‹ Question médico-légale de l'identité: dans ses rapports avec les vices de conformation desChapitre 8 sur 11 · III. Circonstances de l'intervention médico-légale · texte numérisé non relu

III. Circonstances de l'intervention médico-légale

Les détails dans lesquels je suis entré ont déjà fait connaître les principales circonstances dans lesquelles le médecin légiste peut être appelé à intervenir pour la rectification de l'état civil des personnes faussement déclarées et inscrites comme, appartenant au sexe féminin.

Le plus souvent les progrès de Tâge amènent, au bout de quelques années, et principalement aux approches de la puberté, des modifications dans les organes qui rendent plus apparents les caractères de la sexualité véritable. La descente des testicules ou de l'un d'eux, parfois l'étranglement de cette glande dans l'anneau qu'elle doit franchir, et les graves accidents qui en résultent appellent l'attention.

D'autres fois l'éveil des désirs vénériens, l'émission spontanée de la liqueur spermatique, les sensations naturelles à la fois physiques et morales qu'inspire le commerce des femmes, sont autant d'indices révélateurs, et les parents ou le sujet lui-même s'émeuvent et provoquent un examen qui doit mettre en lumière l'erreur primitivement commise. La justice est saisie et l'enquête qui doit aboutir à la rectification de l'état civil porte tout entière sur les constatations médicales.

Dans d'autres cas, c'est fortuitement que la vérité se fait jour : il en est ainsi pour ces individus qui sont conduits, sous les habits d'un sexe qui n'est pas le leur, et pour des actes de prostitution, dans les prisons de femmes, où la visite à laquelle ils sont soumis révèle, en quelque sorte d'office, le mensonge dans lequel ils ont vécu jusque-là.

Pour d'autres enfin, en très-petit nombre, la vie entière s'écoule et s'achève sans que l'erreur ait été reconnue.

Maria Arsano meurt à quatre-vingts ans réputée femme toute sa vie et mariée comme telle. L'autopsie seule fait

reconnaître sur son cadavre les attributs essentiels de la virilité. (Test après sa mort également que l'on reconnaît une femme chez ce Valmont qui succombe à soixante ans passés dans les salles d'hommes d'un hôpital, après avoir été marié sous un sexe qui n'était pas le sien.

On pourrait citer plus d'un exemple semblable, et il en est certainement beaucoup qui restent ignorés.

Quoi qu'il en soit, et si nous résumons les longs développements qui précèdent, nous sommes conduit à admettre que :

Tous les vices de conformation des organes sexuels, confondus à tort sous la dénomination A' hermaphrodisme^ ne sont pas de nature à entraîner une erreur sur le sexe véritable de ceux qui en sont atteints.

Cette erreur ne peut guère être commise que pour des individus du sexe masculin, chez lesquels les parties génitales externes, plus ou moins mal conformées, et l'ensemble de la constitution offrent des apparences féminines.

En fait, c'est pour ces individus, et rien que pour eux, qu'a été soulevée la question d'identité, soit en vue de faire prononcer la nullité d'un mariage, soit pour obtenir la rectification judiciaire de l'état civil; et c'est à eux seulement que s'applique dans la pratique Tintervenlion médico-légale dont je me suis efforcé de tracer les conditions et les règles.

Toutefois l'erreur contraire s'est produite; il serait donc permis de supposer, bien que cela n'ait pas encore eu lieu, qu'elle pourrait soulever une question d'identité, et que l'intervention médico-légale deviendrait nécessaire pour faire rendre son véritable sexe à une nouvelle Valmont considérée à tort et mariée comme un homme ; ou à ce moine dont parle Is. -Geoffroy Saint-Hilaire, qui accoucha dans son couvent.

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