acte orientales. Les bâtiments de la première ne pou
vaient se rendre dans l'océan Pacifique, pour y faire le commerce des fourrures ou s'y livrer à la pêche, que par le cap Horn ou le détroit de Magellan ; ceux de la seconde devaient se rendre pour la même destination par le cap de Bonne-Espérance. Tous les bâtiments anglais n'appartenant pas à une de ces compagnies étaient exclus de naviguer dans ces mers pour cet objet.
Aussi arriva-t-il que plusieurs sujets anglais, qui voulaient se livrer au commerce des fourrures, alors très-avantageux à cause des marchés de la Chine où elles étaient en grande demande, furent chligés de s'engager sous pavillons étrangers et, de fait, de se dénationaliser.
Au nombre des aventuriers anglais qui des premiers entreprirent , sous pavillons étrangers , de se rendre sur les côtes de la mer Pacifique, l’on remarqua Jacques Hanna qui visita le détroit de Nootka en 1785, sous pavillon portugais. Il y fit un commerce avantageux avec les naturels, et tenta, en 1786, un second voyage qui n’eut pas le même résultat.
Dans le cours de cette année, on chercha à établir un commerce direct entre Macao et le Kamtschatka: ces tentatives échouèrent.
Les capitaines Lowrie et Guire firent aussi quelques voyages à la côte occidentale de Bombay, et Méares et Tippling sur celle de Calcutta, sous le pavillon de la compagnie des Indes orientales.
Avant de procéder sur les suites du voyage de Méares, nous rappellerons que l'expédition de
aire notre infortuné compatriote Jean-François Garaup he, de Lapeyrouse eut lieu en 1785, qu'il visita, en ste (| juin 1786, le mont Saint-Elias et la côte américaine, ême entre le 50° et 54° degré de latitude, et vint relâcher tés au port Monterey où il fit de nouvelles observations bis scientifiques, et le 24 septembre de la même année ons il quitta ce port pour ne plus revoir la terre. Le capitain? Méares ayant pénétré dans le golfe “qui de Nootka, y hiverna de 1786 à 1787, et à cet effet lord obtint du chef de la tribu qui habitr't (cette côte où LE l'autorisation d’élever quelques huttes et magasins Le de pour y abriter ses hommes et y déposer ses mardé dé chandises. Il perdit dans cet hiver la moitié de son | monde par le scorbut.
pre- Les principaux lieux de la côte occidentale visités drag à dans ces temps en vue du commerce des fourrures RS étaient : le détroit de Nootka ou du Roi-George ; le otka détroit de Norfolk ; le port de la Guadeloupe, près ONU du mont San-Jacinto ; le détroit du Prince-WVilliam en À et la rivière de Cook.
er Une nouvelle association s'étant formée à Londres, en 1785, sous le nom de Compagnie du déablir | troit du Roi-George, elle envoya une expédition sous aths: | le commandement des capitaines Portlock et Dixon É pour faire exclusivement le commerce entre la côte quel À du nord-ouest et la Chine.
Ly, et En 1786 les bâtiments de cette compagnie visie pa- | tèrent le détroit de Nootka; mais la saison étant trop avancée, ils furent obligés de relâcher aux îles e de Sandwich pour y hiverner.
‘ dé En 1787 ils visitèrent de nouveau la rivière de 1#1
ëo QUESTION DE L'ORÉGON.
Cook et le détroit du Prince-William où ils trouvèrent le capitaine Méares dont le navire était pris dans les glaces et l'équipage réduit de moitié par les maladies.
Le capitaine Dixon continua alors seul son voyage à l’est du mont Jacinto ou Edgecomb, et appelé par Bodega Port Remedios ; il changea ce nom en celui de Détroit de Norfolk, malgré que la relation de ce voyage, publiée en Angleterre en 1781, lui fût connue. Il réclama avec la même impudeur avoir découvert la côte occidentale au midi du 54° degré, parce que, disait-il, le capitaine Cook ne l'avait pas vue luimême, quoique ce célèbre navigateur en eut rendu compte comme d'une découverte antérieure due
SE CL “x re
aux Espagnc:s.
Le capitaine Dixon ayant appris des naturels que la terre sur laquelle il avait débarqué était détachée de la côte ferme par un bras de mer , il lui donna le nom d'Ile de la Reine-Charlotte et distingua par l'appellation de Canal Dixon l'entrée qui conduit par le nord au détroit interieur.
Le capitaine Duncan, envoyé par la même compagnie, en 1787, visita le détroit du Prince de Galles, le parcourut en entier et y découvrit un nombre considérable d'îles auxquelles il donna la dénomination d’archipel du Prince-Royal.
Dans la même année, le capitaine Berkeley, commandant un navire de la compagnie autrichienne dés Indes, relächa dans le détroit précédemment découvert par Juan de Fuca.
En 1788, les Portugais, qui faisaient alors un
QUESTION DE L'ORÉGON, st
vè- commerce actif de fourrures entre la côte du nordpris ouest et la Chine, envoyèrent de Macao deux bâtipar ménts sous leur pavillon, mais sous les ordres de deux officiers anglais, John Meares et William Dourage glas, qui s'étaient acquis une certaine réputation par dans de précédents voyages à la même côte. i de Ces deux navigateurs, par le fait même de leurs oya- commissions pc'tugaies, et en se trouvant sous panue. | villon portugais, avaient perdu leur qualité de civért | toyens de la Grande-Bretagne; dès lors, tous leurs que, actes officiels remontaient, quant aux conséquences ls légales à en tirer, à la couronne sous la protection md de laquelle ils se trouvaient embarqués.
dis | Douglas visita la rivière de Cook ; Meares se ren- | dit directement au détroit de Nootka, où l'équi- ; que page s’occupa immédiatement de construire une cbée petite embarcation pour faire la traite le long des onda côtes avec les naturels. Voulant mettre à profit ce à par délai pour reconnaîtré le littoral au sud, Meares duit À entra en arrangement avec un des chefs des tribus | riveraines, et en obtint la permission d'élever une UE NI maison pour l'usage des hommes qu’il comptait o: de | laisser derrière lui pendant son absence. ia | . À son retour, Meares retrouva Douglas et son pe- Da la tit bâtiment entièrement achevé; on lui donna le | nom de North-West-America. Il revint en Chine avec com- une cargaïson de fourrures, et laissa des ordres ienne À pour que Ls deux autres bâtiments se rendissent ment VE auxîlés Sandwich pendant l'hiver et revinssent au
: détroit de Nootka au printemps.
s un Dans les mêmes années, les Américains commen sr
cent aussi à porter leurs vues sur le riche commerce
qui tendait à s'établir entre les côtes du nord-ouest s et la Chine. La ville de Boston, qui fut toujours dis- d tinguée pour son esprit d'entreprise, fit alors les de frais d’une expédition commerciale, dont MM. Jo- | P. seph Barrell, Samuel B:own, Charles Bulfinch, u John Darby, Growell Hatch et Joh: M. Pintard P: furent les principaux armateurs. Cette expédition se ét. composa de deux bâtiments : du trois-mâts le Co- lé lombia, de deux cent vingt hommes, capitaine John | Keudrick, et du sloop Lady Washington, de quatre- à vingt-dix tonnes, capitaine Robert Gray, qui mirent P | à la voile le 4° octohre 1787. oi
Le Washington arriva le premier en vue de la côte du nord-ouest en août 1788, par le 46° degré, et | de fut très-près de se perdre sur les brisants à l'entrée
d’une rivière où Gray tenta de pénétrer. Attaqué PR par les indigènes sur ce point, ileut un homme de Fr son équipage tué et un autre blessé ; il fit route au | ti sud-ouest, et arriva le 17 scptembre dans le détroit Ca de Nootka. Le Colombia arriva peu de jours après. à de Ce ne fut qu'après l’arrivée des deux navires amé- | pen ricains que les deux bâtiments de Meares quittèrent | cette rade pour aller hiverner aux îles Sandwich, l'A 1 suivant l'ordre qu'ils en avaient reçu. 1 | Sur ces entrefaites, le gouvernement espagnol o M jueant enfin de l'importance et du développement À N dl que le commerce des pelleteries de la côte nord- | , À ouest de l'Amérique prenait par ses nouveaux rap- l ports ouverts avec Ja Chine, commença à prendre À A
ombrage aux diverses tentatives faiws par plusieurs
ôte », et trée qué e de e au roit rès.
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QUESTICN DE L'ORÉUON. 5s
nations de s'établir sur cette côte, en dépit de ses titres et de ses droits primitifs. Il expédia, en 1788, de San-Blas, deux navires, sous les ordres respectifs fe Estevan Martinez, qui avait été pilote de Juan Perez en 1774, et de Gonzalo Haro. Ces deux navires jetèrent l’ancre dans les eaux du détroit du Prince-VWVilliam, le 25 mai 1788. Haro visita les établissements russes de Codiak, et Martinez explora le détroit du Prince-William. Ils firent ensuite route ensemble le long de la côte orientale de la prenière rade d’Alieska jusqu’à Uneloshka, la plus grande dus îles aleutiennes, et retournèrent au port San-Blas.
En mai 1789, Martinez prit possession, au nom 19% de ia couronne d’Espagne, du détroit de Nootka, ainsi que des bâtiments qui y étaient engagés à faire le commerce avec les naturels ; il remplaça le drapeau ‘anglais par celui de l’Espague, et maintint ainsi la suprématie des droits de Sa Majesté Catholique sur tout le littoral américain des bords de l’océan Pacifique, depuis le cap Horn jusqu’au 60° degré de latitude nord.
Enfin il se rendit au Mexique avec ses trois prises, l'Argonaute, la Princesse-Royale et le North-West-Americu alors confiés aux ordres de Viana et de Douplss.
Ces actes d'autorité eurent lieu dans la baie de Nootka en présence des navires américains le Colombia et le Washington dont les officiers n’eurent qu'à se louer de leurs rapports avec les commandants espagnols.
Cet acte de pouvoir et d'autorité de l'Espagne 30
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ÿ4 QUESTION DE L'ORÉGON,
créa entre les deux gouvernements de grandes difficuliés qui ne purent être arrangées que par Ja convention conclue en 1790, dite Convention de Nootka, et par laquelle l'Espagne consentit à restituer toutes les propriétés saisies aux Anglais, et leur accordait en outre une indemnité de 1 milliou de francs.
Voici, du reste, la substance des principaux articles de ce traité :
Il fut convenu, par le 1°" et le 2° article, que les constructions et les terres sur les côtes nord-ouest de l'Amérique, dont des sujets anglais avaient été dépossédés par un officier espagnol, au mois d'avril 1789 , seraient restituées; qu'en outre réparation équitable serait offerte pour tous actes de violence ou d'hostilité commis par les citoyens de chaque pays contre les citoyens de l'autre postérieurement au mois d'avril 1789 ; et dans le cas où des sujets des partis dénoncés auraient été, depuis celte période, dépossédés par force de leurs terres, bâtiments ou autres propriétés sur la côte américaine, ils seraient réintégrés dans tous leurs droits avec une juste indemnité pour leurs pertes.
Le 5° article stipulait qu’à l'avenir les sujets des deux pays ne seraient point inquiétés soit pendant leur navigation ou dans leur pêcherie de la mer du Sud ou océan Pacifique, ou dans leur débarquement sur des points du littoral non occupés en vue d'y fonder des établissements ou pour commercer avec les naturels.
Les deux gouvernements nommèrent des commissaires qui reçurent mission de se rendre à la rade
QUESTION DE L'ORÉGON, 5h
de Nootka pour y déterminer l'importance des indemnités à allouer et l'étendue des propriétés à restituer aux sujets anglais.
Cette mission fut confiée par le gouvernement anglais au capitaine Vancouver, qui reçut en outre de l'amirauté dés ordres spéciaux d'examiner toute la côte américaine depuis le 35° jusqu'au 60° degré nord, de juger de l'étendue des établissements déjà formés sur cette côte par des nations européennes; enfin de s'assurer s’il existait un passage navigable entre les deux océans, Atlantique et Pacifique, par le nord.
Le gouvernement espagnol donna ses pleins pouvoirs à Quadra.
Pendant ces deux dernières années, le capitaine américain Metcalf, de New-York, visita avec ses deux fils les côtes du nord-ouest, avec deux navires, dont une petite goëlette, la Belle-Américaine, qu'il avait achetée à Canton. Cette goëlette fut srisie dans le détroit de Nootka par le commandant espagnol Martinez, maisrendüe peu de temps après à son pro priétaire. ©a Belle-Américaine ayant eu tout son équipage détruit par les indigènes de Kawaihas, une des îles Sandwich, Metcaif se détermina à retourner aux Etats-Unis.
À la même époque, le capitaine Billings fit un voyage à la côte du nord-ouest pour les Russes; Quimper et Alexandre Malaspina pour les Espagnols, et le capitaine Marchand, de Marseille, pour le compte d'une compagnie francaise.
Enfin un grand nombre de bâtiments anglais et
ne
américains se livrèrent avec activité au commerce des côtes du nu:d-ouest. Parmi les Anglais, le capitaine Brown paraît s'être le plus distingué par les renseignements utiles qu’il fournit sur cette côte à Vancouver lui-même.
Cependant, l'expédition américaine 'était rentrée à Boston après un voyage peu fructueux; nrais ses intelligents armateurs, loin de se laisser décourager par ce premier résultat, se décidèrent à réexpédier aussitôt /e Colombia aux côtes du nord-ouest, pour y poursuivre leur commerce et de nouvelles tentatives de découvertes.
#90 Le capitaine Gray reprit la mer en mai 1790; il
fut suivi par le capitaine Joseph Ingraham, son second, monté sur un brick de soixante-dix tonnes ; deux autres navires, le Hancock, capitaine Crowel, et le Jefferson, capitaine Robert, firent partie de l’expédition. New-York envoya, d'ins la même année, le capitaine Magee sur le Margaret.
Ingraham découvrit, pendant sa navigation dans la Pacifique, entre le 8e et le 18° parallèle de latitude, un groupe d’iles auxquelles il donna les noms de Washington, Adams, Franklin, Knox, Fédéral et Lincoln.
Le capitaine Gray arriva dans la Pacifique au printemps de 1791, reconnut le cap Mendocino, d’où il fit route, le long de la côte, pour la baie de Nootka. Il remarqua, par la latitude 42° degré, une espèce d’embouchure de fleuve, où il tenta vainement d’entrer, tant était grande la force du courant qui en sortait.
ère . Le 15 juin, il jeta l’ancre dans le port de Clycquet, api- dans le détroit de Nootka, examina la côte entre le rss 54° et le 56° degré, pénétra plus de dix lieues dans né: à le détroit, qu’il nomma canal de Massachussets, et revint hiverner au port de Clycquet, où, ayant itrée acheté des terres aux indigènes, il éleva le fort Deéà: se8 fiance, et construisit la goëlette l'Entreprise. ager Dans la même année, le capitaine anéricain Kendier drick acheta, de quelques chefs indiens, des terres pour sur le détroit de Nootka. Les propriétaires de ce bâ- >nta- timent cherchèrent, sans succès, en 1793, à vendre À ces terres en Angleterre. Le capitaine Kendrick per- O;il À dit la vie dans une des îles Sandwich, et son navire son ne revint jamais aux Etats-Unis.
nes ; Au printemps 1792, le capitaine Gray reprit de 1792 let À nouveau la mer sur le Colombia ; il cingla vers le sudexpé- | ouest, tandis que le capitaine Harwell, son second, ée,le À se dirigea, sur la goëlette l’Aventure, vers l’île Charlotte. Gray rencontra, le 29 avril, près de l’emboudans chure du détroit de Juan-de-Fucs, Vancouver, qui lati- | était parti d'Angleterre en janvier 1791 sur la Décounoms verte, et accompagné par le lieutenant R. Broughton, al et | sur le brick le Chatham. IL lui communiqua les détails de ses découvertes sur les côtes, le long desprin- quelles Vancouver avait navigué sans faire aucune ’où il observation, et lui annonça qu’il était entré dans un otka. détroit par le 54° degré et demi nord, et l’avait respèce | monté jusqu'au 56° degré sans avoir aperçu sa fin. d’en- < Déterminé à s'assurer de la nature des découvertes ui en : antérieurement observée: par lui, le capitaine Gray
cingla très-près des côtes, en se dirigeant au sud-
xs QUESTION DE L'ORÉGON.
ouest, et le 7 mai on signala de nouveau de son bord les mêmes brisants vers la côte précédemment vue par le 46° 58 nord. Bientôt on s'assura que ces apparences de l'entrée d’un grand fleuve étaient réelles : il manœuvra alors pour en franchir l'entrée et y parvint heureusement, y pénétra et y mouilla. La baie où il jeta l'ancre reçut le nom de rade de Bulfinch, en l'honneur d’un des propriétaires.
Le 11, à sept heures et demie, il franchissait la barre du grand ‘luve de l'Orégon, qu’il appela Colombia, du nom du bâtiment qu'il montait; il's’avança dans cette rivière pendant une certainé distance, et reconnut qu’elle déchargeait une immense quantité d’eau fraîche à la mer; il y séjourna jusqu'au 20, temps pendant lequel il effectua plusieurs débarquements pour reconnaître les atterrages.
Au capitaine Robert Gray revient donc de fait l'honneur de la découverte de l'Orégon et d’avoir, le premier, navigué dans ses eaux, comme aussi d’avoir rempli les conditions nécessaires pour établir les titres des Américains à la découverte et prise de possession de ce fleuve américain. Il donna un nom au fleuve, en releva l'entrée, et désigna la pointe septentrionale de son embouchure par le nom de cap Hencock, précédemment »ppelée par Meares, en 4788, cap Désappointement, et la pointe méridionale par le nom de cap Adams.
Ayant effectué cette découverte, Gray fit voile vers la côte est de l’île de la Reïine-Charlotte, où son navire toucha sur un rocher qui lui causa de grandes avaries. IL parvint cependant heureusement au dé-
troit de Nootka, où arriva presqu'en même temps son second, le capitaine Ingraham, Le capitaine Gray communiqua officiellement le résultat de sa découverte au commandant espagnol Quadra, et en septembre retourna, avec le capitaine Ingraham, aux Etats-Unis.
En vue de l'exécution de la mission qui lui avait été confiée par son gouvernement, Quadra interragea le capitaine américain Gray sur la nature des transactions, à sa connaissance, qui pouvaient avoir eu lieu entre les Anglais et les chefs indiens, pour l'acquisition de terres, et leurs droits d'élever des constructions sur la baie de Nootka. Le capitaine Gray répondit que lui et les siens avaient eu de fréquents rapports avec le chef de la tribu indienne Maquinna pour plus de neuf mois ; mais qu’il n’avait jamais eu connaissance que les Anglais eussent acheté des terres des Indiens, et que la seule construction qu'ils aient vue à leur arrivée, était une cabane de sauvage qui avait été détruite longtemps avant l'arrivée des Espagnols.
Le commandant portugais Vienna confirma ces dépositions.
D'après ces témoignages, le commissaire espagnol se crut fondé à soutenir que les Anglais n'avaient aucun droit à des restitutions d'aucun genre.
En conséquence, Quadra fit une communication dans ce sens à Vancouver dès son arrivée sur la rade de Nootka. Néanmoins, pour témoigner de son désir de terminer leurs différends à l'amiable, il proposa de céder, pour le présent, aux Anglais, les ter-
rains sur lesquels Meares s'était établi en 1788, et de
leur abandonner en outre les constructions élevées depuis par les Espagnols, ainsi que les terres culti- D vées par eux, et d'attendre la décision de leur gou- Ms vernement respectif sur les prétentions soulevées pk par les Anglais. .
Quadra ne put s'entendre avec Vancouver sur l'interprétation que ce dernier prétendait donner L aux termes de la lettre du comte Florida Blanca. ü Vancouver soutenait que la Grande-Bretagne avait droit de domination absolue, par le fait même des cé ordres du ministre espagnol, sur tout le territoire arrosé par le golfe de Nootka : Quadra, au contraire,
maintenait que l'Angleterre n'avait droit qu'à la restitution de la propriété des parcelles de terres achetées par Meares aux Indiens et des cabanes qu'il avait pu y élever.
Les deux commissaires se séparèrent donc sans que la remise officielle pût avoir heu. Nootka continua d’être considéré comme port espagnol ; mais les Anglais en conservèrent la possession de fait !
Sur les renseignements reçus du capitaine Gray, Vancouver envoya, en octobre 1792, le capitaine Broughton reconnaître l’entrée du grand fleuve découvert par Gray ; il réussit dans cette expédition ; reconnut la rade de Bulfinch, entra dans la Colombia, débarqua sur son rivage et en prit possession au nom de son souverain, tout comme si ce pays fût resté inconnu jusqu’à son arrivée; prétendant d'ailleurs que Gray n’y était point entré comme lui, mais avait pris une large baie pour l'entrée de ce fleuve.
de rées ltiourées
sur ner CA.
vait des pire ire, \ la rres
qu'il
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l'a; aine déon; omsion fût ailnais Ave.
Vancouver poursuivit sa route vers le nord-ouest, entra dans le détroit de Juan de Fuca et le traversa en entier ; il s’assura ainsi de l’exactitude de la description que le pilote grec Juan de Fuca avait faite de ces lieux. Cette circonstance contribua à maintenir le nom du célèbre pilote pour désignation de ce détroit.
Toutefois, ce navigateur donna au territoire entier arrosé par les saux du détroit de Juan de Fuca le nom de Nouvelle-Georgie, et prit possession de toute cette partie du continent américain, sur les côtes du nord-ouest et des îles adjacentes au nom de son souverain, et donna à tous ces points de nouveaux noms commémoratifs de la famille royale, des ministres, du parlement, de l’armée et de la marine de la Grande-Bretagne.
Par les détails circonstanciés que je viens de rap peler sur la découverte et les établissements formés sur les côtes du nord-ouest, il reste démontré, je pense, d'une manière incontestable qu'aucun des points de cette côte ou des îles adjacentes n’a jamais été occupé par les Anglais antérieurement à la fondation par les Espagnols, en mai 1789, du port de la baie de Nootka.
L'abandon ultérieur de la propriété de la baie de Nootka fait, en 1795, aux Anglais par les Espagnols, n’emporte avec lui, du reste, suivant le 3° et le 5° article de la convention intervenue à ce sujet, que des droits, communs avec les Espagnols, à débarquer et commercer sur des points de la côte au nord du port de San-Francisco.
Nous avons suivi scrupuleusement, dans leur or-
dre chronologique, les diverses expéditions qui ont été tentées ou faites en vue de reconnaître les côtes du nord-ouest ou d’y fonder des établissements, Nous résumerons, dans le même ordre et dans le même esprit, la série de voyages faits à l’intérieur dans le même but.
Nous ferons remarquer qu’en vue de s'assurer le monopole du commercedes fourruresdansles régions nord-ouest de l'Amérique, la célèbre compagnie dela baie d'Hudson s'était adjoint de nouvelles recrues, en 1784, parmi les Canadiens, sous la dénomination de compagnie du Nord-Ouest de Montréal. Elle absorba, de la même manière, plusieurs autres associations formées ultérieurement dans les mêmes intentions,
Toutefois la compagnie du Nord-Ouest retint sa constitution séparée pendant quelques années. Dans l'origine, le capital de cette compagnie fut d'abord divisé en seize actions ; puis porté plus tard à vingt; enfin à quarante. Une certaine portion de ces actions appartenait aux agents résidants à Montréal, qui fournissaient les capitaux nécessaires à l’exploitation. Le reste des actions était réparti entre des propriélaires où partners, qui étaient chargés de l’administration des affaires de la compagnie aux postes ou forts dans l'intérieur, et des employés ou commis, trafiquant directement avec les Indiens.
Les employés ou commis étaient, pour la plupart, de jeunes Ecossais entrés au service de la compagnie pour cinq ou sept ans. À l'expiration de ce terme d'apprentissage ils étaient admis dans la compagnie comme propriétaires,
né Les employés subalternes, tels que guides, interlos prèles où voyageurs, étaient recrutés parmi les Canail diens. Les voyageurs servaient à la fois comme por: PE teurs et, comme bateliers sur les rivières. Tous ces le employés étaient retenus dans les intérêts de la
compagnie par l'espoir d'avancement.
Les agents importaient de l'Angleterre les marchandises pour trafiquer avec les Indiens; celles-ci étaient ordinairement arrangées en ballots de 45 à 50kilogrammes. Les pelleteries envoyées en échange étaient du même poids à peu près.
Il s'écoulait, d'ordinaire, quatre ans entre le temps où un ordre était donné par les résidents en Amérique et sa réalisation.
Alexandre Mackensie, un des propriétaires, commandant au fort Chipewyan, un de ses postes sur le lac Athabosca, entreprit, en 1789, pour le compte de cette compagnie, un des plus aventureux voyages à la recherche, par terre, des rivages de l’océan Pacifique.
Le lac Athabosca, sur les rives duquel était établi le poste où résidait Mackensie, a près de 200 milles de large de l’est à l’ouest, et 13 milles de largeur moyenne; il est situé vers le 59 uegré nord, à moitié route entre l’océan Pacifique et la baie d'Hudson.
Mackensie s’embarqua, en juin, sur la Rivière des Æsclaves, entra dans le grand lac des Esclaves, et découvrit une grande rivière à laquelle il donna son nom; puis descendit le cours de cette rivière, pendant près de 900 milles, dans la direction du nord-
Deer
ouest, jusqu’à son débouché à la mer; trois mois après, en septembre, il était de retour au fort Chipewyan.
“2 En 1792, Mackensie entreprit son second voyage pour le compte de la compagnie du nord-ouest, à la recherche des sources de la Colombia, et dans le but d'étendre le champ de ses opérations commerciales avec les Indiens au delà des montagnes Rocheuses. Il se mit en route le 10 octobre, remonta l’Unjegala ou rivière de la Paix, jusqu'au pied des montagnes Rocheuses, où il hiverna. En juin, il reprit le cours de son voyage, continuant de remonter cette rivière jusqu'à ses sources par le 54° degré, traversa un partage d’un demi-mille, et s'embarqua sur une autre rivière appelée par les Indiens Tacontahutessee, ou la rivière Frasier, et la descendit pendant environ 210 milles, croyant être sur la Colombia ; mais les difficultés de la navigation devinrent telles, qu’il fut obligé d'abandonner le cours de cette rivière,
| et de chercher à gagner par terre, en suivant une
1 direction sud-ouest, les rivages de l’océan Pacifique,
| ms qu'il atteignit, le 22 juillet 1793, par le 22-23° 43’ au nord de l’île de Quadra et Vancouver, à environ cent cinquante lieues au nord, par conséquent, de l'embouchure de la Colombia, et un peu plus d'un an après que Robert Gray était arrivé lui-même à l'embouchure de ce fleuve et l’avait exploré.
La rivière prise par Mackensie pour la Colombia n'était autre que le Frasier, qui a ses sources plus au nord et vient se jeter dans le détroit de Juan de
Fuca près du canal Puget.
RE
RIT EE LC Os
7e Mackensie retourna à son poste plus directement
ihi- et y arriva en août.
Malgré l'authenticité de ces faits, les Anglais n’ont
JR jamais hésité à affirmer que Mackensie était le pre-
si mier voyageur qui eût découvert et exploré le cours > but supérieur de la Colombia.
iales En 1794, Trudeau, citoyen de Saint-Louis, fit, 47 ec sous le gouvernement espagnol, un voyage vers les egala montagnes Rocheuses. Vers la même époque et sous ue le même gouvernement, Manuel Lisas faisait avec le rit le nord-ouest un commerce avantageux de fourrures. ere Les Russes commencèrent à tourner leurs vues bis sur le commerce profitable des pelleteries, en Amé- . rique, vers cette époque, et tentèrent de fonder sur
le littoral du nord-ouest le célèbre établissement de Sitca en 1799. Détruit par les indigènes, il fut re- 1190 fondé en 1805 en même temps que ceux de Unalashka et Kodiak. |
Le gouvernement russe envoya alors une expédition vers les côtes du nord-ouest dans le but de donner à ses établissements d'Amérique tout le développement dont ils étaient susceptibles. Cette expédition fut confiée aux capitaines Krusenstern et Lisiensky, qui firent un voyage de circumnavigation et retournèrent à Crosntadt en août 1806.
Les Russes, réclamant alors dro:: de souveraineté sur toute la côte nord-ouest du continent américain depuis le détroit de Bering jusqu’à l'embouchure de la Colombia, voulurent imposer aux navigateurs ct
viron ais les
trafiquants américains certaines restrictions sur les droits que ces derniers revenaiquaient de commer-
4 cer librement avec les indigènes le long de cette ‘fi côte. Des négociations furent entamées à ce sujet 44 entre le gouvernement russe et M. Adams, l’envoyé l américain à Saint-Pétersbourg. Mais jamais le gouvernement sméricain ne voulut concéder aucun de € ses justes droits au gouvernement russe. ë
ws Nous approchons maintenant de l’époque la plus t important. de l’histoire de l'accroissement de pros- t périté de la république américaine, celle où, par un | b Dai de ces revirements inexplicables de la fortune, le ; ti gouvernement français se crut obligé de confier à | te d’autres mains les destinées d’une de ses plus bril- | de lantes colonies. La session de la Louisiane aux États- de Unis eut lieu le 3 avril 1805. | m À Par ce trop cé/èbre traité les États-Unis devinrent | mi L les héritiers légaux des droits et prétentions de la les France sur les vastes régions de l'occident à l’ouest ré du Mississipi. né Jetons, en effet, un coup d’œil rétrospectif sur la ré filiation des faits relatifs aux possessions de la France EE àp sur Je continent américain. Nous trouvons d’abord ; la que Louis XV avait accordé en 1712 à Antoine Cro- | ( A | zat le monopole commercial sur tout le territoire À d'I f dit de la Louisiane, par un édit qui porte la date du KE à1 al 14 septembre. Co Ce décret est ainsi conçu : de « Nous avons, par ces présentes, signées de notre | de f main, établi et établissons ‘edit sieur Crozat, pour tou 1 faire seul le commerce dans toutes les terres par | co nous possédées et bornées par ie Nouveau-Mexique vin
et par celle des Anglais de la Caroline, tous les éta- sou
blissements, ports, havres, rivières et principalement le port °t havre de l’île Dauphine, appelée autrefois de Massacre, le fleuve Saint-Louis, autrefois appelé Mississipi, depuis le bord de la mer jusqu'aux Illinois, ensemble la rivière Saint-Philippe, autrefois appelée du Missouri, et Saint-Hiérosme, autrefois appelée Quabash, avec tous les pays, contrées, lacs dans les ierres, et les rivières qui tombent directement ou indirectement dans cette portion du fleuve Saint-Louis. Voulons que lesdites terres, contrées, fleuves, rivières et îles, soient et demeurent comprises sous le nom du gouvernement de la Louisiane qui sera dépendant du gouvernement général de la Nouvelle-France, auquel il demeurera subordonné; et voulons en outre que toutes les terres que nous possédons depuis les Illinois soient réunies en tant que besoin est au gouvernement général de la Nouvelle-France et en fassent partie ; nous réservant néanmoins d'augmenter, si nous le jugeons à propos, l'étendue du gouvernement dudit pays de la Louisiane. »
Crozat renonça à ce privilége en 1717, et le pays d'Illinois fut adjoint à la Louisiane, qui fut concédée à la compagnie des Indes orientales, mais mieux connue sous le nom de compagnie du Mississipi ou de Law. Cette compagnie conserva ses titres et droits de possession jusqu'en 1732, époque à laquelle retour en fut fait à la couronne de France. Toutes ces contrées furent alors administrées comme une province française jusqu'en 1763, où elles passèrent sous la domination espagnole. Rétrocédées de nou-
veau, en 1795, à la France, elles furent finalement vendues aux Etats-Unis en 1803.
Immédiatement après cette importante acquisition, le gouvernement fédéral de l’Union s’occupa de faire reconnaître les régions occidentales à l’ouest des montagnes Rocheuses. À Jefferson, alors président de la république, revient l'honneur d’avoir le premier conçu le projet d'étendre la juridiction de À | l’Union sur les contrées que baigne l'océan Paci-
fique. Il dressa lui-même le plan de l'expédition | qu’il projetait, et rédigea les instructions qu’il remit : t aux mains des capitaines Lewis et Clarke, chargés de conduire cette entreprise à bonne fin. h Ces hardis explorateurs devaient remonter le cours du Missouri depuis son embouchure jusqu’à sa d source, et gagner ensuite, par la route la plus di- cl recte, le premier fleuve navigable situé dans les À ” versants occidentaux des montagnes Rocheuses, et | âG de là suivre ce fleuve jusqu'aux rivages du grand Océan. :
wo Ce voyage, commencé le 14 mai 1804, fut exécuté . avec autant d'habileté que de succès. Lewis et ù Clarke étaient accompagnés de quarante hommes : fournis des moyens de se défendre, et chargés de ne | * commettre aucune agression ; ils s’aitachèrent à bien | A connaître les contrées qu ils avaient à parcourir ; ils | à cherchèrent à gagner la confiance des indigènes, é dont ils rencontrèrent de nombreuses nations sur leur route; ils leur apprirent que les Etats-Unis a avaient succédé aux Français dans la possession de br
l: la Louisiane ; qu'ils étaient chargés par leur gouverï
nement de leur apporter paix, appui et protection,
t et de leur offrir comme garantie de ce nouveau pacte qu'ils désiraient former avec eux, des secours L- et des présents pour concourir à leur bien-être. a Alors on leur remit des armes, des uniformes, st des étoifes, enfin des objets divers de première utii- lité, et on fit flotter au milieu d'eux le pavillon le américain en signe de la souveraineté des Etats-Unis, le dont ils devenaient de ce jour les enfants adoptifs. 1 Nos voyageurs représentèrent le but de leur enon 1 treprise comme une visite que le président des Etatsnit | Unis, leur nouveau père, faisait faire à ses enfants A rouges, et ils invitèrent ceux-ci, en reconnaissance, à lui envoyer une députation.
urs Pendant leur voyage et leur séjour à l’occident 180 sa | des montagnes Rocheuses, les capitaines Lewis et bib di- Clarke eurent de fréquentes relations avec les natules rels du pays; ils hivernèrent chez les Indiens Clas- , €t sops, entre les mains desquels ils laissèrent un écrit and qui constatait qu'ils avaient été envoyés par « le « gouvernement des Etats-Unis pour explorer l’inuté « térieur du continent d'Amérique; qu’ils avaient s et « pénétré par la voie du Missouri et de la Colombia mes « jusqu’à l'embouchure de ce dernier fleuve dans e ne « l’océan Pacifique; qu'ils y ‘étaient arrivés le 14 bien | « novembre 1805, et qu'ils en étaient partis le 25 ils | « mars 1806, pour retourner par la même route ènes, « aux Etats-Unis. »
s sur Dans leur voyage de retour, l'expédition se di- Unis
visa en deux panties ; le capitaine Lewis remonta la
n de branche nord de la Colombia, à laquelle il donna uver-
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le nom de Clarke, l’examina en détail ainsi que ses
principaux affluents ; le capitaine Clarke traversa de
la branche principale, la Colombia, nommée aussi L
la Lewis, jusqu’à la rencontre du Yéllou Stone (ri- ;
vière de la Roche-Jaune), descendit cette rivière jus- : d
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qu'à son confluent avec le Missouri, où il rejoignit le parti du capitaine Lewis, et ensemble regagnè-
rent Saint-Louis, où ils arrivèrent le 23 septembre, . après avoir accompli, dans cette expédition pat “ terre, plus dé neuf mille milles.
Tandis que Lewis et Clarke accomplissaient leur P aventureux voyage vers le nord-ouest, le major Zé- j A , P cl badon Pike exécuta également, par ordre du gou- + vernement fédéral, une reconnaissance des contrées : ; SE s* occidentales du Mississipi, en remontant ce fleuve d jusqu’au lac Sandy, par le 49° degré de latitude. En . 1806, le même officier entreprit une nouvelle expé- 7 dition d'exploration; il partit de l'embouchure du il ce!
Missouri, remonta le cours entier dé l’Osage, traversa vers l'Arkansas dont il remonta le cours jus- x dy qu'à ses sources, tandis qu’un autre de ses compa-
. . . . . Q CI triotes, Wilkiosen, descendit la même rivière jus- LE * A Q S qu’à son embouchure; il alla ensuite reconnaître les : a
sources de la Plata, et se rendit au delà des montagnes sur les bords du Rio del Norte, dont il des- 6°
cendit le cours. q Les voyageurs Dunbar, Hunter et le docteur Si- la
bly explorèrent, vers la même époque, le pays tra- Fi
versé par la rivière Rouge et le VVashita, qui arro-
sent l’Etat d'Arkansas et prennent leur source dans “à
le Texas,