‹ Question des espritsChapitre 92 sur 117 · T. LL · texte numérisé non relu

T. LL

(2) Wrindst.

(3) Revue des Deux Mondes, mai 1854, p. 522.

SANCE DE TOUT LE MONDE qu'une pareille croix n'existe pas à Migné, el peut-être nulle part (K).»

Voilà pour M. de Gasparin; à un écrivain protestant, autorité protestante.

Voici maintenant pour M. Babinet. A un académicien, un membre de l’Académie des sciences, M. de Cassini, dont les observations auront d'autant plus de poids, qu’au lieu d’être datées de l'Observatoire de Paris, comme celles de M. Bravais, elles l'ont été de Migné même. Écoutons-les :

« Nous rions de pitié, dit-il, de ceux qui voudraient comparer la croix lumineuse de Poitiers à un arc-en-ciel solaire, et de ceux qui l’assimilent à un arc-en-ciel lunaire. C'est un effet de réfraction, ont dit certains ignorants; dites plutôt de réflexion, ont repris d'autres un peu plus savants. Eh! messieurs, vous avez tous aussi raison les uns que les autres, nous allons vous mettre d'accord. Pour expliquer le phénomène à votre manière , il ne vous manque qu'une chose, mais indispensable, un rayon, soit du soleil, soit de la lune, qui étant malheureusement absent, n’a pu donner lieu ni à réflexion, ni à réfraction, ni même à arc-en-ciel, d'autant plus qu'il n’y avait alors ni nuages, ni vapeurs, ni pluie. Cherchez donc une autre explication, à un phénomène dont trois mille témoins déposent, et que nous PORTONS LE DÉFI, d'attribuer RAISONNABLEMENT à une Cause physique naturelle, »

Voilà pour les savants et leurs explications posthumes.

Maintenant, à cet argument vieux de trente ans, et foudroyé dès le berceau, succèdent quelques autres que nous appellerons chronométriques. Les rapports, dit-on, ont varié d’une demi-heure sur l’heure précise du phénomène ; comme ils s'accordent tous sur le soleil couché, V'objection n'est en vérité pas digne d’un dialecticien aussi riche que M. de Gasparin. Si c'est là ce qu'il appelle de la critique,

(1) La croix de mission n’avait que les proportions ordinaires , celle du miracle avait 80 pieds de long. La croix de mission était probablement plate et de couleur sombre comme toutes les croix de mission; celle du miracle, parfaitement équarrie sur toutes ses faces, d'une épaisseur considérable et d’un blanc d'argent le plus éblouissant. La croix de mission avait un Christ et de plus tous les instruments de la passion; celle du miracle était parfaitement lisse, sans Ghrist, sans accessoires. M. de Gasparin fait peu de cas de cette objection : « A qui fera-t-on croire , dit-il, que les observations de cette foule enthousiasmée aient été aussi exactes ? » A tous

ceux, répondrons-nons , qui ne pourront jamais croire que 4,000 contemplateurs se soient mépris pendant trois quarts d'heure sur une telle dissemblance.

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