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DÉBARQUEMENT ET DÉBUTS

lement, ni l'arrivée d’une faculté nouvelle, ni la révélation subite de quelque grande loi inconnue ; on ne l’étudie pas surtout dix années à l’avance et de manière à arriver tout juste en même temps qu'elle.

Quoi qu'il en soit, des rives de la Baltique à celles du Danube, des bords de la Seine aux embouchurés de la Loire et du Rhône, un phénomène inouï dans ses développements, tout. à fait inconnu dans ses causes, venait de s’abattre sur le monde, comme pour l'intriguer et le confondre. Si nous voulons nous en tenir à la France, nous avons là, sous les yeux, et avec (outes leurs dates, les premières exelamations de sa surprise, et en vérité, nous nous demandons encoré si l'explosion n’a pas eu lieu partout, au même jour, pour ne pas dire à la même heure, Jamais simultanéité ne fut plus complète, jamais télégraphie électrique ne fonctionna plus rapidement.

Après les premiers moments d’une stupeur presque générale, tous les esprits se tournèrent immédiatement vers le magnétisme et vers la science, et nous en sommes fäché pour la science, dans cet appel de la confiance publique, la part du premier était beaucoup plas belle que la sienne.

Pour le magnétisine c'était tout un triomphe, toute une réhabilitation ; on ne voyait plus que des magnétiseurs dé la veille, et peu s’en fallait que la faculté elle-même ne vint lui offrir ses services. « Est-ce bien une force nouvelle qui vient de nous être révélée? disait le docteur Mayer dans la Presse médicale; pour mon compte, je érois que c’est uné manifestation particulière de l'électricité vitale, déjà et depuis longtemps étudiée sous le nom dé magnétisme animal. C'est tout un monde à explorer... Suivons, sans nous laisser rebuter par les obstacles, ce sillon que le hasard nous a montré. Qui sait sil n’y a pas au bout de quoi illustrer toute une génération? »

Aussi, quelle dignité dans la pose de nos magnétiseurs ! quelle satisfaction dans leurs réponses! « La découverte de

Mesmer , disait avec raison M. le baron Dupotet (1), a franchi le cercle tracé autour d'elle par les Popilius de nos académies. Elle est entrée dans le domaine de la grande presse, avec les phénomènes nouveaux, qui, en a corroborant, lui donnent une sanction universelle. Le Journal du magnétisme se trouve débordé... On peut dire avec certitude que ce qui se produit aujourd’hui est un grand événement. C'est un siècle qui commence et qui n'aura point eu son égal. La lumière va luire dans les ténèbres, et les ténèbres comprendront. »

Convenons-en loyalement; ce triomphe était parfaitement légitime. Classés calomnieusement depuis un siècle parmi les charlatans et les jongleurs, les magnétiseurs étaient vengés; leurs faits se trouvaient désormais constatés, et dussent leurs théories et le magnétisme lui-même s’écrouler sur leurs bases par suite de ces nouveaux phénomènes, leurs affirmations étaient du moins vérifiées et leur sincérité mise enfin hors de doute.

Mais aussi pour la science quel coup de massue, quelle aventure ! que de sarcarmes perdus, que d'injures à regretter! Il ne s'agissait plus cette fois de Mesmer et de son fameux secret. Le magnétisme était partout; les charlatans c'était tout le monde; les jongleurs c’étaient les collègues, les amis, la femme et les enfants du savant, et quand par hasard il le voulait, c'était le savant lui-même.

On essaya cependant encore de la bonne et vieille méthode, et l’on proclama timidement « qu’on ne daignerait pas s’occuper du phénomène. » Hélas! c'était trop tard; débordée à son tour, trahie par ses propres organes, saisie de la question par des correspondants terribles, sommée par tous de s'expliquer, la science revint bientôt sur son dire, promit de répondre quelque chose, et chargea de cette mission MM. Chevreul, Boussingault et Babinet. Dure et fatale mission !

(4) Journal du magnétisme, n° du 40 mai 1853.

Entrée de ces faits dans la science. — La Commission. — Le Cosmos. — MM. Bonjean , Faraday et de Gasparin.

Il fallut bien la remplir toutefois, et quelques jours après on reproduisait un ancien et très-remarquable mémoire de M. Chevreul, sur « certains mouvements musculaires, en dehors de la conscience, lesquels aidés par une tendance particulière au mouvement, » pouvaient à la rigueur, et de bien loin, simuler une explication provisoire. Forts de ce travail distingué et voulant l'utiliser à tout prix, MM. Boussingault et Babinet nous aflirmèrent donc très-sérieusement « que le mouvement imprimé à nos tables n'avait d'autre cause que les vibrations invisibles et involontaires du système musculaire des expérimentateurs, la contraction prolongée des muscles se traduisant alors par une série de vibrations et devenant un tremblement visible imprimant à l’objet le mouvement rotatoire. »

Offrir une telle explication à des gens qui déjà se battaient avec leurs tables, — nous allons le voir tout à l'heure, — c'était hardi et léger, et nous n’en voulons d’autre preuve que la protestation récemment faite par M. Chevreul luimême, « que ces explications avaient été appliquées par d'autres que par lui, aux phénomènes des tables tournantes (1). »

M. Chevreul a bien fait de protester, car dès le lendemain c'était à qui proclamerait le plus haut l’insuffisance du rapport, et l’une de nos feuilles médicales (2) en déclarait la théorie « ruinée par le fait du simple changement dans les rapports des petits doigts. »

Ce rapport fut cependant un bienfait; pour la première

(4) De la baguette divinatoire, p. A7.

(2) La Revue médicale.

fois la science mettait la jonglerie hors de cause. « Les tourneurs de tables et de chapeaux, avait-elle dit, sont presque tous de bonne foi, mais ils se trompent, ils croient faire tourner par un acte de leur volonté, mais c'est par une action musculaire, etc., etc. »

Muscles ou volonté, assez peu leur importait. Ce qui devenait plus grave, c’est que, à partir de ce moment, la discorde se glissait de plus en plus dans la science, et la polémique s'y changeait en véritable mêlée. En vain Arago espérait-il obtenir un sursis en risquant sa théorie « de la communication du mouvement tel qu'il l’avait vue s’établir entre deux pendules, » rien n'y faisait, tout cela n'était plus de saison ; et comme l’illustre secrétaire avait déclaré « qu’il ne s'occuperait que des faits admissibles, » le public s’irrita à la pensée d’une dissimulation, et les savants de la presse quotidienne sommèrent assez vertement l’Institut de « leur dévoiler le résultat fout entier de ses investigations. » (4)

Dans le Cosmos (2) c’était bien autre chose; une lutte corps à corps s’y engageait entre M. Pabbé M..., rédacteur en chef, et MM. de Montgollier et Seguin, ingénieurs et physiciens très-distingués. Ceux-ci du moins avaient eu le rare mérite d’expérimenter par eux-mêmes et de signaler loÿalement tout ce qu’ils avaient obtenu. « En vérité, disait le dernier, je crois être sous l’empire d’une haflucination, tant ma raison se refuse à admettre ce que j'obtiens et ce! que je vois obtenir. » Mais, lui répondait le Cosmos, vous ne voyez donc pas que sans vous en douter vous poussez la table; et qu'ains vous imprimez un mouvement, — Au contraire, répondait M. Seguin, « c’est elle qui fait effort contre mes jambes, au point de me repousser et de se briser. Comment dés lors voulez-vous que j'accepte votre explication ? »

Il est de fait que tout cela tournait assez mal, et que de

(4) Voir surtout l'Assemblée nationale du A juin. (2) Id., du 20 mai 4853.

LEUR EXAMEN PAR LA SCIENCE, partet d'autre on commençait à se trouver dans une terrible passe, Sans exagération aucune, la France se divisait en deux camps dont l’un disait à l'autre, « vous poussez, » el dont l’autre répondait, « mais au contraire, on me pousse el l’on m entraine. »

Et le merveilleux de la chose, c’est que la France n'était pas seule. On poussait et l’on était poussé partout! À Chambéry, M. Bonjean, membre de | Académie royale de Savoie, à Vienne le baron de Reichenbach, en Écosse les docteurs Grégory, Holland et Carpenter, en Angleterre lillustre Faraday, ete., constataient le phénomène physique. Pour l'expliquer, les uns hasardaient les mots de suggestion de biologie, les autres ceux d’automatisme et de vibration, inventions plus ou moins malheureuses, qui chaque matin fondaient comme la neige au lever d'une expérience nouvelle.

Aussi ce fut vraiment un spectacle déplorable, que de voir un homme comme M. Faraday compromettre sa grande et juste réputation européenne , avec une légèreté que l’on ne pardonnerait pas à un élève. Encore, s'il eût daigné expérimenter lui-même, et ne pas se contenter du rôle d’observateur; car enfin, du moment où 1l admettait une réalité physique et prétendait en donner l'explication à la Société royale de Londres , en quoi donc était-il déshonorant de s asseoir bourgeoisement (1) à l’une de ces mêmes tables qui préoccupaient toute l’Europe? Ne se livrait-il pas chaque jour à des expériences bien autrement bourgeoises et mille fois moins importantes, ne fût-ce qu'en raison de l’engouement général? Quoi qu’il en soit de ses raisons de prudence et de dignité, voici le procédé qu’il employait. Pour mieux prouver aux expérimentateurs la réalité de leur

(1} Expression du Journal des Débats (15 juillet). « Necroyez pas , disait M. Foucault, que le grand physicien se soit installé bourgeoisement devant un guéridon.» Hélas! s’il l’eût fait, il eût probablement dit tout le contraire de ce que son abstention lui à fait dire, et sa gloire ne s’en füt pas trouvée plus mal.

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e FAITS ET THÉORIES PHYSIQUES.

propre impulsion , il établissait plusieurs disques en carton unis entre eux et à la table par un mastic à demi dur, qui assurait l’adhésion tout en cédant à une impulsion longtemps prolongée. Or, la table ayant tourné, oui, tourné devant M. Faraday, ce qui est toujours bon à recueillir, on enlevait les disques qui, se trouvant avoir glissé peu à peu les uns sur les autres dans le même sens que la table, démontraient, disait-on, que les expérimentateurs avaient poussé.

Nous cherchons encore, à l’heure qu’il est, quelle conclusion le grand physicien pouvait tirer d’un semblable argument, car du moment où l’on admettait une action partie ou non partie de l'opérateur, le phénomène était toujours le même et tout cela ne prouvait qu’une seule chose, à savoir, que l'impulsion tournante, quelle qu'elle füt, s’était communiquée d’abord et plus intense, aux disques qui se trouvaient sous les doigts actionnés, puis par suite à la table, qui plus éloignée qu'eux n’en avait pas moins fini par tourner à son tour. M. Faraday n était pas plus heureux en fournissant aux expérimentateurs un petit instrument, qui les avertissait immédiatement de leur moindre impulsion personnelle, ou plutôt, suivant ses expressions, du moment où ils passaient de l'état passif à l’état achf. Cette aiguille qui trahissait le mouvement actif, ne prouvait toujours qu’une seule chose, l’action d’une force qui venait d'eux, ou se servait d'eux ; et qui donc avait jamais dit qu'iln y en eût pas ? Tout le monde la reconnaissait, au contraire, soit encore une fois qu’elle passat par l'opérateur, comme cela se voyait presque toujours dans le principe, soit qu'elle se passât complétement de son medium, comme cela se voit le plus souvent aujourd'hui. Tout le mystère de la chose consistait dans la disproportion de la force employée par ces pousseurs malgré eux, avec certains effets de rotation ou plutôt de courses vraiment merveilleuses ; dès lors comment voulait-on que toutes ces expériences lilliputiennes conservassent quelque valeur dans ce nouveau pays des géants ?

Au reste, lorsque M. Faraday «rougissait quelque peu d'avoir publié de telles recherches, » nous l'en crovions sur parole, et nous comprenions encore mieux que devant les très-nombreuses objections qu’il pressentait à l’avance, il se fût promis « de ne pas répondre un seul mot. » Il y a des thèses qu’il ne faut pas trop développer.

M. le comte Agénor de Gasparin a donc mille fois raison, lorsqu'il dit à propos de ces expériences : «Si nous en étions restés à ces phénomènes, nous aurions bien fait de nous laire, mais nous avons passé plus avant, et quelle figure font aujourd’hui, je le demande, les appareils démontrant que la pression involontaire explique tout? elle explique tout et la table résiste aux commandements ! elle explique tout, et un meuble que personne ne louche, suit les doigts tendus au-dessus de lui ; il‘se dresse et il se renverse! » (1)

Ah! comme nous comprenons bien encore l’indignation du même auteur lorsque après avoir raconté les faits dont il avait été si souvent le témoin et l’acteur, il tançait le Journal des Débats de son impertinente proposition de renvoyer aux tncurables tous ceux qi resteraient inébranlables devant la fine analyse de M. Faraday. « Prenons-y garde, lui répondait M. de Gasparin, les représentants des sciences exactes risquent de devenir, autant que faire se peut aujourd’hui, les inquisiteurs de notre temps... Les faits sont plus forts que les académies. Repoussés, niés, moqués, ils n’en subsistent pas moins... On ne les arrête pas en leur opposant des fins de non-recevoir, des appréciations passionnées ou des réfutations dérisoires. (2) »

Et comment voudrait-on que M. de Gasparin ne fût pas indigné, lui qui apportait ou devait apporter plus tard au catalogue des faits physiques, les quelques affirmations suivantes :

« Les expérimentateurs ont vu parfois les pieds de la table ,

(4) Des Tables ,t. 1, p, 116.

(2) Id., p. 243.

collés en quelque sorte au parquet, ne s’en détacher à aueun prix, malgré l’excitation des personnes qui forment la chaine. Puis, 1ls ont vu d’autres fois ces tables accomphr des soulevements francs, énergiques.… Ils ont entendu de leurs oreilles les grands coups et les petits coups, les premiers qui menacent de briser la table, les seconds que l’on a peine à saisir au passage.

.« « Quant aux SOULÈVEMENTS SANS CONTACT, nOuS avons trouvé un procédé qui en rend le succes plus facile. La chaîne formée à quelques hgnes au-dessus du plateau, s'arrange pour marcher dans le sens où le mouvement doit avoir lieu. C’est pendant cette progression de la chaîne, c’est pendant que toutes les volontés sont fixées sur une tache particulière du bois, et que les ordres de soulèvement sont proférés avec force, que le pied quitte le sol, et que le plateau suit les mains , au point de se renverser si on ne le retient.

« Ceci n’a pas été un résultat isolé. Nous l'avons reproduit trente fois environ...» (1)

« ,«... Un jour la table tournera et lèvera les pieds, chargée qu’elle sera d’un homme qui pèse 87 kilogrammes ; un autre jour elle demeurera immobile, quoique la personne qui y est montée n'en pèse que 60 (2).

« .….. Un jour, nous lui avons ordonné de se renverser entièrement , et elle est tombée les pieds en l'air, bien que nôs doigts s’en fussent toujours tenus séparés et Feussent précédée à la distance convenue (3). »

Il est certain qu’un homme blasé sur de tels phénomènes ne pouvait accepter la fine analyse du physicien anglais, applicable tout au plus à quelques-uns de ces jouets tourpants, qui servent à amusement des marmots.

Quant à la confiance que peuvent mériter ces dernières expérimentations, elle ne saurait être incomplète, lorsqu'on

| 2) Id., p. 24.

voit avec quels soins, quelle infatigable loyauté l’auteur

enregistre dans ses procès-verbaux jusqu'aux moindres nuances de succès et d’insueces. D'ailleurs, 1l n’est pas seul ; il appelle à lui tous les bons yeux qui l'entourent, et commeil faudrait, pour croire à une mysülication, que «Valleyres (son pays } füt en entier composé de prestidigitateurs s'amusant à ses dépens, ce qui s’appellerait remplacer une grande difficulté par une supposition absurde, » nous le croyons fermement sur parole. Nous respectons trop le témoignage humain et ses règles, nous prisons trop cet accent et ce cachet inimitables de véracité qui ne trompent jamais, pour qu’il en soit autrement. Seulement nous ne croirons pas trop lui demander tout à lheure, en le priant de n’oublier ni ses principes , ni ses paroles n1 les nôtres.

MM. Babinet et Rayer (membres de l’Institut). — Les Coups (Knockings) expliqués selon le premier par une immense improvisation de ventriloques, et selon le second par le déplacement subit et bruyant de quelques milliers de tendons musculaires. — Énormités scientifiques professées par les maitres.

L'année philosophique s'était cependant achevée tant bien que mal, entre toutes ces pratiques et toutes ces discussions , lorsque M. Babinet ( de l’Institut) crut devoir rompre à nouveau deux lances sur une question qu’il connaissait fort mal, bien qu'il l'eût énormément étudiée.

On le sait, M. Babinet est un de nos savants les plus distingués , et, de plus, homme d'esprit, comme il est aisé de s'en convaincre par et malgré les deux articles dont nous allons parler. Si ces deux articles, publiés dans la Revue des Deux Mondes le 45 janvier et le 4% mai 1854, ont très-peu réussi dans la presse scientifique , en revanche ils n’ont pas réussi du tout dans la presse quotidienne , qui en est encore à se demander quel est celui des incroyants ou des croyants,

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des ignorants ou des savants, dont l’auteur pouvait espérer quelque chose.

Quant à nous, ces deux articles nous avaient profondément attristé; il faut bien le dire, nous espérions beaucoup de M. Babinet, le croyant très-facile à l’endroit des faits étonnants, et cette illusion nos lecteurs en trouveront l'excuse el la raison dans la note ci-jointe. (1)

(4) Dans notre récit du Presbytère de Cideville, ou plutôt à propos de faits du même ordre, accomplis dans le voisinage , nous avions reculé devant les détails suivants : A l’heure même prédite par un sorcier, un violent coup de tonnerre s'était fait entendre au sommet de l’une des cheminées du presbytère, après quoi le ?uide était descendu avec un fracas épouvantable dans cette cheminée, avait renversé les croyants et les dénégateurs qui se chauffaient devant elle, et, après avoir rempli la chambre d'animaux fantasti. ques , était reparti par la même voie, et non moins bruyamment.

Oui, nous trouvant déjà trop riche, nous avions reculé devant cette nouvelle énormité ajoutée à tant d’autres.

Mais, s’il faut en croire le récit suivant, M. Babinet, lui, se trouvait trop pauvre en faits merveilleux, et s’estimait encore heureux de glaner où nous avions si largement moissonné.

Ce récit, fait par lui à l’Académie des sciences le 5 juillet 1852, se trouve consigné en outre, sans commentaires, et comme un exemple d’éclair en boule, dans les OEuvres de F. Arago, t. 1, p. 52.

Attention !

«Après un assez fortcoup de tonnerre, dit M. Babinet, maisnon immédiatement après, un ouvrier tailleur, habitant la rue Saint-Jacques, dans le voisinage du Val-de-Grâce, était assis à côté de sa table, et finissait de prendre son repas, lorsqu’il vit tout à coup le châssis garni de papier, qui fermait la cheminée, s abattre comme renversé par un coup de vent assez modéré , et un globe de feu gros comme la tête d’un enfant, sortir tout doucement de la cheminée, et se promener lentement par la chambre, à peu de hauteur des briques du pavé. L'aspect du giobe de feu était celui d’un jeune chat, de grosseur moyenne , pelotonné sur lui-même , et se mouvant sans être porté sur ses pattes. Le globe de feu était plutôt brillant et lumineux qu’il ne semblait chaud et enflammé , et l’ouvrier n’eut aucune sensation de chaleur. Ce globe s'approcha de ses pieds comme un jeune chat qui veut jouer et se frotter aux jambes , suivant l’habitude de ces animaux ; mais l’ouvrier écarta les pieds, et par plusieurs mouvements de précaution, mais tous exécutés très-doucement , il évita le contact du météore. Celui-ci paraît être resté plusieurs secondes autour des pieds de l’ouvrier assis qui l’examinait attentivement, penché en avant et audessus. Après avoir essayé quelques excursions en divers sens, sans cependant quitter le milieu de la chambre, le globe de feu s’éleva verticalement à

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