‹ Question des espritsChapitre 90 sur 117 · T. IH · texte numérisé non relu

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adopta la burlesque supposition d'un immense cerf-volant lumineux, enlevé, et immobilisé tout à coup dans les airs. En Belgique on connaissait, disait-on, l’espiègle auteur qui, du fond de son collège, avait envoyé l’aveu de sa faute à ses parents de Bruxelles; enfin les journaux italiens eux-mêmes, donnaient le récit des expériences répétées par les chimistes de Rome jusque dans les appartements du saint Père, qu'ils avaient ainsi convaincu, disait-on, de la supercherie de la chose. Et qu'on le sache bien, nous nous rappelons encore la faveur avec laquelle ces différents bruits avaient été accueillis, même dans le clergé, car on ne sait ce qu’on dit, lorsqu’on parle de la séduction du merveilleux, du penchant inné à tout croire : nous penserions tout l'inverse, et si nous avions à établir la vanité de la grande conspiration ultramontaine, nous n’en voudrions d'autre preuve, que l’insouciante mcroyance de Ja plus grande partie des laïques et même des lévites, au miracle de Migné.

En adoptant de ridicules versions, l'incrédulité se montra donc eomme toujours excessivement crédule.

Dans le parti croyant, au contraire, on poussa l'mcréduhité jusqu'à l'examen de ces sottises, et l'on ne commença à se tranquilliser un peu que lorsqu'on eut acquis la conviction 4° que la tranquillité de l'atmosphère n’eût pas plus permis l'enlèvement du cerf-volant monstre, que son agitation n’eût permis sa longue inmobilité; 2° que le fameux écolier de Bruxelles n’avait jamais existé; 3° que les chimistes de Rome consultés, avaient, au contraire, décidé Léon XIE, à lancer les deux brefs qui ne tacdèrent pas à ériger le fait en miracle.

Peu importe; l'effet général était produit, et depuis lors, nous n'avons pour notre part jamais rappelé ce grand fait, soit dans le monde, soit devant les hommes les plus compétents, sans amenér la constante réponse : « Oh! ne parlez pas de cela, on à su ce que c'était, ete., ete. » et l'on avait raison de dire qu'on avait su, car per— sonne ne le savait plus, à commencer par celui qui le disait.

Quant à M. de Gasparin, voici ses paroles : « adversaire loyal , je déclare qu'après Fexamen des pièces, il m'est impossible de croire à la fraude, aux croix suspendues, aux cerfs-volants qui défrayèrent alors la polémique de Fopposition. (1) »

Quelle est donc à lui son explication? Ordinairement, en semblable rencontre, il en à dix; cette fois, il n’en a qné deux : d'abord « une

(a) T. IH, 401.

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