L'HORREUR DE L'INVISIBLE ET LE MÉPRIS DU TÉMOIGNAGE
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Fins de non-recevoir de la science. — L’horreur de l’invisible et lé mépris du témoignage étranger, — Vraie théorie du miracle, selon M. Babinet. — Préjugés scientifiques, combattus par de grands maîtres.
Et la science, que répond-ellé à cés faits ? — Qué voulez vous qu'elle réponde ? Vous àvez pu la juger tout à l’heute, à propos du peu qu'elle avait vu; comment pourrait-elle expliquer tout ce qu’elle ne veut même pas entrevoir? Vous aurez beau lui démontrer que ces derniers faits ne sont pas des abstractions ; que, derrière chacun d'eux, il y a des noms, et des noms entourés de tout ce qui pourrait rendre le moindre soupçon d’imposture aussi odieux que ridicule, peu
4) Entraîné pour quelques moments à la suite de nos adversaires, tantôt sur le terrain du surnaturel en général, tantôt sur celui du témoignage humain, tantôt sur celui des attaques et des défenses personnelles, nous avons dù leur consacrer la plus grande partie de ce chapitre. Nous prévenons donc les lecteurs pressés, qu’ils ne rentreront avec nous . dans la discussion toute spéciale de nos tables, qu'au paragraphe 5 de ce chapitre. Dans tous les cas, ils ne pourront nous reprocher des digressions qui ne viennent pas de notre chef, et qui ont d’ailleurs une très-crande importance.
DE LA SCIENCE. 95 lui importe; l’Académie des Sciences s’est créé, pour son usage particulier, deux principes qu’elle n’abdiquera pas facilement, la NÉGATION DE L’INVISIBLE et le MÉPRIS DU TÉMOI- GNAGE ÉTRANGER. Tout le monde convient que, renfermés dans leurs bornes légitimes, ces deux principes peuvent offrir de fortes garanties contre l'erreur, mais ce qu’on ne saura jamais asséz, c'ést Combien dé fois leur exagération a garanti contre des vérités du pretñier ordré, ces mêmes hofhmes qui, nous devons le reconnaître, consacrent toute leur vie à la recherche de celles-ci:
Et qu'on le sache bien; lorsque nous reprochions à uñe science — que personne n'aime et n’admire, d’ailleurs, plus que nous, — son horreur de l'invisible et Son mépris du témoignage, nous nous gardons bien de restreindre ces deux reproches aux questions surnaturelles: Si noôüs avions plus dé marge devant noûs, et un peu moins de répugnance pour les lieux cotimuns, nous prouverions facilément que les fautes académiques les plus lourdés et les plus condamnées n'ont jamais eu d’äutré cause.
C’est donc avec peine que noùs avons vu MM. Chévreul et Babinet ramener sur le tapis, à propos des tables, la double question des aérohithes et de là vapeur; ilS Ÿ gagheront d'autant moins que l’on se demandera poufqüoi cet essai de justificätion ne s'étend pas sous leur plume à la circulation du sang, à la ligature des artères, à l’antimoine, aux émétiques, à l’inoCulation, à la vacciné, aux acarus, à l’éthérisation éllé-mêmé: (Voir, à la fin de ce paragraphe, la note sur les aérolithes, la vapeur ét Angélique Cottin.)
Au reste, la question du mépris du témoignage, devant être discutée plus loin avec M. de Gasparih, contentons-nous de dire ici quelques mots sur cette horreur instinctive et innée des corps savätits pour l'invisible en général, el en pärticu= lier pour l'invisible de l’ordre surnaturel ou surhumain.
La compétence théologique de nos savants sera bientôt jugée , lorsqu'on verra M. Babinet débuter par cet aphorisme
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