I. Examen des organes
1° Pénis. — Le cas le plus ordinaire est celui où les parties externes n'offrent qu'une ressemblance grossière avec les parties de la femme.
Le pénis est à l'état rudimentaire, mais beaucoup plus volumineux que ne l'est habituellement le clitoris, même avec ses dimensions normales les plus dévelopées. 11 est le plus souvent érectile, mais toujours imperforé à son extrémité. Dans quelques cas, cependant, il njexiste qu'un tubercule encapuchonné, doué d'une faible érectilité, tout à fait semblable au clitoris.
M. Gallard a, suivant moi, attaché beaucoup trop d'importance à l’existence nécessaire d'un pénis saillant de quelques centimètres, comme signe constant de la sexualité masculine. Il est des cas où cette particularité fait absolument défaut, et où le prolongement pénien n’est ni plus long ni plus volumineux que le clitoris même le moins développé, chez des individus qui possè-
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dent d'ailleurs les attributs essentiels du mâle, les deux testicules. Les deux observations dont j’ai déjà parlé d’après M. Lefort ne peuvent laisser à cet égard le moindre doute, et c'est aux sujets qu’elles concernent que j’ai cru -pouvoir comparer la personne qu a épousée M. D...., beaucoup plus justement que ne l'a fait M. Gallard avec la femme dont j'ai cité, d'après lui, l’histoire. Quoi qu’il en soit, cet observateur distingué n'était pas fondé à dire que « le membre viril, plus ou moins imparfait, ne man- « que jamais chez les individus, soit atteints d'herma- « phrodisme latéral, soit atteints d'hypospadias, qui ont « pu, au moment de leur naissance et pendant les pre- « mières années de leur vie, être considérés comme appar- « tenant au sexe féminin. »
Par contre, chez la femme du nom de Vahnont, observée par M. Bouillaud (1) et qui avait été mariée comme homme, la verge était de grosseur moyenne et bien conformée; elle présentait vers la partie inférieure du gland l’ouverture du méat urinaire.
2° Scrotwn. — Le scrotum, non réuni sur la ligne médiane, forme de chaque côté deux replis plus ou moins épais qui simulent des grandes lèvres, mais entre lesquels on ne trouve en général qu'un cul-de-sac peu profond ou même une simple dépression. Dans quelques cas, cependant, on rencontre les apparences d'une vulve presque normale, et, entre les replis de la peau, s’ouvre un semblant de vagin qui atteint quelquefois une longueur de 6 à 8 centimètres, mais dont l’étroitesse et la brusque terminaison indiquent la nature réelle.
Sur ce point il est une remarque importante à faire. En effet, il est arrivé souvent que ces individus réputés
(1) Bouillaud, Exposition raisonnée d’un cas de nouvelle et singulière variété d’hermaphrodisme observée chez F homme ( Journal universel et hebdomadaire de méd. et de chir. pratique. Paris, 1833).
femmes ont eu, soit dans le mariage, soit en se livrant à la débauche, à subir les approches d'un homme, et que des tentatives répétées de coït ont amené peu à peu l'élargissement et le refoulement de cet infundibulum, de manière à lui donner une ressemblance plus marquée avec Je vagin.
3° Urèthre. — L'urèthre, dans tous les cas, s'ouvre audessous du prolongement pénien, plus ou moins loin en arrière.
4° Testicules. — Quant aux testicules, retenus la plupart du temps, au moins pendant les premières années de la vie, au-dessus des anneaux, en un point de la cavité abdominale, il n'est pas rare qu'on les voie, ou au moins l’un d’eux, vers l’âge de la puberté, s'engager dans le canal inguinal, et tantôt y rester fixés, tantôt venir occuper l'intérieur du repli scrotal. Dans ces cas, l'existence de cet organe essentiel du sexe masculin est facile à constater, et les fonctions s'opèrent d'une façon régulière. C'est-àdire que la sécrétion spermatique a lieu et que l’émission de la liqueur se fait, soit par l'orifice déplacé de l'urèthre, soit par des canaux éjaculateurs qui s’ouvrent directement dans le cul-de-sac vaginal; mais, souvent aussi, les glandes séminales atrophiées et flétries, petites et flasques, demeurent fixées dans la région inguinale ou dans quelque point du bassin, parfois, entre la vessie et le rectum, et leur présence, qui n'est quelquefois reconnue qu'après la mort et par l'inspection anatomique, n'est révélée, pendant la vie, par aucun signe physiologique. Les testicules sont d'ailleurs pourvus de leurs annexes et le cordon spermatique normalement constitué. La recherche des testicules doit être, dans tous ces cas, l'objet d'une attention toute particulière de la part du médecin expert. La palpation des régions inguinales, sus-et sous-pubiennes, le toucher rectal, permettraient assez souvent de retrouver la glande
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que Ton reconnaîtra, non-seulement à sa forme, mais surtout à la sensation douloureuse et toute spéciale que Ton provoque en la comprimant.