ESPRITS MAUVAIS
qu’un esprit est de Dieu : tout esprit qui confesse que Jésus-Christ est venu en sa chair, est de Dieu; et tout esprit qui ne le confesse pas, n’est pas de Dieu. » (Ép. [, ch. 1v.)
Or le guéridon m’ayant répondu affirmativement et plusieurs fois, à cette question indiquée par saint Jean... puis-je consciencieusement croire à l'intervention du démon dans les tables, sans regarder le témoignage de saint Jean comme erroné?
RÉPONSE
Cornelius a Lapide, le commentateur par excellence, nous avertit que, dans les versions syriaques et grecques, on lit au même passage : « Tout esprit qui ne veut pas avouer que le Christ est venu dans sa chair, n’est pas de Dieu,» ce qui serait un peu différent. Il nous avertit même, que saint Cyprien et Tertullien ont lu et traduit ainsi : « Tout esprit qui nie, » ce qui serait encore bien autrement important. Nous avouons que cette version nous parait bien préférable à celle qui nous oblige à supposer «que saint Jean ne s’occupait que des hérésies de son temps. » D’ailleurs, même de son temps, les démons n'avouaient-ils pas l’incarnation ? Celui qui poursuivait saint Paul et les disciples, en criant : « Ces hommes vous annoncent la voie du salut, ce sont les serviteurs du Dieu très-haut » {Act., 16, 17), glorifiait par cela seul l'incarnation divine, ce qui n’empêcha pas saint Paul de le chasser. Depuis, les démons s'étant mille et mille fois déguisés en anges de lumière , ayant mille et mille fois embarrassé les saints comme ils embarrasseront un jour les élus, en leur faisant dire par leurs faux prophètes : « Le Christ est ici, il est 1à (1), » où en serions-nous, si le crilerium de saint Jean devait être interprété dans sa simplicité littérale? Nous pensons donc que M. l'abbé Almignana peut érès-consciensement croire à l'intervention du démon dans les tables, sans croire à l'erreur de saint Jean.