vers le nord, il parvint sur la côte d'Amérique jusqu’au 70° degré 20”, et sur la côte d'Asie jusqu’au 68° degré 56’.
Ayant été ainsi arrêté dans sa course au nord par la présence des glaces, il se détermina, à cause de l’état avancé de la saison, à regagner une latitude plus méridionale; il repassa dans le détroit de Bering, et, le 3 octobre, relàcha dans la rade de Sa-
magaouda sur le côté nord d'Unalashka.
Il quitta Unalashka le 27 octobre, et découvrit en novembre les îles Owyhee et Momee (Hawaü et Manai), les deux plus grandes des îles Sandwich , où ce brave et généreux navigateur fut assassiné par les indigènes le 16 février 1779.
Nous devons faire observer ici que du voyage du capitaine Cook, il n’est rien résulté qui ait pu donner de nouveaux droits à l'Angleterre sur quelques points du continent américein, car il n’a vu, au sud du mont Edgecoubt, que des lieux déjà observés et reconnus par Perez, Bodega et Heceta, ainsi que nous l'avons fait voir précédemment, et, au nord de ce cap, que des lieux désignés par les navigateurs russes.
Toutefois le capitaine Cook a eu l'incontestable mérite de déterminer :plus exactement la position relative des côtes nord-est et nord-ouest des deux continents d'Asie et d'Amérique, ainsi que la configuration précise de leur littoral.
Avant de procéder plus avant dans notre récit, signalons quelle était, à cette époque, la situation respective des parties réclamant des titres de propriété sur les côtes du nord-ouest et le territoire en dépendant.
La France, ainsi que nous avons eu déjà plusieurs fois l’occasion de le faire observer dans le cours de ce précis historique, avait pris possession du Saint- Laurent et du Mississipi ; elle étendait donc sa domination sur tout le vaste territoire qu'arrosent ces deux bassins, y compris la chaîne des lacs, n'ayant à l'est que les provinces anglo-américaines de l'Atian-
tique, et s'étendant ensuite indéfiniment vers l'océan Pacifique et les possessions espagnoles,
L’Angleterre avait alors en possession tout le territoire sur le littoral de l'Atlantique, depuis le Saint- Laurent jusqu'aux Florides ; elle étendait également ses prétentions à l’ouest indéfiniment en opposition avec les droits de la France. Elle s’était aussi établie sur la baie d'Hudson, basant de nouvelles prétentions sur le territoire à l’intérieur jusqu’à la mer Pacifique.
Quant ? l'Espagne, maîtresse du Mexique, de l4 Californie, du Nouveau-Mexique et des Florides, elle étendait ses droits de souveraineté sur tout le territoire compris entre l'océan Pacifique , le golfe du Mexique et la Pointe de la ploride sur l'Atlantique à l'est.
“es Telle était la position des parties en 1783, lorsque le traité de Paris du 3 septembre, communément appelé frailé de paix, vint apporter de profondes modifications à cette situation respective.
L’'Angleterre reconnut alors la liberté, la souveraineté et l'indépendance des Etats-Unis ; par cet acte solennel, elle renonça à tous ses droits de souveraineté sur le territoire occupé par l’Union américaine et sur celui qui en relevait; elle créa donc ainsi de fait le premier titre des Américains à la possession des territoires occidentaux.
Mais remarquons encore ici un acte significatif de la double politique constamment suivie par l’Angleterre dans ses rapports internationaux : au moment
où la Grande-Bretagne semble renoncer par un acte
éan solennel à ses prétendus titres de possession des territoires occidentaux relevant des Etats-Unis, elle ter- autorise par une sanction législative la création à int- Montréal d’une nouvelle association , sous le nom ent de compagnie du nord-ouest, ayant pour but de osi- faire le commerce des pelleteries dans ces mêmes ussi districts, dissimulant ainsi, sous le masque des opéelles rations commerciales d'une compagnie , des intenà la tions hostiles qu’elle se réserve plus tard d'appuyer de l'autorité de sa force, si ses intérêts le réclale la ment.
elle De ce jour aussi deux compagnies puissantes se erris | trouvèrent en rivalité d'intérêt pour le commerce e du VD des pelleteries en Amérique, quoique leurs opéraque à tions dussent être renfermées dans un territoire respectif réservé à chacune d'elles. Et pendantun cerlors- tain temps elles se firent une concurrence active ; auné- souvent même leurs agents en vinrent aux mains et | pro- | se livrèrent des combats acharnés. Mais leurs efforts ve. | collectifs furent désastreux pour les intérêts améribuve- cains, dont les portes frontières furent trop souvent r cet le théâtre de violences et de scènes sanglantes de la sou- part des Indiens excités sous main contre eux, auawié- tant par la jalousie et la cupidité de ces deux comdonc VB pagnies que par la haine de la métropole contre les à la HR Etats-Unis.
à Les résultats du voyage du capitaine Cook furent 475 tifde VE publiés en 1781. A cette époque, le commerce de la ngle- Pacifique était partagé entre deux compagnies anment glaises : celle de la mer du Sud et celle des Indes