‹ Question des espritsChapitre 12 sur 117 · XII NOUVELLES TENDANCES SCIENTIFIQUES · texte numérisé non relu

XII NOUVELLES TENDANCES SCIENTIFIQUES

d'engager, nous laïque, une controverse assez vive avec l'élite de ses maîtres.

Nous pouvions donc nous attendre à tout : |

Or les ANNALES MÉDICO-PSYCHOLOGIQUES, du 4+ janvier 1854, Journal publié alors, sous la direction de MM. les docteurs Baillarger, Brierre de Boismont et Cerise, publiaient un long article qui débutait ainsi: « J'ai lu ce livre d’un bout à l’autre ; il est même des chapitres que j'ai relus, et ma curiosité ne s’est pas démentie un seul instant. L'étrangeté du titre n’est point ici une amorce, comme on en voit sur la Couverture de certains volumes... C’est par-dessus tout un Courage rare, le courage de son opinion, qui, donnant en quelque sorte, une attitude héroïque à une pensée excentrique, impose au lecteur le plus hostile, de la sympathie et du respect. Jamais, dans notre siècle, en dehors des luttes de partis, un écrivain n’a affronté, avec une plus agressive sérénité et une plus grande bonne foi, les Sarcasmes, les dédains de ce qu’on appelle le sens commun, et Comme pour défier d’un seul Coup, tout les fous rires et les haussements d'épaules, il se pose d’emblée et carrément, devant les membres de l'Académie. en leur adressant ce qu’il appelle modestement son mémoire. » Après un long examen de la doctrine en elle-même, qu'il croit à tort répudiée par l’Église catholique (1), M. le docteur Cerise ‘se déclare incompétent pour expliquer « les faits, reconnus authentiques, de Loudun, des Cévennes et de Saint-Médard...» Peut-être le mot impuissant eût-il mieux rendu sa pensée, car si les médecins donnent ainsi leur démission à l’égard de ces névropathies mystérieuses, qui donc les expliquera? Toutefois, c’est à nos savants adversaires qu'il s’en prend, c’est à eux qu'il reproche nos méfaits : « C'est, dit-il, la faiblesse et l’insuffisance de leurs explications qui ont encouragé le surnaturalisme de M. de M... Aussi la partie de son travail où il engage sur ces explications un vif débat avec M. Brierre de Boismont, et surtout avec M. Calmeil, est celle «où l’on ne peut s'empécher de $s'arréter quelques instants pour méditer... C'est là, mais Là seulement (2), que devient séduisante la doctrine surnaturaliste.… » L'article se terminait ainsi :

(1) Les lettres d’évèques, du P. Ventura, et au besoin les paroles de M. de Gasparin , qui nous décerne le titre de « catholiques très-conséquents » , auraient pu rassurer à cet égard M. le docteur C...

(2) Gomme ces débats remplissent à peu près la moitié du volume , cette conces-

sion nous suffit.

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