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On ôte un livre de prières qui se trouvait sur la cheminée, et la table y va sans difficulté. |
L'Esprit , interrogé par M. *** et autres, ne répond pas juste sur les dates qu'on lui demande.
Interrogé aussi sur le Paradis, son existence? elle répond : — Oui.
sur l'existence du Purgatoire? — Oui.
sur l'existence de l'Enfer ? Non.
« Tu réponds ainsi pour les tromper ? — Oui.
— Ils ne te connaissent pas ? — Oui.
— Nous te connaissons, nous? — Oui. »
Viennent les expérimentateurs du château de M ***, au nombre de huit.
Au son du piano, la table danse à plusieurs reprises en marquant parfaitement la mesure de chaque danse, faisant glisser son pied, à la mazurka , se balançant à la redowa, elle danse une fois le sturne avec une rapidité telle, que les personnes du cercle magnétique ne peuvent plus la suivre, et elle tombe à terre.
« Quelle danse aimes-tu? — Silence.
— Tu les aimes toutes? — Oui.
— Tu n'as pas de préférence ? — Non.
— Voyons, veux-tu danser le menuet-dauphin?— Non. — Le rigodon ? — Non. — La contredanse ? — Non. — La gavotte? — Non. — La valse? — Oui faible. — La mazurka? — Oui.
— Si tu aimes tant la mazurka, n'est-ce pas parce qu’elle fait faire encore
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plus de péchés à ceux qui la voient danser qu'à ceux qui la dansent? — Oui. »
Après ces questions , on fait danser le guéridon.
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Il danse des polkas, mazurkas , redowas, etc., et finit par se démener outre mesure; ses pieds frappent à terre comme des marteaux, quelquefois sans commandement : bref, c’est un tapage extraordinaire.
Un peu plus tard, on lui fait danser une skottish; il se démène extraordinairement, bouscule la petite fille qui y avait les mains, et la POUSSE A LA PORTE.
La main droite élevée, je dis MENTALEMENT : « Au nom du Dieu vivant, je vous ordonne de sortir d'ici. »
La table reste immobile à l'instant.
Cela s’est répété avec succès trois à quatre fois, et jamais cet exorcisme n’a été prononcé en vain.
« Tout bon catholique, lui dis-je encore, peut avoir sur toi la même puissance que moi ? — Oui.
— Elle ne m’est donc pas particulière? — Non.
— Tu aurais voulu m'inspirer une pensée d'orgueil? — Oui.
— Nous t’ennuyons excessivement? — Oui.
— Mais tu attends quelque faute, même vénielle ? — Oui.
— Cela est bon à mettre au rapport? — Oui.
— Tu resterais vingt ans à attendre un péché mortel? — Oui. »
Ces derniers faits, qui ont eu beaucoup de retentissement, ont emprunté une grande autorité au caractère parfaitement honorable de celui qui les atteste en ce moment. Malheureusement, le retard de ces communications, et l’inexorable appel du typographe, nous empêchent de leur donner la place et le développement qu’elles pourraient mériter.
Voici enfin le résumé d’une longue série de faits, qui depuis deux ans n'ont quitté que par intervalles une maison des environs de Paris. Nous avons
encore la permission de noinmer verbalement les victimes de cette longue obsession.
« En septembre 4853 , un jeune homme , très-fervent catholique, fit tourner
une table avec une de ses cousines, âgée de treize ans et demi, Dès le lendemain, cette jeune personne commença à voir constamment, derrière elle, l’image d’une personne décédée depuis quelques mois, et qui se déclara l’auteur des réponses de la table, Dès lors commença toute la série de ces phéno-
mènes qui révoltent tant M. de Gasparin dans notre récit de Cideville. Ce sont
rar:
des coups frappés sur toutes les parois de la maison, des sonnettes qui vont sans cesse , un piano qui s’agite et gémit comme celui de Genève, une harpe
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qui joue toute seule. La correspondance surtout est incessante. Si l’on écrit, pour peu que l'on pose la plume et que l’on détourne la tête, bien que l’on soit seul dans le salon, on trouve sa lettre achevée ou remplacée par une autre ; bien mieux, des lettres de la même écriture et signées des mêmes noms, vous arrivent toutes timbrées, par la poste; M. Des Mousseaux possède une de ces lettres. Les unes sont signées Kelmitch, les autres Barkouf, prétendu revenant suédois, qui se dit damné pour avoir assassiné sur la route de Stockholm , tel jour et telle année. Puis viennent les scènes d’escamotage : les disparitions d’objets malgré les portes fermées à clé, les meubles, les cristaux, les porcelaines, voltigeant dans les airs sans se casser ; livres, musique, vêtements , jetés au feu, ou sortant par une fenêtre pour rentrer par une autre ; voix criant, PARLANT dans tous les tons, soit en français, soit en anglais. Pendant la prière faite en commun, on paraphrase ainsi le Pater : « Notre Père, qui êtes aux cieux , » disent ces dames ; — « Notre Père, Satan, » répondent les voix blasphématrices ; — «que votre règne arrive, » — «que votre règne n'arrive pas, etc. » Souvent les choses deviennent plus graves, et les molestations sont poussées à un point qui les rend intolérables. Les lits sont abîmés, souillés, bardés d’aiguilles entre les draps, etc. Enfin, les coups et les soufflets par des mains invisibles ne nous font pas défaut ici, et complètent l’analogie ou plutôt la parfaite identité de ces phénomènes, avec ceux du presbytère normand.
« Nous avons été témoin nous-même, en compagnie de M. Des Mousseaux et d’un médecin de nos amis, d’une reprise momentanée , et fort succincte 1l est vrai, de ces curieux phénomènes, constatés au reste par des personnes graves, et attestés en outre par le médecin de la maison , M. le docteur Poirson, auquel nous avons encore permission de renvoyer les sceptiques.
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