CHAPITRE PREMIER
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Dé barquement et débuts de la prétendue Faculté.
Il faudra bien que l’histoire le dise :
Vers les premiers jours du mois de mai 4853, toute la France avait la fièvre, et cette fièvre était due au singulier Spectacle qu'elle avait sous les veux. Quelque désir qu’on ait de l'oublier, la mémoire en sera toujours là; le guéridon léger comme la table massive, l'humble corbeille comme la calebasse élégante, le palissandre et le noyer, la porcelaine elle-même etle cristal, s'étaient ingérés tout à coup, sousla simple imposition de quelques doigts, de tourner, de compter, de causer et de deviner ; tout cela avec l’ardeur et l’entrain qui devaient naturellement succéder à six mille ans de repos et de silence obligés.
Toutefois, l'esprit ne venait qu'aux meubles, et nous com-
prenons que dans le principe on ait pu croire à ce qu’on appelait une {ransmission , une soustraction de la pensée, attendu que, s’il y en avait un peu plus d’un côté, de l’autre évidemment 1l y en avait beancoup moins. Le communisme avait gagné la matière, et dans ce partage l’homme ne s'était pas enrichi.
Il ne voyait là qu'une faculté nouvelle.
Nous qui connaissions depuis longtemps la prétendue faculté, qui l’avions décrite et prédite en 1851 (1), qui depuis, la suivions étapes par étapes , épiant le moment de son arrivée pour lui dédier un épais factum qui l’attendait depuis dix ans; nous enfin, qui, conformément à cette attente, voyions un beau jour le steamer américain, le Washington, la débarquer en Allemagne avec quelques-uns de ses premiers mediums (2), nous ne manquions pas d'une certaine compétence pour en parler en juge, et même une seconde fois en prophète.
Nous prophétisions donc, et sans le plus petit mérite, que ces évolutions toutes physiques en apparence n'étaient qu’un véritable” leurre à l'adresse des savants et des crédules, qu'apres les électricités railleuses viendraient les électricités bavardes, suivies à leur tour d’électricités tellement indiscrêtes qu'elles se chargeraient elles-mêmes de révéler tout le mystère (3).
Sans vouloir, comme bien on le pense, insister sur cés prévisions personnelles, il nous est impossible de sacrifier l'argument qu’elles nous fournissent. On ne prédit aussi faci-
(4) 2° édition du Presbytère de Cideville.
(2) Voir sur ce débarquement la note à la fin de ce chapitre,
(3) Nous devons cependant le reconnaître, ces dernières prophéties avaient été gagnées de vitesse par celles de notre excellent ami, M. le comte de Richemont, dont la brochure (le Mystère des tables dévoilé) avait donné en quelques pages, d'une éléganie précision , tout ce qu’il importait de savoir sur les faits américains. À partir de ce moment leurs analogues français commencèrent à s'éclairer d'un nouveau jour , et la voie fut livrée à la circulation.
e la vérité.